36
La chimie et le sport
son épreuve mentalement.
Pour cela, il utilise presque
les mêmes réseaux de
neurones que sur le terrain.
On possède maintenant de
nombreuses données sur les
réseaux communs et sur les
différences entre le parcours
réel et le parcours simulé
mentalement. Le cerveau est
constitué d’un ensemble de
réseaux relativement spécialisés qui travaillent ou non en
coopération. Lorsque le sportif
recrée mentalement les conditions d’une épreuve ou d’un
parcours, il n’a pas de décision à prendre, alors que dans
le monde réel, il sera obligé
d’en prendre : il ne sera donc
pas, dans l’une et l’autre des
situations, dans le même état
émotionnel (Figure 21) par
exemple, il ne fera pas appel à
sa mémoire de la même façon.
Il faut donc être extrêmement
prudent dans cette analyse et
dans les conclusions qu’on
en tire : il y a eu des incidents lorsqu’on a voulu trop
se reposer sur l’entraînement
mental lors de l’exécution (voir
l’ouvrage La décision, « Pour en
savoir plus »).
Figure 20
A) appareil dit « de la barre
tournante » dont l’automatisation
est envisagée. En encadré, les
mesures fi nes de la posture
(Tr : distance du tronc à la
barre, α T : angle de la queue
avec l’horizontale). On mesure
en plus le taux de chutes et de
déséquilibre. B) en a et b : posture
pendant le mouvement sur un
support normal. En c et d : posture
pendant le test sans traitement.
En e : posture avec un traitement
à l’anxiolytique (diazepam). En
f : posture avec un traitement
anxiogène pendant le 3
e et dernier
jour [17].
2.2. Le traitement
et la mémoire de l’espace
2.2.1. Principes simplifi cateurs
dans le traitement de l’espace :
le mouvement s’inscrit dans
l’espace
On trouve des principes
simplifi cateurs dans le traitement de l’espace, car le
cerveau doit faire la fusion
de l’information en provenance de tous nos sens : par
exemple, nous savons que
dans le cerveau, une structure spécifi que contrôle le
mouvement des yeux et les
informations en provenance
de la rétine, que l’hippocampe
contrôle notre navigation dans
un espace géographique,
alors que dans une autre
partie du cerveau, le putamen,
les neurones ne sont activés
que par les mouvements. Il
est donc miraculeux que nous
ayons une perception unique
de notre corps et de ses relations avec l’espace, et cette
cohérence est une construction fragile !
Nous savons maintenant qu’il
existe dans le cerveau des
réseaux différents pour traiter
B
A
Figure 21
Dans le slalom, le skieur prépare
son épreuve mentalement avant de
s’élancer à grande vitesse vers la
piste. Les mêmes neurones sontils activés que ceux qu’il utilisera
pendant son parcours ?
La chimie et le sport
son épreuve mentalement.
Pour cela, il utilise presque
les mêmes réseaux de
neurones que sur le terrain.
On possède maintenant de
nombreuses données sur les
réseaux communs et sur les
différences entre le parcours
réel et le parcours simulé
mentalement. Le cerveau est
constitué d’un ensemble de
réseaux relativement spécialisés qui travaillent ou non en
coopération. Lorsque le sportif
recrée mentalement les conditions d’une épreuve ou d’un
parcours, il n’a pas de décision à prendre, alors que dans
le monde réel, il sera obligé
d’en prendre : il ne sera donc
pas, dans l’une et l’autre des
situations, dans le même état
émotionnel (Figure 21) par
exemple, il ne fera pas appel à
sa mémoire de la même façon.
Il faut donc être extrêmement
prudent dans cette analyse et
dans les conclusions qu’on
en tire : il y a eu des incidents lorsqu’on a voulu trop
se reposer sur l’entraînement
mental lors de l’exécution (voir
l’ouvrage La décision, « Pour en
savoir plus »).
Figure 20
A) appareil dit « de la barre
tournante » dont l’automatisation
est envisagée. En encadré, les
mesures fi nes de la posture
(Tr : distance du tronc à la
barre, α T : angle de la queue
avec l’horizontale). On mesure
en plus le taux de chutes et de
déséquilibre. B) en a et b : posture
pendant le mouvement sur un
support normal. En c et d : posture
pendant le test sans traitement.
En e : posture avec un traitement
à l’anxiolytique (diazepam). En
f : posture avec un traitement
anxiogène pendant le 3
e et dernier
jour [17].
2.2. Le traitement
et la mémoire de l’espace
2.2.1. Principes simplifi cateurs
dans le traitement de l’espace :
le mouvement s’inscrit dans
l’espace
On trouve des principes
simplifi cateurs dans le traitement de l’espace, car le
cerveau doit faire la fusion
de l’information en provenance de tous nos sens : par
exemple, nous savons que
dans le cerveau, une structure spécifi que contrôle le
mouvement des yeux et les
informations en provenance
de la rétine, que l’hippocampe
contrôle notre navigation dans
un espace géographique,
alors que dans une autre
partie du cerveau, le putamen,
les neurones ne sont activés
que par les mouvements. Il
est donc miraculeux que nous
ayons une perception unique
de notre corps et de ses relations avec l’espace, et cette
cohérence est une construction fragile !
Nous savons maintenant qu’il
existe dans le cerveau des
réseaux différents pour traiter
B
A
Figure 21
Dans le slalom, le skieur prépare
son épreuve mentalement avant de
s’élancer à grande vitesse vers la
piste. Les mêmes neurones sontils activés que ceux qu’il utilisera
pendant son parcours ?
