Orchidacées 103
3. Le gynécée comprend trois carpelles formant un ovaire uniloculaire
1
. De plus :
— le style est soudé aux filets des étamines (gynostème);
— les trois stigmates sont réceptifs chez les espèces les moins évoluées
(groupe du Sabot de Vénus);
— chez les plus perfectionnées, le stigmate situé sous l’unique étamine se
rabat vers l’avant et devient stérile : ce stigmate modifié ou rostellum
2 s’interpose ainsi entre l’étamine et les stigmates réceptifs : la pollinisation directe
est rendue impossible.
Un cas célèbre est celui de la Vanille où le rostellum est très rabattu sur les
stigmates. Chez cette plante, l’intervention d’un insecte est indispensable :
généralement une abeille du genre Mélipone. La pollinisation ne se fait que
dans les contrées où l’insecte existe (Mexique, Guyane). Ailleurs, si l’on
cultive les Vanilliers, il faut polliniser leurs stigmates à la main.
4. Le pollen est formé de grains séparés (espèces primitives et Sabots de
Vénus) ou bien (espèces à une seule étamine) :
— réuni en tétrades (Néottie);
— ou aggloméré en masses plus volumineuses appelées pollinies. Leur
consistance est variable : granuleuse, cireuse ou gluante. C’est le cas de la
plupart des Orchidacées.
L’intérêt des pollinies est de réaliser un transport groupé. Cela est rendu d’autant
plus nécessaire que le nombre des ovules dans chaque ovaire est ici très élevé.
Chez quelques espèces, les pollinies – au nombre de deux, quatre, six ou huit
– sont des masses globuleuses libres (ex. : les deux pollinies du Vanillier).
Mais généralement ces pollinies sont au nombre de 2 (une par loge) et plus
complexes, en forme de massue; chacune d’elles possède un pédicelle
gommeux, le caudicule
3 , qui la rattache au rostellum par l’intermédiaire
d’une masse gélifiée, gluante, le rétinacle
4 sécrété par les bursicules (qui sont,
nous l’avons vu, des étamines latérales modifiées).
Quand un insecte visite la fleur, son front butte sur le rostellum et par suite sur
les rétinacles des deux pollinies qui se collent à lui. De la sorte, il transporte
les pollinies aux autres fleurs, ce qui assure une pollinisation croisée
5 .
Le fruit
Le fruit est une capsule à trois valves, délimitées par six fentes (deux par
carpelle) situées de part et d’autre des placentas (fig. 70). On dit qu’on a une
déhiscence paraplacentaire.
1. Chez les espèces les plus primitives, l’ovaire est encore triloculaire.
2. Du latin rostellum, petit bec.
3. Du latin cauda, queue.
4. Du latin retinaculum, qui attache.
5. Cette pollinisation croisée est d’ailleurs parfois mise en défaut; ainsi, chez les Orchis, si aucun
insecte n’a visité la fleur, la pollinies demeurent en place. En fanant le caudicule perd sa rigidité et
tout en restant fixées au rostellum par leur rétinacle, les pollinies tombent sur les stigmates.
3. Le gynécée comprend trois carpelles formant un ovaire uniloculaire
1
. De plus :
— le style est soudé aux filets des étamines (gynostème);
— les trois stigmates sont réceptifs chez les espèces les moins évoluées
(groupe du Sabot de Vénus);
— chez les plus perfectionnées, le stigmate situé sous l’unique étamine se
rabat vers l’avant et devient stérile : ce stigmate modifié ou rostellum
2 s’interpose ainsi entre l’étamine et les stigmates réceptifs : la pollinisation directe
est rendue impossible.
Un cas célèbre est celui de la Vanille où le rostellum est très rabattu sur les
stigmates. Chez cette plante, l’intervention d’un insecte est indispensable :
généralement une abeille du genre Mélipone. La pollinisation ne se fait que
dans les contrées où l’insecte existe (Mexique, Guyane). Ailleurs, si l’on
cultive les Vanilliers, il faut polliniser leurs stigmates à la main.
4. Le pollen est formé de grains séparés (espèces primitives et Sabots de
Vénus) ou bien (espèces à une seule étamine) :
— réuni en tétrades (Néottie);
— ou aggloméré en masses plus volumineuses appelées pollinies. Leur
consistance est variable : granuleuse, cireuse ou gluante. C’est le cas de la
plupart des Orchidacées.
L’intérêt des pollinies est de réaliser un transport groupé. Cela est rendu d’autant
plus nécessaire que le nombre des ovules dans chaque ovaire est ici très élevé.
Chez quelques espèces, les pollinies – au nombre de deux, quatre, six ou huit
– sont des masses globuleuses libres (ex. : les deux pollinies du Vanillier).
Mais généralement ces pollinies sont au nombre de 2 (une par loge) et plus
complexes, en forme de massue; chacune d’elles possède un pédicelle
gommeux, le caudicule
3 , qui la rattache au rostellum par l’intermédiaire
d’une masse gélifiée, gluante, le rétinacle
4 sécrété par les bursicules (qui sont,
nous l’avons vu, des étamines latérales modifiées).
Quand un insecte visite la fleur, son front butte sur le rostellum et par suite sur
les rétinacles des deux pollinies qui se collent à lui. De la sorte, il transporte
les pollinies aux autres fleurs, ce qui assure une pollinisation croisée
5 .
Le fruit
Le fruit est une capsule à trois valves, délimitées par six fentes (deux par
carpelle) situées de part et d’autre des placentas (fig. 70). On dit qu’on a une
déhiscence paraplacentaire.
1. Chez les espèces les plus primitives, l’ovaire est encore triloculaire.
2. Du latin rostellum, petit bec.
3. Du latin cauda, queue.
4. Du latin retinaculum, qui attache.
5. Cette pollinisation croisée est d’ailleurs parfois mise en défaut; ainsi, chez les Orchis, si aucun
insecte n’a visité la fleur, la pollinies demeurent en place. En fanant le caudicule perd sa rigidité et
tout en restant fixées au rostellum par leur rétinacle, les pollinies tombent sur les stigmates.
