Rosacées 165
— La corolle, régulière, est de type rosacé.
— Les étamines sont assez souvent au nombre de vingt (chez les Pommiers,
Poiriers, Pruniers, par exemple), mais peuvent être, par surévolution, plus
nombreuses comme chez la majorité des Rosacées (environ 40 chez les Cerisiers, 100 chez les Rosiers…).
— Les carpelles sont primitivement au nombre de 5 et pluriovulés, mais le
réceptacle floral, soit en se creusant (il forme ainsi une coupe profonde), soit
en se bombant en thalamus entraîne une augmentation du nombre des
carpelles, qui occupent toute la place offerte au gynécée (fig. 82).
Parallèlement à l’augmentation de leur nombre, les carpelles deviennent
pauciovulés (un ou deux ovules); les fruits qui en proviennent seront des
akènes ou des drupes [dans le cas où il y a deux ovules, comme chez les arbres
à noyaux (Cerisiers, Amandiers…), un seul ovule est fertile
1 ].
De plus, par surévolution, chez quelques groupes, les carpelles peuvent :
— prendre une forme très courte, ramassée, dite à style gynobasique (ex. :
Fraisiers, fig. 111),
— ou se souder à la coupe florale par un passage à l’ovaire infère : les
carpelles, alors peu nombreux (cinq en général), deviennent plus ou moins
concrescents entre eux (chez les Poiriers, les styles sont encore libres; ils sont
soudés chez les Pommiers).
Enfin, tout un ensemble d’espèces est caractérisé par la tendance au groupement des fleurs en grappe ou épis, très serrés, simulant parfois des capitules
(Aigremoine, Pimprenelle…). Ce phénomène s’accompagne alors – tout
comme ce que nous avons vu chez les Euphorbiacées de la réduction des
pièces florales
2 : perte des pétales; étamines réduites à 15, 10, 5, 4 (dans ce cas
la fleur devient tétramère), voire à une; carpelles réduits à deux ou un.
Le fruit
La nature du fruit dépend étroitement de la structure du réceptacle floral
(fig. 112).
1. Le réceptacle est plan ou légèrement concave – Les cinq carpelles, pluriovulés, engendrent à maturité cinq follicules. C’est le cas des Spirées et alliées.
Chez la Reine des prés, espèce de nos régions, les carpelles ne contiennent que
deux ovules dont un avorte : les fruits, uniséminés, sont des akènes contournés
en spirale. On observe ainsi une augmentation du nombre des carpelles (on en
trouve de 5 à 9) compensant la diminution de celui des graines.
Cette évolution se confirme chez les autres groupes où le fruit est soit un
akène, soit une drupe
3 .
1. Chez l’Amandier, lorsque l’avortement n’a pas lieu, on trouve des amandes jumelles à l’origine
du jeu « Bonjour Philippine ».
2. Chez les Alchémilles et les Sanguisorbes, à l’apétalie s’ajoute la tétramérie des fleurs.
3. Ces fruits sont très voisins, l’un sec, l’autre charnu (cf. généralités sur les fruits).
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