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La chimie et le sport
beaucoup de compétitions
sportives, où l’on voit arriver
des gens qui généralement
font peu de sport et qui, le
dimanche matin, lors du
marathon du village ou du
tour cycliste du Régional, se
mettent au sport avec l’envie
farouche de gagner et d’être
le héros du jour. Il y a là un
danger très réel, car ces
personnes, qui ne font pas de
sport régulièrement, ne s’entraînent que huit ou quinze
jours avant la compétition,
quand ce n’est pas la veille
pour le lendemain ; leur corps,
comme souvent leur moral,
n’est pas préparé à fournir
des efforts intenses et parfois
sur une durée relativement
longue. Et c’est à ce moment
que ces amateurs en quête de
gloire ayant peur de craquer
succombent au mythe de la
potion magique. Quelques
chiffres permettent d’étayer
ces craintes (Encart : « Dopés
et amateurs ») : 89 % des
amateurs
pensent
qu’ils
font de la compétition, ce qui
laisse sceptique, contre 11 %
qui ne parlent que de loisir.
Le risque de dopage pour les
sportifs amateurs se situe
majoritairement entre 20 et
39 ans. À partir de 40 ans, ils
deviennent plus raisonnables
et la médecine parallèle n’est
plus trop utilisée ou du moins
beaucoup moins.
Quand on interroge ces
amateurs dopés sur les
raisons qui les poussent
à avaler ces pilules et sur
les effets escomptés, les
réponses sont variées et les
plus fréquentes sont résumées dans l’Encart : « Dopés
et amateurs ». Ils s’imaginent qu’en prenant ce qu’ils
appellent « les pilules de la
créativité », cela facilitera la
circulation
d’informations
entre les deux hémisphères du
cerveau et stimulera l’imagination. On retrouve à ce niveau
des drogues fortes et dangereuses telles que la cocaïne,
les amphétamines (voir le
Chapitre de J.-L Veuthey), le
LSD
48 , etc. Puis pour les plus
âgés, viennent des activateurs
de mémoire et les pilules de
jeunesse, comme la DHEA,
la mélatonine, etc. On trouve
aussi les pilules antivieillissement et beaucoup d’euphorisants, assimilés à des
« pilules du bonheur ». À cette
liste s’ajoutent des antistress,
des tranquillisants, des bêtabloquants. Tous ces médicaments sont souvent pris
sans la moindre conscience
de leur danger potentiel. Il
en est de même de ce qui est
considéré comme des antifatigues : amphétamines,
oligo-éléments et toutes les
vitamines que l’on trouve dans
la pharmacopée et en libre
service.
48. LSD : abréviation du mot allemand Lysergesäurediethylamid
(diéthylamide de l’acide lysergique). Psychotrope hallucinogène puissant, dont de faibles
doses suffi sent à entraîner des
changements de la perception, de
l’humeur et de la pensée. Il dérive
de composés issus de l’ergot de
seigle, responsable de la maladie dite du feu de Saint-Antoine,
et dont les personnes atteintes
souffraient d’hallucinations, de
douleurs effrayantes et étaient,
au Moyen-Âge supposées être
possédées du démon (voir aussi
l’ouvrage La chimie et l’alimentation, pour le bien-être de l’homme.
Coordonné par Minh-Thu DinhAudouin, Rose Agnès Jacquesy,
Danièle Olivier et Paul Rigny, EDP
Sciences, 2010).
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