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Effets de l’exercice physique et de l’entraînement sur la neurochimie cérébrale :
effets sur la performance et la santé mentale
et abandonnée depuis. En
effet, le blocage pharmacologique de l’action des
endorphines par l’administration d’un antagoniste
34
,
la naloxone, ne modifi e pas
le comportement du sportif.
Ce qui suggère que d’autres
neuromédiateurs sont impliqués dans ces effets, comme
la sérotonine ou d’autres
monoamines (voir la Figure 6).
2.6. Rôle de la sérotonine
cérébrale dans le mécanisme
de la fatigue liée au
surentraînement
Pendant longtemps, on a
cru que lors de l’exercice
physique, puisque le taux
de sérotonine augmente et
puisque l’on est fatigué, il y
devait y avoir une relation de
cause à effet entre ces deux
observations. Par ailleurs,
de nombreux travaux sur
les comportements avaient
également mis en évidence le
rôle de cette molécule sur le
sommeil, la prise alimentaire,
les états dépressifs ou anxieux
et la locomotion spontanée : la
baisse de la concentration en
sérotonine jouerait un rôle sur
les mécanismes favorisant les
états dépressifs, alors que son
augmentation serait génératrice d’anxiété. Les études
pharmacologiques
menées
pour élucider le rôle de la
sérotonine ont conduit à des
résultats encourageants sur
des modèles animaux, confi rmant l’hypothèse d’une action
de la sérotonine sur la fatigue.
En revanche, les données
obtenues sur l’homme sont
beaucoup moins convaincantes. En fait, la sérotonine
34. Voir l’Encart : « Les antagonistes de neuromédiateurs ».
Cycle
veille sommeil
Activité
motrice
Modulation
neuro - endocrinienne
Prise
alimentaire
Stress
Comportements
Vigilance
Thermorégulation
Nociception
(perception des stimulations
produisant la douleur)
Système
sérotoninergique
Neuromodulateur
du système
nerveux central
n’est pas le seul neuromédiateur à être modifi é par l’exercice physique (Figure 5). La
neurochimie nous apprend
que les comportements sont
le plus souvent dépendants
de l’équilibre entre différents
neuromédiateurs.
Quels sont les effets des autres
neuromédiateurs ? L’équipe
de Romain Meeusen à Louvain
a analysé l’évolution des
différents neuromédiateurs
cérébraux : la noradrénaline
(NA), la dopamine (DA) et la
sérotonine (5-HT) (Figure 6).
L’utilisation de techniques
de microdialyse cérébrale
35
a montré que l’augmentation
des taux cérébraux de ces
différentes monoamines était
très spécifi que des différentes
structures cérébrales. Les
structures les plus sensibles
aux modifi cations neurochimiques dues à l’exercice
35. La microdialyse cérébrale
permet l’étude in vivo du milieu
extracellulaire cérébral. Elle
nécessite l’introduction, dans le
cerveau, d’une sonde contenant
une membrane semi-perméable
à l’eau et aux petites molécules,
permettant
l’échange
dans
les deux directions par simple
diffusion et le recueil d’un liquide
refl étant le milieu extracellulaire.
Figure 5
La sérotonine agirait en fait
comme un neuromodulateur à la
base de nombreuses fonctions, et
non comme un neuromédiateur.
À la différence de ce dernier, qui
assure la transmission de l’infl ux
nerveux via des récepteurs des
neurones, un neuromodulateur
est une substance chimique
qui agit directement sur des
neuromédiateurs pour modifi er
leur libération ou sur leurs
récepteurs afi n de modifi er leur
sensibilité.
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