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Optimisation des performances, complexité des systèmes et confrontation aux limites
chacune des courbes d’espèce, épreuve par épreuve,
semble atteindre un plafond
inexorable (Figure 36), borné
par les exponentielles des
records de vitesse (courbe
rouge) ou d’espérance de vie
(courbe bleue).
7
Quand la progression
atteint ses limites
Quelles sont les raisons de
ce ralentissement généralisé, de cette limite asymptotique que l’espèce humaine
paraît atteindre ? Sontelles dues à des contraintes
endogènes ? Nous n’avons
certes pas l’espérance de
vie du séquoia, ni la taille
de l’orque épaulard, et nous
n’atteindrons jamais l’une ou
l’autre de ces performances !
Les premières contraintes
nous sont propres, d’ordre
génétique.
Les
autres,
exogènes, sont également
bien connues : empreintes
environnementales,
pressions démographiques et
leurs
conséquences
sur
le partage des richesses,
raréfaction des ressources
(énergie fossile, eau, minerai,
terre cultivable…), recul de
la biodiversité, ces questions
planétaires se posent aussi
en termes d’équilibres entre
espèces. Nos impacts sont
multiples, sur l’économie, la
santé publique, la paix, d’autant plus que, comme le chantait Leonard Cohen (everybody
knows it’s moving fast), on a
l’impression que ça avance
chaque fois un peu plus vite
ces derniers temps.
Il n’est pas inconcevable
que la limite patente de nos
performances, associée à
une augmentation majeure
ue
otypiqu
phéno
2010
ateur
2010
1900
Indica
122
1800
Âge
des contraintes externes
(qui, elles, pourraient ne pas
plafonner avant longtemps),
génère une situation qui ne
soit plus favorable au développement de notre espèce.
8
Interaction avec
l’environnement
Paul Crutzen, prix Nobel de
chimie, désigne sous le terme
d’« anthropocène » la période
où l’homme, par son activité,
transforme de façon progressive et, peut-être irréversible,
son biotope. Certes, l’action
de l’homme sur son environnement a toujours été la
marque de l’espèce (il s’agit
en cela d’un autre principe
évolutif, partagé par le vivant).
Mais les augmentations régulières du CO 2 , du méthane, du
protoxyde d’azote, sont des
contraintes fortes, nouvelles,
dont le lien avec le développement de l’activité humaine
est plus que probable. Cette
observation nous ramène
à la question de l’énergie,
aussi bien celle produite au
sein d’une mitochondrie (voir
l’Encart : « La contraction
musculaire »), combustion du
glucose productrice de CO 2 ,
que celle de notre utilisation des énergies carbonées,
qui sont du même type dans
Figure 36
Évolution du phénotype maximal
avec l’âge et le temps. Chaque
courbe d’espèce relie les
estimations (XIX
e siècle) ou les
mesures (xx
e siècle) des vitesses
maximales atteintes lors des
records selon la tranche d’âge. La
courbe rouge joint les sommets
(pics) des courbes annuelles et
constituent la courbe de croissance
des records qui tendent vers
la stagnation. La courbe bleue
joint les maxima de durée de vie
humaine qui semblent également
stagner depuis 1997 et le record
établi par Jeanne Calment.
Optimisation des performances, complexité des systèmes et confrontation aux limites
chacune des courbes d’espèce, épreuve par épreuve,
semble atteindre un plafond
inexorable (Figure 36), borné
par les exponentielles des
records de vitesse (courbe
rouge) ou d’espérance de vie
(courbe bleue).
7
Quand la progression
atteint ses limites
Quelles sont les raisons de
ce ralentissement généralisé, de cette limite asymptotique que l’espèce humaine
paraît atteindre ? Sontelles dues à des contraintes
endogènes ? Nous n’avons
certes pas l’espérance de
vie du séquoia, ni la taille
de l’orque épaulard, et nous
n’atteindrons jamais l’une ou
l’autre de ces performances !
Les premières contraintes
nous sont propres, d’ordre
génétique.
Les
autres,
exogènes, sont également
bien connues : empreintes
environnementales,
pressions démographiques et
leurs
conséquences
sur
le partage des richesses,
raréfaction des ressources
(énergie fossile, eau, minerai,
terre cultivable…), recul de
la biodiversité, ces questions
planétaires se posent aussi
en termes d’équilibres entre
espèces. Nos impacts sont
multiples, sur l’économie, la
santé publique, la paix, d’autant plus que, comme le chantait Leonard Cohen (everybody
knows it’s moving fast), on a
l’impression que ça avance
chaque fois un peu plus vite
ces derniers temps.
Il n’est pas inconcevable
que la limite patente de nos
performances, associée à
une augmentation majeure
ue
otypiqu
phéno
2010
ateur
2010
1900
Indica
122
1800
Âge
des contraintes externes
(qui, elles, pourraient ne pas
plafonner avant longtemps),
génère une situation qui ne
soit plus favorable au développement de notre espèce.
8
Interaction avec
l’environnement
Paul Crutzen, prix Nobel de
chimie, désigne sous le terme
d’« anthropocène » la période
où l’homme, par son activité,
transforme de façon progressive et, peut-être irréversible,
son biotope. Certes, l’action
de l’homme sur son environnement a toujours été la
marque de l’espèce (il s’agit
en cela d’un autre principe
évolutif, partagé par le vivant).
Mais les augmentations régulières du CO 2 , du méthane, du
protoxyde d’azote, sont des
contraintes fortes, nouvelles,
dont le lien avec le développement de l’activité humaine
est plus que probable. Cette
observation nous ramène
à la question de l’énergie,
aussi bien celle produite au
sein d’une mitochondrie (voir
l’Encart : « La contraction
musculaire »), combustion du
glucose productrice de CO 2 ,
que celle de notre utilisation des énergies carbonées,
qui sont du même type dans
Figure 36
Évolution du phénotype maximal
avec l’âge et le temps. Chaque
courbe d’espèce relie les
estimations (XIX
e siècle) ou les
mesures (xx
e siècle) des vitesses
maximales atteintes lors des
records selon la tranche d’âge. La
courbe rouge joint les sommets
(pics) des courbes annuelles et
constituent la courbe de croissance
des records qui tendent vers
la stagnation. La courbe bleue
joint les maxima de durée de vie
humaine qui semblent également
stagner depuis 1997 et le record
établi par Jeanne Calment.
