optimaux et appre nd re à interag ir avec
l'enviro nne me nt e n fo nc ti o n des mote urs et des capte urs do nt il di spose. En
appliqu ant le modè le énac1ff de l'esprit ,
l' inte lli ge nce arti fic ielle propose do nc
des progra mmes inte lli gents auto no mes
sans passer par un e décompos iti o n formell e du problè me par le concepte ur.
l'infonnatique pour éualuer les théories
philosophiques et en créer de nouuelles
S i la phil osophie apporte donc les bases
conceptuell es po ur les développe me nts
de l' intelli gence artifi cie lle, la colla bora ti o n ne reste pas unil a téra le. Po ur
Daniel Andler, che rche ur e n mathé matiques e t e n phil oso phe des sc ie nces,
l' intelli gence artific ielle in vite notamme nt la phil osophi e à « préciser ses
choix , à dissiper des malenlendu s 111illé11aires, à formuler el à lesler de manière scien1ijïque de nou velles hypo1hèses » . L' info1matique s' immi sce ainsi
da ns les controverses philosophiques e n
pro posa nt , pa r ! ' ex pé rime ntati o n , de
nouveaux arguments. Elle o btie nt lestatut inatte ndu de philosophie expérimenla /e . Les di ffic ultés pra tiques des progra mmes compu1a1ionnalis1es o nt par
exe mple mi s e n év ide nce des présupposés erronés da ns les théori es phil osophi ques qu ' il s tentaie nt d 'appliquer.S ' il
est imposs ible de concevoir un robot capab le de se dé pl acer e n ado pta nt les
mê mes méth odes qu e ce ll es utili sées
pour le joue ur d 'échecs, c'est qu ' il est
pe ut-être imposs ible e n vérité de décomposer Ioule conn aissance en pro pos1t1o ns
log iqu es
é lé me nta ires.
L' intelli gence artific ie ll e, g râce à une
lo ng ue séri e d 'ex pé ri e nces infructueuses, a permi s de mettre l'accent sur
la nécess ité de pre ndre e n co mpte le
corps e t ! 'enviro nne me nt po ur concevo ir des mac hines inte lli gentes. Plus générale ment , pui sque les di ffé rentes théori es philosophiques affectent les choix de
conceptio n info rmatique, elles indui sent
un e d iffé re nce en pra1ique. li est do nc
poss ible d 'éva lue r ces théori es indirecte me nt , à partir de le urs applicati o ns.
« Fa ire de la philosophie de l 'espril
avec un lournevis. » Cette amusante fo rmule du spéc iali ste e n inte lli gence arti -
fic ie ll e ln man Harvey in vite à o bserver
to utes sortes de machines po ur s' interroger sur ! ' ho mme et son cerveau . Les
no mbre ux déve loppe me nts de la robotique fo ndée sur le modè le énaclif de
l'esprit e ncourage nt e n reto ur la phi losophie à considé re r ce modèle comme
une véritab le alte rn ati ve a u computa1ionnalisme et re lance nt le dé bat sur le
rô le du corps da ns l'appre nti ssage et les
a utres fo ncti o ns cogniti ves.
Timoth y va n Ge lder, c he rc he ur e n
sc iences cogniti ves, donne égale ment de
no uve lles pistes philosophiques en s' intéressant à un problème technique de la révolution industrielle : comment régule r
l'énergie produite par une machine à vapeur pour alimenter un métier à tisser ? Le
« régul ateur à boules» imaginé par James
Watt à l'époque utili se la force centrifuge
d ' un volant po ur ajuster une valve d 'adCERVEAU M6CAHiQUe
ou CERVEAU NIJMEI\ÎQUE?
Hors-série n° 52. Mathématiques & informatique Tangente
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