172 Eurosidées I
Si dans un akène il n’y a, par définition, qu’une cavité et qu’une seule graine,
l’ovaire qui a donné naissance à l’akène n’est pas forcément uniovulé et uniloculaire (cf. généralités sur les fruits, p. 76).
— Ainsi chez les Aulnes, Bouleaux, Noisetiers, Charmes, l’ovaire est divisé
(quoique parfois incomplètement) en deux loges uniovulées; un ovule et une
loge avortent.
— Chez les Hêtres et les Chênes, l’ovaire a trois loges biovulées, donc six
ovules; cinq ovules et deux loges avortent.
— Chez le Châtaignier enfin, plante la moins évoluée, il y a six loges
biovulées : 11 ovules et 5 loges avortent.
Les bractées du chaton s’accroissent souvent après la fécondation et même se
soudent au fruit partiellement ou totalement (fig. 114) :
— chez le Noisetier, où seules les fleurs latérales sont présentes, les bractées
de (2) et de (3), s’unissent en formant une enveloppe tubuleuse, laciniée;
— chez le Charme, le même phénomène se produit, mais ici l’enveloppe est
fendue en avant et se termine par une lame plane trilobée; les deux fruits sont
indépendants, non réunis à la base comme chez les noisettes;
— chez le Châtaignier, où les trois fleurs sont présentes, les 4 bractées de (3)
s’unissent pour former une enveloppe épineuse s’ouvrant par 4 valves : c’est
la bogue contenant trois châtaignes. En arboriculture, on sélectionne des
variétés où, sur les trois fleurs, deux avortent : la châtaigne – souvent improprement appelée « marron » – est ainsi plus grosse et comestible;
— chez le Hêtre, le même phénomène se produit, mais ici l’inflorescence est
limitée aux deux fleurs latérales : l’enveloppe épineuse, toujours à quatre
valves, contient alors deux akènes ou faînes;
— enfin chez le Chêne, il n’y a plus que la fleur centrale : les 4 bractées de (3)
se soudent en une cupule écailleuse ou striée enchâssant à sa base l’akène
appelé ici gland.
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Les Casuarinacées comprennent une soixantaine d’espèces d’arbres australiens et asiatiques dont les Filaos. Ce sont des Fagales qui se sont adaptées à des conditions de
sécheresse extrêmes, ce qui se traduit par un aspect particulier, rappelant celui des
Éphèdres avec tiges cylindriques et feuilles réduites à une collerette entourant chaque
entre nœud. Leur adaptation aux sols pauvres et secs est facilitée par la fixation
symbiotique d’azote atmosphérique et les filaos sont très utilisés pour reverdir dunes et
déserts tropicaux.
Les Juglandacées comprennent une cinquantaine d’espèces (Noyer, Pécan…). Ce sont
de grands arbres des régions tempérées et subtropicales à feuilles composées pennées.
Chez le Noyer, les fleurs mâles sont en chatons pendants, les fleurs femelles par deux,
le fruit est une drupe; déhiscente, elle provient de deux carpelles « ouverts » mais dont
les placentas très proéminents se soudent au centre en une colonne placentaire portant
au sommet un seul ovule. Lors de la maturation les deux cotylédons de la graine – qui
est exalbuminée comme chez les Fagacées-Bétulacées – se développent de part et
d’autre de la cloison placentaire tandis que secondairement et perpendiculairement à
cette dernière apparaît une seconde fausse cloison : il en résulte les cotylédons plurilobés de la noix (fig. 115). Le caractère déhiscent de la drupe est remarquable ; il est, en
effet, tout à fait exceptionnel. À maturité, la partie charnue du fruit ou brou se déchire,
la noix tombe, puis, au moment de la germination, le noyau (ce que l’on appelle la
coque) s’ouvre en deux valves, le long des nervures des carpelles (déhiscence
loculicide).
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