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Systématique des plantes supérieures. Classifications. Définition de l’espèce
ment se tradluisant par l’apparition d’une protéine aberrante a peu de chance
de se maintenir : la pression de sélection conduit à garder les séquences
performantes.
Dans les années quatre-vingt, les techniques automatiques de séquençage, tant
pour les aminoacides que pour les acides nucléiques (utilisation de l’ARN
ribosomique 18S, du gène chloroplastique rbcL du par exemple) ont permis le
développement de la phylogénie moléculaire. Cette dernière ne constitue
toutefois qu’un nouvel outil qui doit être confronté aux données provenant de
l’étude des fossiles, de l’anatomie comparée, de la biochimie…
CLASSIFICATIONS ARTIFICIELLES, NATURELLES
ET PHYLOGÉNÉTIQUES
Le naturaliste, faute de pouvoir retracer l’histoire de chaque espèce prise individuellement, va cependant essayer de traduire cette notion d’évolution dans
des classifications dites phylogénétiques.
Les anciennes, conçues selon l’idée de fixisme, étaient des classifications artificielles, fondées sur des caractères faciles à observer mais arbitraires, tel le
nombre des étamines (Linné), ou dites naturelles (B. de Jussieu) et réunissant
dans des groupes communs les végétaux qui présentent entre eux un nombre
plus ou moins élevé de ressemblances profondes.
Les classifications que l’on établit maintenant tentent de rétablir l’enchaînement des groupes, des plus primitifs aux plus évolués.
Par exemple, on dira que les Gymnospermes, à ovules nus, sont plus primitives que les Angiospermes à ovules enclos, mais cela ne veut pas dire que les
Angiospermes dérivent directement des Gymnospermes, mais bien d’ancêtres
communs aujourd’hui disparus et dont, dans certains cas, l’étude des fossiles
nous donne une idée.
La cladistique est une méthode de classification basée sur l’analyse des caractères primitifs et évolués visant à traduire les relations phylogénétiques. Le
clade est une lignée évolutive (voir plus haut). Un cladogramme (fig. 1)
correspond à plusieurs clades successivement emboîtés. Les bifurcations (ou
nœuds) correspondent à l’acquisition d’un nouveau caractère (par exemple
l’apparition de chlorophylle b, pour les Chlorobiontes). Ces bifurcations
doivent être les moins nombreuses possibles (principe de parcimonie) de
façon à rechercher le cladogramme le plus simple donnant de l’évolution
l’idée la plus efficace. Lorsqu’un nœud possède plus de deux branches-filles,
la multifurcation signifie que les parentés phylogénétiques précises ne sont
pas résolues. La présentation dans un cladogramme des relations entre taxons
sous forme dichotomique ne signifie pas que l’évolution fonctionne toujours
par dichotomie. En fait la dichotomie est la seule approche possible pour
comparer (et notamment quantifier) les relations de parentés. Ainsi, le cladogramme ne correspond-il pas toujours à une filiation généalogique; il
implique simplement que les groupes qui se trouvent sur des branches
voisines ont un ancêtre commun.
Systématique des plantes supérieures. Classifications. Définition de l’espèce
ment se tradluisant par l’apparition d’une protéine aberrante a peu de chance
de se maintenir : la pression de sélection conduit à garder les séquences
performantes.
Dans les années quatre-vingt, les techniques automatiques de séquençage, tant
pour les aminoacides que pour les acides nucléiques (utilisation de l’ARN
ribosomique 18S, du gène chloroplastique rbcL du par exemple) ont permis le
développement de la phylogénie moléculaire. Cette dernière ne constitue
toutefois qu’un nouvel outil qui doit être confronté aux données provenant de
l’étude des fossiles, de l’anatomie comparée, de la biochimie…
CLASSIFICATIONS ARTIFICIELLES, NATURELLES
ET PHYLOGÉNÉTIQUES
Le naturaliste, faute de pouvoir retracer l’histoire de chaque espèce prise individuellement, va cependant essayer de traduire cette notion d’évolution dans
des classifications dites phylogénétiques.
Les anciennes, conçues selon l’idée de fixisme, étaient des classifications artificielles, fondées sur des caractères faciles à observer mais arbitraires, tel le
nombre des étamines (Linné), ou dites naturelles (B. de Jussieu) et réunissant
dans des groupes communs les végétaux qui présentent entre eux un nombre
plus ou moins élevé de ressemblances profondes.
Les classifications que l’on établit maintenant tentent de rétablir l’enchaînement des groupes, des plus primitifs aux plus évolués.
Par exemple, on dira que les Gymnospermes, à ovules nus, sont plus primitives que les Angiospermes à ovules enclos, mais cela ne veut pas dire que les
Angiospermes dérivent directement des Gymnospermes, mais bien d’ancêtres
communs aujourd’hui disparus et dont, dans certains cas, l’étude des fossiles
nous donne une idée.
La cladistique est une méthode de classification basée sur l’analyse des caractères primitifs et évolués visant à traduire les relations phylogénétiques. Le
clade est une lignée évolutive (voir plus haut). Un cladogramme (fig. 1)
correspond à plusieurs clades successivement emboîtés. Les bifurcations (ou
nœuds) correspondent à l’acquisition d’un nouveau caractère (par exemple
l’apparition de chlorophylle b, pour les Chlorobiontes). Ces bifurcations
doivent être les moins nombreuses possibles (principe de parcimonie) de
façon à rechercher le cladogramme le plus simple donnant de l’évolution
l’idée la plus efficace. Lorsqu’un nœud possède plus de deux branches-filles,
la multifurcation signifie que les parentés phylogénétiques précises ne sont
pas résolues. La présentation dans un cladogramme des relations entre taxons
sous forme dichotomique ne signifie pas que l’évolution fonctionne toujours
par dichotomie. En fait la dichotomie est la seule approche possible pour
comparer (et notamment quantifier) les relations de parentés. Ainsi, le cladogramme ne correspond-il pas toujours à une filiation généalogique; il
implique simplement que les groupes qui se trouvent sur des branches
voisines ont un ancêtre commun.
