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La chimie et le sport
nine. Ce neuromédiateur est
impliqué dans la régulation
de nombreux comportements,
dont l’humeur, l’appétit ou le
sommeil. Ainsi, l’augmentation du tonus sérotoninergique
30 exerce-t-il un effet
anorexigène et anxiogène.
2.2. L’action endocrinienne
En dehors des conséquences
purement énergétiques, l’exercice physique agit sur la régulation d’un grand nombre d’axes
endocriniens qui sont, eux
aussi, impliqués dans la régulation des comportements.
Le système le plus étudié est
celui des hormones stéroïdiennes : de nombreux résultats concordent pour indiquer
une baisse de la concentration
de testostérone plasmatique
chez l’homme sous l’effet d’un
entraînement intense. Chez
la femme, l’augmentation de
la quantité de travail musculaire est aussi associée à un
changement au niveau des
hormones ovariennes. Il est
certain que ces modifi cations
peuvent agir sur le fonctionnement cérébral.
La modifi cation du paysage
endocrinien concerne aussi
les glucocorticoïdes et principalement
le
cortisol
31 ,
l’hormone du stress. Par
exemple, l’exercice musculaire s’accompagne d’une
élévation permanente du
taux de cortisol plasmatique ;
30. Qui a trait au métabolisme de
la sérotonine.
31. Le cortisol est l’hormone la
plus active et la plus importante
parmi les corticoïdes agissant
sur le métabolisme des glucides.
Corticoïde est le nom générique
des hormones secrétées par les
glandes corticosurrénales et de
leurs dérivés synthétiques.
Figure 2
Comment expliquer le fait qu’un
entraînement intense et prolongé
puisse conduire à une dépression
transitoire ou durable ?
progressivement des substrats lipidiques et protéiques.
La relation supposée entre
fatigue
et
métabolisme
protéique repose sur l’existence d’un lien entre le métabolisme des acides aminés,
précurseurs des protéines
et utilisés comme substrats
énergétiques, et la disponibilité de certains neuromédiateurs cérébraux impliqués
dans la fatigue, dont le déterminant principal est la sérotonine cérébrale : sa synthèse
augmente en même temps
que se prolonge et s’intensifi e
l’entraînement (Figure 3) [2].
On observe simultanément
une incorporation des acides
aminés dits « branchés »
(Encart : « Des acides aminés
branchés impliqués dans les
mécanismes de la fatigue »)
dans les processus oxydatifs
du métabolisme périphérique. Par des mécanismes
biochimiques complexes, il
en résulte une augmentation
de la production de tryptophane au niveau du foie et une
amélioration de son passage
à travers la barrière hématoencéphalique. Le tryptophane
est un acide aminé branché
dont la disponibilité favorise
la synthèse de la séroto-
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