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La fabrique des surhommes :
corps entraîné, corps dopé, corps augmenté
ou encore la représentation
du dépassement de soi représentée par le célèbre coureur
de
Marathon
(Figure 3),
qui donne une image d’un
dépassement de soi ultime,
puisqu’il meurt à la fi n de sa
course ? Continuité avec cette
expérience antique du culte
du corps, du culte du héros,
de la recherche de la performance jusqu’à l’accession
au statut de demi-dieu ? Ou
discontinuité entre des représentations du monde, à la fois
philosophiques et scientifi ques, qui sont sensiblement
différentes entre la période
antique et la période moderne,
qui s’inaugure pour nous à
partir des XVI
e
, XVII
e , XVIII
e siècles,
et qui marque ce dont nous
sommes les héritiers, c’està-dire la Modernité ? En
particulier, qu’entend-on par
dépassement de soi, dans
l’Antiquité classique et dans
notre Modernité ?
2
Le culte
de la performance
2.1. Culte de la performance
dans le sport de haut niveau
Le sport de haut niveau est
très emblématique : c’est lui
qu’on interroge, pas seulement dans ses fonctionnements propres, mais aussi
dans le refl et qu’il donne d’une
certaine dynamique sociale
concernant la performance et
la représentation du corps et
concernant la lecture que l’on
peut faire de ce que pourrait
devenir le corps contemporain, la nature humaine, ses
limites, le dépassement de ces
limites à travers des phénomènes comme le dopage (voir
les Chapitres de M.-F. GrenierLoustalot, J.-F. Toussaint et
Figure 3
Le Soldat de Marathon annonçant
la victoire. La question du
« dépassement de soi » : une
continuité historique ou une valeur
spécifi que à la Modernité ? Le
messager grec Phidippidès rallia
Athènes pour annoncer la victoire
des Grecs sur les Perses en -490.
Il parcourut 42,195 kilomètres de
Marathon à Athènes et mourut
d’épuisement à l’arrivée, d’où le
nom et la distance d’une des plus
célèbres courses.
J.-L. Veuthey), mais aussi par
l’utilisation de prothèses greffées sur le corps humain ou
même d’exosquelettes
12 . Le
sport de haut niveau constitue
ainsi un véritable théâtre, une
véritable mise en scène. Il
nous offre une visibilité des
enjeux concernant l’évolution
du corps et le statut de cette
recherche de performance
pour l’humanité, dans tous les
domaines (au moins dans nos
sociétés occidentales), pour
les années à venir (Figure 4).
Alors le dopage, une limite
ou un processus ultime ? On
s’interroge à la fois sur sa
logique et la manière dont il
fait rupture avec un univers
12. Le concept d’exosquelette,
désignant à l’origine une caractéristique anatomique externe qui
supporte et protège des animaux
comme les insectes, crustacés ou
mollusques (dont la partie abdominale est la carapace), est développé par les scientifi ques sous
des formes biomécaniques ou
motorisées, pour des besoins industriels, militaires ou médicaux.
La fabrique des surhommes :
corps entraîné, corps dopé, corps augmenté
ou encore la représentation
du dépassement de soi représentée par le célèbre coureur
de
Marathon
(Figure 3),
qui donne une image d’un
dépassement de soi ultime,
puisqu’il meurt à la fi n de sa
course ? Continuité avec cette
expérience antique du culte
du corps, du culte du héros,
de la recherche de la performance jusqu’à l’accession
au statut de demi-dieu ? Ou
discontinuité entre des représentations du monde, à la fois
philosophiques et scientifi ques, qui sont sensiblement
différentes entre la période
antique et la période moderne,
qui s’inaugure pour nous à
partir des XVI
e
, XVII
e , XVIII
e siècles,
et qui marque ce dont nous
sommes les héritiers, c’està-dire la Modernité ? En
particulier, qu’entend-on par
dépassement de soi, dans
l’Antiquité classique et dans
notre Modernité ?
2
Le culte
de la performance
2.1. Culte de la performance
dans le sport de haut niveau
Le sport de haut niveau est
très emblématique : c’est lui
qu’on interroge, pas seulement dans ses fonctionnements propres, mais aussi
dans le refl et qu’il donne d’une
certaine dynamique sociale
concernant la performance et
la représentation du corps et
concernant la lecture que l’on
peut faire de ce que pourrait
devenir le corps contemporain, la nature humaine, ses
limites, le dépassement de ces
limites à travers des phénomènes comme le dopage (voir
les Chapitres de M.-F. GrenierLoustalot, J.-F. Toussaint et
Figure 3
Le Soldat de Marathon annonçant
la victoire. La question du
« dépassement de soi » : une
continuité historique ou une valeur
spécifi que à la Modernité ? Le
messager grec Phidippidès rallia
Athènes pour annoncer la victoire
des Grecs sur les Perses en -490.
Il parcourut 42,195 kilomètres de
Marathon à Athènes et mourut
d’épuisement à l’arrivée, d’où le
nom et la distance d’une des plus
célèbres courses.
J.-L. Veuthey), mais aussi par
l’utilisation de prothèses greffées sur le corps humain ou
même d’exosquelettes
12 . Le
sport de haut niveau constitue
ainsi un véritable théâtre, une
véritable mise en scène. Il
nous offre une visibilité des
enjeux concernant l’évolution
du corps et le statut de cette
recherche de performance
pour l’humanité, dans tous les
domaines (au moins dans nos
sociétés occidentales), pour
les années à venir (Figure 4).
Alors le dopage, une limite
ou un processus ultime ? On
s’interroge à la fois sur sa
logique et la manière dont il
fait rupture avec un univers
12. Le concept d’exosquelette,
désignant à l’origine une caractéristique anatomique externe qui
supporte et protège des animaux
comme les insectes, crustacés ou
mollusques (dont la partie abdominale est la carapace), est développé par les scientifi ques sous
des formes biomécaniques ou
motorisées, pour des besoins industriels, militaires ou médicaux.
