Introduction
Malgré les observations, du début du siècle précédent, montrant une liaison
des effets secondaires de médicaments à des variations métaboliques interindividuelles transmissibles, la pharmacogénétique n’a été identifiée officiellement
comme une discipline à part entière qu’en 1959 par F. Vogel [1]. Depuis cette
époque pionnière, on ne compte plus le nombre de molécules pharmacologiques dont les effets secondaires délétères ou l’inefficacité sont liés à des variations génétiques qui affectent leur métabolisme. Cette évolution est liée au
progrès de la connaissance du génome humain, à la diffusion des techniques de
caractérisation des variations génétiques, mais aussi à l’évolution des sociétés
qui n’acceptent plus de prendre un risque avec un médicament qui doit les
soigner. L’une des avancées qui a suggéré une application clinique potentielle a concerné l’identification du cytochrome 2D6 (CYP2D6) qui contrôle
entre autres le métabolisme de la débrisoquine [2]. Depuis, on estime que le
CYP2D6 participe au métabolisme d’environ 25 % des médicaments couramment utilisés. Sur des critères biochimiques, il a ainsi été identifié pour ces
molécules des métaboliseurs lents et rapides parmi la population. Ces phénotypes ont été identifiés comme familialement transmis de manière mendélienne autosomique récessive. Il est maintenant bien connu que l’activité du
CYP2D6 est liée en partie à un fort polymorphisme génétique qui comprend
plus de 80 variants alléliques altérant la fonction de l’enzyme. En outre, des
délétions ou des duplications génétiques retrouvées compliquent l’interprétation de la corrélation phénotype/génotype. Actuellement, le génotypage du
CYP2D6 est utilisé en clinique, il permet de prédire le statut métaboliseur
lent ou rapide d’un individu sans toutefois permettre une réelle adaptation
A. Morel 1 (
) , E. Gamelin 2 , M. Boisdron Celle 1
1. Institut de cancérologie de l’Ouest (ICO), Angers, PRES l’UNAM Université d’Angers, Inserm U892 –
E-mail : michele.boisdron@ico.unicancer.fr
2. Amgen inc CA USA Inserm U892 egamelin@amgen.com
Sous la direction de Jean-Louis Merlin, Les biomarqueurs moléculaires en oncologie
ISBN : 978-2-8178-0444-6, © Springer-Verlag Paris, 2014
Pharmacogénétique, réponse et toxicité
de la chimiothérapie
A. Morel, E. Gamelin, M. Boisdron Celle
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Malgré les observations, du début du siècle précédent, montrant une liaison
des effets secondaires de médicaments à des variations métaboliques interindividuelles transmissibles, la pharmacogénétique n’a été identifiée officiellement
comme une discipline à part entière qu’en 1959 par F. Vogel [1]. Depuis cette
époque pionnière, on ne compte plus le nombre de molécules pharmacologiques dont les effets secondaires délétères ou l’inefficacité sont liés à des variations génétiques qui affectent leur métabolisme. Cette évolution est liée au
progrès de la connaissance du génome humain, à la diffusion des techniques de
caractérisation des variations génétiques, mais aussi à l’évolution des sociétés
qui n’acceptent plus de prendre un risque avec un médicament qui doit les
soigner. L’une des avancées qui a suggéré une application clinique potentielle a concerné l’identification du cytochrome 2D6 (CYP2D6) qui contrôle
entre autres le métabolisme de la débrisoquine [2]. Depuis, on estime que le
CYP2D6 participe au métabolisme d’environ 25 % des médicaments couramment utilisés. Sur des critères biochimiques, il a ainsi été identifié pour ces
molécules des métaboliseurs lents et rapides parmi la population. Ces phénotypes ont été identifiés comme familialement transmis de manière mendélienne autosomique récessive. Il est maintenant bien connu que l’activité du
CYP2D6 est liée en partie à un fort polymorphisme génétique qui comprend
plus de 80 variants alléliques altérant la fonction de l’enzyme. En outre, des
délétions ou des duplications génétiques retrouvées compliquent l’interprétation de la corrélation phénotype/génotype. Actuellement, le génotypage du
CYP2D6 est utilisé en clinique, il permet de prédire le statut métaboliseur
lent ou rapide d’un individu sans toutefois permettre une réelle adaptation
A. Morel 1 (
) , E. Gamelin 2 , M. Boisdron Celle 1
1. Institut de cancérologie de l’Ouest (ICO), Angers, PRES l’UNAM Université d’Angers, Inserm U892 –
E-mail : michele.boisdron@ico.unicancer.fr
2. Amgen inc CA USA Inserm U892 egamelin@amgen.com
Sous la direction de Jean-Louis Merlin, Les biomarqueurs moléculaires en oncologie
ISBN : 978-2-8178-0444-6, © Springer-Verlag Paris, 2014
Pharmacogénétique, réponse et toxicité
de la chimiothérapie
A. Morel, E. Gamelin, M. Boisdron Celle
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