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La simplexité
Nous avons même réalisé
des expériences à bord de
stations spatiales où l’on peut
faire tomber une balle d’un
lanceur de balles dans la main
d’un cosmonaute (Figure 13).
Dans l’espace la balle tombe
à vitesse constante, puisqu’on
est en apesanteur et que l’accélération de Newton (c’està-dire avec une constante de
pesanteur g
9,81 m/s) ne
s’applique pas. Et pourtant,
le sujet produit, comme sur
Terre, ce même mouvement
anticipateur [10]. Ces mouvements anticipateurs sont donc
inscrits défi nitivement dans le
fonctionnement du cerveau
et nous permettent de ne pas
tomber, de prévoir une chute
ou un mouvement, etc.
Tout cela montre à quel point
le cerveau est une machine
biologique qui simule la
réalité grâce à des représentations mentales de celle-ci,
tout comme nous avons le
rêve qui simule le monde.
Donc, en parallèle avec le
fonctionnement sensorimoteur, au cours de l’évolution,
se sont développés des mécanismes de simulation mentale
du mouvement.
1.5. L’imagerie mentale :
les mêmes structures
cérébrales sont impliquées
dans l’exécution,
l’observation et la simulation
mentale d’une action
Aujourd’hui, la simulation
mentale, l’imagerie mentale
et l’imagerie motrice sont
utilisées pour la réhabilitation
des patients. Les mécanismes
à la fois neurochimiques et
neurophysiologiques de cette
simulation mentale font l’objet
de nombreuses d’études.
Il y a quelques années, le
médecin biologiste italien
iacomo Rizolatti enregistrait
le bruit associé à l’activité des
neurones du cortex prémoteur
d’un singe, zone cérébrale
contrôlant les mouvements
de la main. Chaque fois que le
singe allait manger une cacahouète, ses neurones s’activaient. Puis l’expérimentateur,
qui a sans doute eu faim, a luimême pris une cacahouète et
la même activité émanant du
même neurone a été enregistrée, preuve que les neurones
du singe avaient encore été
activés même s’il n’avait pas
lui-même pris la cacahouète !
Cette expérience montre que
les neurones, qu’on pensait
être prémoteurs, sont en
réalité des neurones qui
codent « l’action », qu’elle soit
produite par le sujet ou par
autrui. Lorsque l’on exécute
un geste, ou que l’on observe
un geste, des neurones du
cerveau sont activés. Les
mêmes structures cérébrales
sont impliquées dans l’observation et dans l’exécution
d’une action. uel beau principe « simplexe » qui nous
permet de comprendre l’action d’autrui ! L’activation du
« système miroir », un réseau
d’aires qui ont cette capacité
de « résonance », est d’autant
plus grand que nous sommes
familiers avec l’action ou que
nous avons pratiqué la même
action. Un joueur de rugby ou
un sportif qui est familier avec
le jeu qu’il voit à la télévision,
ou sur le stade, aura l’impression qu’il joue lui-même, ou
fait le geste, beaucoup plus
qu’un amateur.
Plus tard, Julie rèzes et
Jean Decéty, chercheurs en
neurosciences
cognitives,
ont réalisé des expériences
Figure 13
Alors qu’on se trouve en
apesanteur, les réfl exes que nous
avons sur Terre sont maintenus :
le cerveau de ce cosmonaute
anticipe le mouvement de la balle
comme si elle allait tomber !
La simplexité
Nous avons même réalisé
des expériences à bord de
stations spatiales où l’on peut
faire tomber une balle d’un
lanceur de balles dans la main
d’un cosmonaute (Figure 13).
Dans l’espace la balle tombe
à vitesse constante, puisqu’on
est en apesanteur et que l’accélération de Newton (c’està-dire avec une constante de
pesanteur g
9,81 m/s) ne
s’applique pas. Et pourtant,
le sujet produit, comme sur
Terre, ce même mouvement
anticipateur [10]. Ces mouvements anticipateurs sont donc
inscrits défi nitivement dans le
fonctionnement du cerveau
et nous permettent de ne pas
tomber, de prévoir une chute
ou un mouvement, etc.
Tout cela montre à quel point
le cerveau est une machine
biologique qui simule la
réalité grâce à des représentations mentales de celle-ci,
tout comme nous avons le
rêve qui simule le monde.
Donc, en parallèle avec le
fonctionnement sensorimoteur, au cours de l’évolution,
se sont développés des mécanismes de simulation mentale
du mouvement.
1.5. L’imagerie mentale :
les mêmes structures
cérébrales sont impliquées
dans l’exécution,
l’observation et la simulation
mentale d’une action
Aujourd’hui, la simulation
mentale, l’imagerie mentale
et l’imagerie motrice sont
utilisées pour la réhabilitation
des patients. Les mécanismes
à la fois neurochimiques et
neurophysiologiques de cette
simulation mentale font l’objet
de nombreuses d’études.
Il y a quelques années, le
médecin biologiste italien
iacomo Rizolatti enregistrait
le bruit associé à l’activité des
neurones du cortex prémoteur
d’un singe, zone cérébrale
contrôlant les mouvements
de la main. Chaque fois que le
singe allait manger une cacahouète, ses neurones s’activaient. Puis l’expérimentateur,
qui a sans doute eu faim, a luimême pris une cacahouète et
la même activité émanant du
même neurone a été enregistrée, preuve que les neurones
du singe avaient encore été
activés même s’il n’avait pas
lui-même pris la cacahouète !
Cette expérience montre que
les neurones, qu’on pensait
être prémoteurs, sont en
réalité des neurones qui
codent « l’action », qu’elle soit
produite par le sujet ou par
autrui. Lorsque l’on exécute
un geste, ou que l’on observe
un geste, des neurones du
cerveau sont activés. Les
mêmes structures cérébrales
sont impliquées dans l’observation et dans l’exécution
d’une action. uel beau principe « simplexe » qui nous
permet de comprendre l’action d’autrui ! L’activation du
« système miroir », un réseau
d’aires qui ont cette capacité
de « résonance », est d’autant
plus grand que nous sommes
familiers avec l’action ou que
nous avons pratiqué la même
action. Un joueur de rugby ou
un sportif qui est familier avec
le jeu qu’il voit à la télévision,
ou sur le stade, aura l’impression qu’il joue lui-même, ou
fait le geste, beaucoup plus
qu’un amateur.
Plus tard, Julie rèzes et
Jean Decéty, chercheurs en
neurosciences
cognitives,
ont réalisé des expériences
Figure 13
Alors qu’on se trouve en
apesanteur, les réfl exes que nous
avons sur Terre sont maintenus :
le cerveau de ce cosmonaute
anticipe le mouvement de la balle
comme si elle allait tomber !
