Le chimiste qui sauve des vies
En 2005, René Roy (1952-…)
reçoit le prestigieux prix du
Tech Museum pour ses travaux
sur un vaccin synthétique contre
la pneumonie et la méningite,
en collaboration avec le chercheur
cubain Vicente Verez Bencomo. Bien
plus que le trophée et la somme d’argent, ce
qui comble René Roy est la récompense de plus de 20 ans
de recherche en chimie médicinale pour le mieux-être de
l’humanité.
Brillant élève au Département de chimie de l’Université de Montréal, il y achève son doctorat en 1980 sous la
direction de Stephen Hanessian, avec qui il approfondit
l’utilisation des glucides en synthèse organique.
Il devient ensuite associé de recherche au Conseil
national de recherches du Canada à Ottawa, puis
professeur adjoint à l’Université d’Ottawa. Devenu rapidement professeur, René Roy entame ses recherches sur
les dendrimères, puis sur les vaccins semi-synthétiques,
et plus particulièrement sur celui s’attaquant à la bactérie Haemophilus in?uenzae de type b (appelée « Hib »).
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la
bactérie Hib, qui provoque des méningites et des pneumonies, cause chaque année de 400 000 à 700 000 décès
chez les enfants de 4 à 18 mois. Malheureusement, seulement 2 % des enfants du monde sont vaccinés, car les
vaccins habituels coûtent trop cher pour les populations
des pays en voie de développement.
Le vaccin « biologique » classique est fabriqué à p artir
de la capsule bactérienne cultivée. Cette capsule est
constituée d’un polysaccharide empêchant la phagocytose, mais permettant aux bactéries de se multiplier. Or,
la production de cette capsule bactérienne ne se fait pas
sans dif?culté : il y a parfois contamination, et le processus est coûteux.
Le vaccin synthétique du duo Roy-Bencomo, le
Quimi-Hib, contourne cette dif?culté. En fabriquant
la partie oligosaccharide (en vert) et en lui adjoignant
une partie protéique isolée de l’anatoxine tétanique (en
rouge), un vaccin conjugué stable et de qualité facilement contrôlable est créé, et il offre une protection de
près de 15 ans aux heureux vaccinés. La création d’un
vaccin obtenu par synthèse chimique en laboratoire est
une première mondiale.
En 2005, plus d’un million d’enfants cubains ont été
vaccinés avec le Quimi-Hib, ce qui a permis d’éradiquer
la maladie dans ce pays.
Le professeur Roy revient au Québec en 2003 pour
occuper la Chaire de recherche du Canada en chimie
thérapeutique à l’Université du Québec à Montréal. Élu
personnalité de la semaine par le journal La Presse en 2005,
il continue de concevoir de nouveaux vaccins, notamment
contre la ?brose kystique et le cancer du sein. Auteur de
nombreux articles et brevets, chercheur respecté internationalement, René Roy n’a pas ?ni de surprendre. En
2005 et 2008, ses travaux ont été sélectionnés pour les
« 10 découvertes de l’année » du magazine Québec Science
et, plus récemment, en 2010, il a reçu le prix Léo-Pariseau
décerné par l’Association francophone pour le savoir
(Acfas) pour souligner sa contribution dans le domaine
des sciences biologiques et de la santé.
RENÉ ROY
S UR LE S TR A CE S DE
156 Chapitre 3 Acides carboxyliques et dérivés
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