Variantes évolutives
33
Chez les Fougères proprement dites, ce sont les feuilles normales, assimilatrices, qui portent sur leurs faces inférieures les sporanges
1 .
Chez leurs alliées, les Lycopodes, Sélaginelles, Prêles, des feuilles particulières apparaissent dont le seul rôle, sexuel, est de porter les éléments
reproducteurs. Elles se groupent alors et forment des épis sporangifères.
3. Une troisième tendance évolutive, particulièrement remarquable parce
qu’elle s’amplifiera chez les Spermaphytes, consiste en une réduction
progressive des prothalles qui restent alors inclus dans la paroi éclatée de la
spore.
Ainsi, chez les Sélaginelles, certaines Fougères aquatiques, la microspore ne
contient plus à maturité qu’une cellule prothallienne, deux ou trois cellules
d’enveloppe – vestige de l’anthéridie très dégradée – et un petit nombre
d’anthérozoïdes; la macrospore contient un prothalle réduit à un petit massif
cellulaire : la partie qui, après éclatement de la spore est en contact de l’atmosphère, verdit et porte quelques archégones dont un seul se développera.
Chez quelques espèces de Sélaginelles dites vivipares, il arrive que les
prothalles se développent sur la plante mère, à l’intérieur de l’épi sporangifère, donnant naissance à de jeunes embryons qui tombent et s’enracinent. Si
l’on suppose que l’embryon, au lieu d’être disséminé, « s’enkyste » en s’entourant de réserves et d’un tégument protecteur, nous aurions ce que l’on appelle
la graine (voir p. 41 et 42) chez les plantes supérieures.
D’un point de vue plus général, on observe, chez les Fougères, un asynchronisme marqué entre l’évolution de l’appareil végétatif et celui de l’appareil
reproducteur. Les Fougères proprement dites sont caractérisées par une faible
évolution de l’appareil reproducteur à peu près limitée, si l’on excepte le taxon
très particulier des Fougères aquatiques, à la spécialisation des feuilles (sporocarpes) portant les sporanges : regroupement des sporanges en sores,
protection des sores par une indusies, apparition de frondes spécialisées chez
quelques espèces…; par contre, l’appareil végétatif est très diversifié et
montre de nombreux caractères évolués : fronde de grande taille, tendance à la
latéralisaion des ramifications, appareil vasculaire de structure moderne.
Chez les Lycopodes, Sélaginelles et Prêles l’inverse s’observe : appareil végétatif archaïque, appareil reproducteur évolué, marqué par une forte
différenciation sexuelle et une nette tendance à la réduction des prothalles.
Nous en retiendrons que le degré d’évolution des divers organes et appareils
d’un taxon peut être, pour chacun d’eux, très différent.
1. Chez les plus évoluées d’entre elles, une des feuilles ou une partie se spécialise et ne porte plus
que des sporanges (Osmonde royale, fig. 18) : à l’extrême, on observe un segment de fronde
épaissie et modifiée en un organe particulier, comme le sporocarpe de certaines Fougères aquatiques (Marsilea, fig. 19).
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Chez les Fougères proprement dites, ce sont les feuilles normales, assimilatrices, qui portent sur leurs faces inférieures les sporanges
1 .
Chez leurs alliées, les Lycopodes, Sélaginelles, Prêles, des feuilles particulières apparaissent dont le seul rôle, sexuel, est de porter les éléments
reproducteurs. Elles se groupent alors et forment des épis sporangifères.
3. Une troisième tendance évolutive, particulièrement remarquable parce
qu’elle s’amplifiera chez les Spermaphytes, consiste en une réduction
progressive des prothalles qui restent alors inclus dans la paroi éclatée de la
spore.
Ainsi, chez les Sélaginelles, certaines Fougères aquatiques, la microspore ne
contient plus à maturité qu’une cellule prothallienne, deux ou trois cellules
d’enveloppe – vestige de l’anthéridie très dégradée – et un petit nombre
d’anthérozoïdes; la macrospore contient un prothalle réduit à un petit massif
cellulaire : la partie qui, après éclatement de la spore est en contact de l’atmosphère, verdit et porte quelques archégones dont un seul se développera.
Chez quelques espèces de Sélaginelles dites vivipares, il arrive que les
prothalles se développent sur la plante mère, à l’intérieur de l’épi sporangifère, donnant naissance à de jeunes embryons qui tombent et s’enracinent. Si
l’on suppose que l’embryon, au lieu d’être disséminé, « s’enkyste » en s’entourant de réserves et d’un tégument protecteur, nous aurions ce que l’on appelle
la graine (voir p. 41 et 42) chez les plantes supérieures.
D’un point de vue plus général, on observe, chez les Fougères, un asynchronisme marqué entre l’évolution de l’appareil végétatif et celui de l’appareil
reproducteur. Les Fougères proprement dites sont caractérisées par une faible
évolution de l’appareil reproducteur à peu près limitée, si l’on excepte le taxon
très particulier des Fougères aquatiques, à la spécialisation des feuilles (sporocarpes) portant les sporanges : regroupement des sporanges en sores,
protection des sores par une indusies, apparition de frondes spécialisées chez
quelques espèces…; par contre, l’appareil végétatif est très diversifié et
montre de nombreux caractères évolués : fronde de grande taille, tendance à la
latéralisaion des ramifications, appareil vasculaire de structure moderne.
Chez les Lycopodes, Sélaginelles et Prêles l’inverse s’observe : appareil végétatif archaïque, appareil reproducteur évolué, marqué par une forte
différenciation sexuelle et une nette tendance à la réduction des prothalles.
Nous en retiendrons que le degré d’évolution des divers organes et appareils
d’un taxon peut être, pour chacun d’eux, très différent.
1. Chez les plus évoluées d’entre elles, une des feuilles ou une partie se spécialise et ne porte plus
que des sporanges (Osmonde royale, fig. 18) : à l’extrême, on observe un segment de fronde
épaissie et modifiée en un organe particulier, comme le sporocarpe de certaines Fougères aquatiques (Marsilea, fig. 19).
