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La chimie et le sport
de contrôler son apparence
et d’optimiser si possible ses
performances ? L’exemple du
culturisme illustre très bien
ce phénomène (Encart : « Le
culturisme, ou le fantasme
contemporain de produire son
corps »).
Nous sommes entrés dans
une ère quasi révolutionnaire
de notre représentation du
corps. Pour la première fois
sans doute dans l’histoire de
l’humanité, nous sommes
en position de croire ou de
fantasmer pouvoir produire
le corps, notre corps ou celui
d’un autre. Et cela, contre la
nature et le hasard qui avaient
jusqu’alors toujours conditionné notre vécu corporel,
vécu d’une fatalité. On pense
bien sûr au corps tombeau
de Platon : « Le corps est le
tombeau de l’âme » (Encart :
« Le corps est le tombeau
de l’âme »). Ce corps fatal,
ce corps fatalité, ce corps
souffrant, ce corps subi s’est
transformé, en tout cas dans
l’imaginaire, en un corps
susceptible d’être produit,
et cela est déterminant.
C’est une véritable mutation
anthropologique que le sport
illustre, là encore, de manière
spectaculaire.
2.2.2. Sportivisation des mœurs
Le sport est descendu dans
la société : cette injonction
de faire de l’exercice, qui
nous est répétée à peu près
quotidiennement, se retrouve
évidemment dans une société
des loisirs, comme un phénomène de société. En témoigne
la console de jeu Wii Nintendo.
On a beaucoup dit que le jeu
vidéo allait mener à la disparition du corps, à la disparition
de règles et de prescriptions
de santé, qui, aujourd’hui,
semblent quelque peu heurtées par certaines dérives
du sport de haut niveau :
blessures, pathologies chroniques, reconversions désastreuses,
dépressions
ou
addictions (voir les Chapitres
de M.-F. Grenier-Loustalot et
de C.-Y. Guezennec, à propos
du syndrome du surentraînement). Le dopage est-il
logique, que l’on se place d’un
point de vue philosophique ou
du point de vue de l’histoire
d’une évolution de l’humanité
sportive ?
2.2. Culte de la
performance au quotidien :
« sportivisation » des corps
et des mœurs
2.2.1. Sportivisation des corps
Quel sens donner à cette
manière
dont
l’individu
contemporain se projette
dans une fabrication de soi et
dans ce que l’on appellera une
production de soi, production de son corps, production minutieuse, production
capitalisée, efforts quotidiens
pour essayer de maîtriser,
Figure 4
Le sport de haut niveau (comme
la gymnastique rythmique et
sportive), un véritable théâtre, une
véritable mise en scène, est une
illustration spectaculaire du « culte
de la performance » qui anime
notre société.
La chimie et le sport
de contrôler son apparence
et d’optimiser si possible ses
performances ? L’exemple du
culturisme illustre très bien
ce phénomène (Encart : « Le
culturisme, ou le fantasme
contemporain de produire son
corps »).
Nous sommes entrés dans
une ère quasi révolutionnaire
de notre représentation du
corps. Pour la première fois
sans doute dans l’histoire de
l’humanité, nous sommes
en position de croire ou de
fantasmer pouvoir produire
le corps, notre corps ou celui
d’un autre. Et cela, contre la
nature et le hasard qui avaient
jusqu’alors toujours conditionné notre vécu corporel,
vécu d’une fatalité. On pense
bien sûr au corps tombeau
de Platon : « Le corps est le
tombeau de l’âme » (Encart :
« Le corps est le tombeau
de l’âme »). Ce corps fatal,
ce corps fatalité, ce corps
souffrant, ce corps subi s’est
transformé, en tout cas dans
l’imaginaire, en un corps
susceptible d’être produit,
et cela est déterminant.
C’est une véritable mutation
anthropologique que le sport
illustre, là encore, de manière
spectaculaire.
2.2.2. Sportivisation des mœurs
Le sport est descendu dans
la société : cette injonction
de faire de l’exercice, qui
nous est répétée à peu près
quotidiennement, se retrouve
évidemment dans une société
des loisirs, comme un phénomène de société. En témoigne
la console de jeu Wii Nintendo.
On a beaucoup dit que le jeu
vidéo allait mener à la disparition du corps, à la disparition
de règles et de prescriptions
de santé, qui, aujourd’hui,
semblent quelque peu heurtées par certaines dérives
du sport de haut niveau :
blessures, pathologies chroniques, reconversions désastreuses,
dépressions
ou
addictions (voir les Chapitres
de M.-F. Grenier-Loustalot et
de C.-Y. Guezennec, à propos
du syndrome du surentraînement). Le dopage est-il
logique, que l’on se place d’un
point de vue philosophique ou
du point de vue de l’histoire
d’une évolution de l’humanité
sportive ?
2.2. Culte de la
performance au quotidien :
« sportivisation » des corps
et des mœurs
2.2.1. Sportivisation des corps
Quel sens donner à cette
manière
dont
l’individu
contemporain se projette
dans une fabrication de soi et
dans ce que l’on appellera une
production de soi, production de son corps, production minutieuse, production
capitalisée, efforts quotidiens
pour essayer de maîtriser,
Figure 4
Le sport de haut niveau (comme
la gymnastique rythmique et
sportive), un véritable théâtre, une
véritable mise en scène, est une
illustration spectaculaire du « culte
de la performance » qui anime
notre société.
