254 Euastéridées II
Dans chaque fleur, les anthères étant mûres avant les stigmates, il y a pollinisation indirecte. Or, dans un capitule, les fleurs du pourtour s’épanouissent les
premières : il s’ensuit que les ovaires des fleurs périphériques seront « mûrs »
en même temps que les anthères des fleurs du centre. Aussi l’évolution,
toujours économe, tend à réduire l’appareil reproducteur des fleurs du pourtour à leur gynécée et celui des fleurs centrales (quoique moins souvent) à leur
androcée. Nous avons indiqué un phénomène analogue, chez les ombelles des
Apiacées.
Enfin, certaines espèces peuvent devenir dioïques (Pied de chat).
— La pollinisation proprement dite est réalisée par un mécanisme tout à fait
original.
En règle générale
1 , le style est d’abord assez court pour que la masse formée
par les deux stigmates soit au-dessous du manchon formé par les anthères :
ensuite le style s’allonge à une vitesse relativement grande, de l’ordre de
plusieurs millimètres en quelques heures, traverse ainsi le manchon de bas en
haut : la brosse de poils des stigmates entraîne le pollen des étamines, mais
sans que les stigmates s’en trouvent pollinisés, car à ce moment leurs faces
réceptives sont appliquées l’une contre l’autre. Les insectes peuvent ensuite
transporter le pollen ainsi extrait du manchon staminal et le déposer sur les
stigmates épanouis (fig. 175) des fleurs fécondables.
Certaines espèces (notamment les Pissenlits) sont parthénogénétiques. De
façon générale, les anomalies de la fécondation sont fréquentes chez les
Astéracées.
Le fruit
Dans tous les cas, le fruit provenant de l’ovaire infère est un akène, couronné
ou non d’une aigrette (pappus) (fig. 173 et 177).
Classification et principales espèces
On peut subdiviser l’immense famille des Astéracées en cinq sous-familles
principales (fig. 176).
— Les deux premières sont des arbustes ou des plantes herbacées poussant
principalement en Amérique du Sud (Andes), lieu probable de l’émergence de
la famille au début de l’ère Tertiaire, il s’agit de formes archaïques d’Astéracées, dont les fleurs sont à corolle zygomorphe bilabiée 1/4 (Barnadesioïdées)
ou bilabiée 2/3 (Mutisoïdées); cette dernière comprenant le Gerbera, plante
sud-africaine cultivée chez nous en serre pour ses beaux capitules en forme de
marguerite; malgré les apparences de fleurs ligulées au centre et de fleurs
tubulées en périphérie, toutes les fleurs sont en fait bilabiées 2/3.
1. Il existe quelques variantes : chez les Centaurées, le style ne s’allonge pas; les filets des
étamines, sensibles au contact, se contractent brusquement si un insecte les touche et abaissent
ainsi le manchon staminal qui se fait « brosser ».
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