252 Euastéridées II
fleurs blanches du pourtour, une corolle et les fleurs du centre jaune, un
androcée. Mais ici le nombre de bractées et des fleurs ligulées est indéterminé
1
.
Au contraire, chez la Millefeuille, où les bractées sont encore nombreuses, il
n’y a plus que cinq fleurs en forme de languette simulant une corolle pentamère et quelques fleurs tubulées au centre.
Ainsi l’évolution, à partir de fleurs simples primitivement disposées en
grappe, les condense en capitules… qui prennent à nouveau l’aspect de fleur :
l’évolution a parcouru un cycle (notion de pseudocycle : cf. Euphorbiacées).
Par surévolution (fig. 174), un second cycle peut s’amorcer; il consiste à
simplifier les capitules, à les grouper en capitules de capitules qui ressembleront à nouveau à des « fleurs » :
— Chez l’Edelweiss, l’inflorescence est formée de deux à dix petits capitules,
entourés de cinq à dix grandes bractées étalées; ce capitule de capitules
simule une « fleur simple ».
— Chez les Echinops (sortes de Chardons à fleurs bleues), les capitules,
réduits à une seule fleur entourées de plusieurs bractées, sont groupés en un
capitule de capitules qui, s’il n’y avait pas l’involucre de bractées entourant
chaque fleur, pourrait être pris pour un capitule simple.
La fleur
La fleur de type floral 5-5-5-2 a des anthères soudées et un ovaire infère uniloculaire (fig. 175).
Elle est petite, comme toutes les fleurs groupées en inflorescence contractée.
❐ Le calice
Le calice est très réduit, représenté par un simple bourrelet annulaire, des
écailles ou des soies.
Mais après la fécondation, comme chez les Valérianacées, les soies s’allongent
en forme d’aigrette, qui peut même devenir pédicellée par étirement du bourrelet calicinal (fig. 173-2). Le pappus facilite la dissémination par les animaux
ou par le vent.
❐ La corolle
La corolle peut être régulière en tube ou irrégulière, soit bilabiée 2/3 ou 1/4
(comme chez les Lamiacées dans un groupe important surtout sud-américain,
soit à une seule lèvre. Elles sont alors dites ligulées : la ligule se termine par
trois dents ou cinq dents, suivant que trois pétales ont été seulement déjetés en
avant avec avortement des deux postérieurs ou que les cinq pétales ont été tous
déjetés.
1. D’où le petit jeu consistant à « effeuiller » les fleurs ligulées en disant : « Je t’aime un peu,
beaucoup… pas du tout ».
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