138 Eudicots basales
Appareil végétatif
Les Papavéracées sont des herbes à feuilles isolées, sans stipules, souvent très
découpées et d’aspect glauque (car recouvertes de cire). Les Papavéracées
sont toujours pourvues d’un appareil sécréteur à latex (= émulsion complexe
à base de polyterpènes) souvent riche en alcaloïdes (morphine du Pavot…).
Lorsque l’on casse la plante, le latex, contenu dans des cellules spéciales, les
laticifères, peut s’écouler : il est jaune dans le cas de la Chélidoine,; blanc
chez le Pavot, incolore chez les coquelicots, rouge chez la Sanguinaire.
Appareil reproducteur
La fleur
La fleur, isolée ou en cyme bipare, est entièrement et typiquement dimère
(trimère chez les espèces américaines) :
2 S + (2+2) P + (n + n) E + n C
Cette coexistence de type 3 et 2, au sein d’une même famille, montre que le
type 2 est une variante du type 3.
— La dimérie permet la zygomorphie de la fleur, peu apparente chez les
Pavots mais très marquée chez les Fumeterres.
— La fleur a acquis des sépales, mais ceux-ci sont caducs : ils tombent au
moment où s’ouvre le bouton floral.
— Les pétales sont plissés et comme chiffonnés avant l’épanouissement de la
fleur. Chez le Bocconia, espèce arbustive américaine, la fleur est encore apétale.
— Les étamines primitivement très nombreuses, diminuent en nombre chez
les espèces les plus évoluées : ainsi il y a moins d’étamines dans une fleur de
Chélidoine que dans une fleur de Pavot; chez les Fumeterres, les fleurs sont
petites (et nombreuses), ce qui entraîne une réduction de l’androcée à deux
étamines trifurquées.
Leur structure est d’ailleurs différente de celle des Renunculales :
• les nombreuses étamines des Renonculacées correspondent aux pièces
staminales disposées en nombre élevé et indéterminé sur une hélice;
• ici, les nombreuses étamines résultent de la subdivision (par n dédoublements) de pièces staminales situées en nombre fixe et restreint sur deux
verticilles.
Dans le premier cas, on dit que l’on a un androcée polystémone (de polus,
nombreux et stamen, étamine) et l’on écrit : ∞ E.
Dans le second cas, on a un androcée méristémone (du grec merus, action de
diviser) et l’on écrit : nE.
— Les carpelles (fig. 91), nombreux à l’origine, sont réduits à deux chez les
espèces les plus évoluées. Les ovules, portés par des placentas plus ou moins
hypertrophiés, sont situés sur les bords des feuilles carpellaires : la placentation est dite pariétale. Les styles, libres à l’origine, peuvent se souder : c’est le
cas du Coquelicot où les styles et leurs stigmates forment un plateau
stigmatique.
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