132 Eudicots basales
C’est une fleur à tépales comme chez les Magnoliidées (voir p. 121).
On peut prendre comme exemple la fleur de certaines Anémones dont les
tépales pétaloïdes de couleur vive (blanche, rouge, bleue…) et en nombre
variable – de 4 à 10 suivant les espèces (mais se stabilisant généralement
autour de 6) – sont suivis de très nombreuses étamines et de nombreux
carpelles.
2. Dans un second temps, la fleur va, tout à la fois, se cycliser et acquérir une
seconde enveloppe.
— Premièrement, se cycliser :
La fleur devient en partie cyclique, c’est-à-dire que l’évolution tend à fragmenter l’hélice en cercles généralement en commençant par les pièces les plus
externes : ainsi le nombre de tépales se stabilise et seuls les étamines et les
carpelles restent en nombre indéterminé.
La cyclisation se fait d’abord sur une base trimère (par exemple chez
l’Anémone des bois) mais rapidement entre deux cycles trimères une concrescence réalise une pentamérisation (ex., Renoncule); cette pentamérisation
conduit à une disposition quiconciale des pièces
1 . Son mécanisme sera précisé
lors de l’étude des Polygonacées (voir p. 194).
Chez les espèces très évoluées, comme l’Ancolie, toutes les pièces sont cyclisées, étamines et carpelles compris.
— Deuxièmement, acquérir une seconde enveloppe florale (fig. 87) par
sépalisation des feuilles situées sous la fleur, lesquelles, se simplifiant et se
réunissant, forment un calice.
Cette mise en place s’observe chez les Anémones et les Adonis :
• chez l’Anémone des bois, le pédicelle floral porte trois feuilles simplifiées
situées à un même niveau mais encore assez éloignées de la fleur;
• chez l’Anémone hépatique, ces trois feuilles sont disposées tout contre les
tépales, étamines et carpelles, avec lesquels elles forment une spire continue
mais, en raison de leur aspect encore foliaire, on ne parle pas de sépales :
• on le fait chez les Adonis, où ces pièces sont réduites à un limbe élargi : les
tépales pétaloïdes (de couleur rouge vif) primitifs sont alors appelés pétales et
la formule florale s’écrit :
5 S + 6 à 8 P + ∞ E + ∞ C
Chez les Hellébores, Ficaire, Renoncules, Ancolies…, la sépalisation est
acquise. Les pétales de ces espèces présentent, en outre, des nectaires, organes
à l’origine d’une sécrétion sucrée, le nectar, dont abeilles et bourdons notamment sont friands :
• l’Hellébore fétide (fig. 87) comprend 5 S verts bordés de rouge (blancs chez
l’espèce dite Rose de Noël), 10 à 15 P (13 le plus souvent, voir note de bas de
page) réduits aux nectaires en forme de cornet, puis ∞ E et ∞ C :
1. L’alternance de cycles trimère et pentamère conduit aux séries de Fibonacci. Par exemple : 5S
+ 8 (=5+3)P + 13 (=8+5)E…
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