68 Les biomarqueurs moléculaires en oncologie
50 % de chacune de ces deux catégories. La technique est longue et nécessite une
expertise. Néanmoins, la publication des recommandations de l’ERIC (European Research Initiative on CLL) [23] et la disponibilité d’un logiciel d’analyse
via internet en a simplifié la réalisation et l’interprétation. Hamblin montrait
pour la première fois en 1999 que le statut mutationnel des immunoglobulines «
muté » et « non muté » permettait de différencier deux groupes de patients LLC
stade A ayant respectivement une survie de 293 et 95 mois [24].
La recherche d’une délétion de TP53 par FISH (del17p) est positive dans
3 à 5 % des LLC lors d’un premier bilan pré-thérapeutique. Le séquençage
de TP53 est complémentaire de cette analyse mais n’est pas systématique
et plutôt réservé aux LLC réfractaires. En effet une mutation de TP53 non
détectée en FISH est retrouvée chez environ 5 % des patients. À ce jour les
p
recommandations de l’ERIC sont de séquencer les exons 5 à 9 [25]. L’analyse
de cette région permet d’identifier plus de 95 % des mutations. Une mutation ou une délétion de TP53 est associée à une survie globale plus courte (29
versus 84 mois) [26]. Le groupe coopératif français sur la LLC (FCGCLL)
a proposé en 2010 un score pronostique pour les patients présentant une
LLC de stade A au diagnostic [27]. Dans cette étude, l’ensemble des facteurs
pronostiques a été analysé pour 339 LLC de stade A. En analyse multivariée, seuls quatre facteurs restent significatifs : lymphocytose, `2m, CD38
et Tyrosine Kinase. La présence de moins de deux de ces facteurs prédit une
survie sans traitement de 7 ans versus 16 mois pour les patients présentant
au moins 2 facteurs.
Suivi thérapeutique
Le suivi des patients après traitement repose sur l’examen clinique, l’hémogramme et l’imagerie (scanner). Le clone leucémique résiduel pourrait être
quantifié en théorie par l’analyse du réarrangement des immunoglobulines.
En réalité c’est la CMF, dont le seuil de sensibilité atteint 10 -4 (4 couleurs)
jusque 10 -6 (8 couleurs), qui s’avère être la méthode de choix pour apprécier la
profondeur de la réponse thérapeutique et prédire la survie globale [30]. À ce
j q
q
p
p p
jour la MRD des LLC n’est pas encore décisionnelle pour modifier un traitement et n’est pas réalisée en dehors d’essais thérapeutiques [28].
Nouvelles cibles
De nouvelles cibles comme NOTCH1, BIRC3, SF3B1 ont été récemment
identifiées [29]. La valeur pronostique péjorative de ces trois mutations, a été
évaluée dans un modèle intégrant l’ensemble des marqueurs moléculaires et
cytogénétiques. Quatre nouveaux sous-groupes pronostiques de risque ont été
identifiés : élevé (anomalie de TP53 et/ou BIRC3), intermédiaire (mutation
de NOTCH1 et/ou SF3B1), faible (+12 ou absence de mutation) et très faible
(del13(q14)) avec une survie à 10 ans respectivement de 29, 37, 57 et 69 %
[30].
50 % de chacune de ces deux catégories. La technique est longue et nécessite une
expertise. Néanmoins, la publication des recommandations de l’ERIC (European Research Initiative on CLL) [23] et la disponibilité d’un logiciel d’analyse
via internet en a simplifié la réalisation et l’interprétation. Hamblin montrait
pour la première fois en 1999 que le statut mutationnel des immunoglobulines «
muté » et « non muté » permettait de différencier deux groupes de patients LLC
stade A ayant respectivement une survie de 293 et 95 mois [24].
La recherche d’une délétion de TP53 par FISH (del17p) est positive dans
3 à 5 % des LLC lors d’un premier bilan pré-thérapeutique. Le séquençage
de TP53 est complémentaire de cette analyse mais n’est pas systématique
et plutôt réservé aux LLC réfractaires. En effet une mutation de TP53 non
détectée en FISH est retrouvée chez environ 5 % des patients. À ce jour les
p
recommandations de l’ERIC sont de séquencer les exons 5 à 9 [25]. L’analyse
de cette région permet d’identifier plus de 95 % des mutations. Une mutation ou une délétion de TP53 est associée à une survie globale plus courte (29
versus 84 mois) [26]. Le groupe coopératif français sur la LLC (FCGCLL)
a proposé en 2010 un score pronostique pour les patients présentant une
LLC de stade A au diagnostic [27]. Dans cette étude, l’ensemble des facteurs
pronostiques a été analysé pour 339 LLC de stade A. En analyse multivariée, seuls quatre facteurs restent significatifs : lymphocytose, `2m, CD38
et Tyrosine Kinase. La présence de moins de deux de ces facteurs prédit une
survie sans traitement de 7 ans versus 16 mois pour les patients présentant
au moins 2 facteurs.
Suivi thérapeutique
Le suivi des patients après traitement repose sur l’examen clinique, l’hémogramme et l’imagerie (scanner). Le clone leucémique résiduel pourrait être
quantifié en théorie par l’analyse du réarrangement des immunoglobulines.
En réalité c’est la CMF, dont le seuil de sensibilité atteint 10 -4 (4 couleurs)
jusque 10 -6 (8 couleurs), qui s’avère être la méthode de choix pour apprécier la
profondeur de la réponse thérapeutique et prédire la survie globale [30]. À ce
j q
q
p
p p
jour la MRD des LLC n’est pas encore décisionnelle pour modifier un traitement et n’est pas réalisée en dehors d’essais thérapeutiques [28].
Nouvelles cibles
De nouvelles cibles comme NOTCH1, BIRC3, SF3B1 ont été récemment
identifiées [29]. La valeur pronostique péjorative de ces trois mutations, a été
évaluée dans un modèle intégrant l’ensemble des marqueurs moléculaires et
cytogénétiques. Quatre nouveaux sous-groupes pronostiques de risque ont été
identifiés : élevé (anomalie de TP53 et/ou BIRC3), intermédiaire (mutation
de NOTCH1 et/ou SF3B1), faible (+12 ou absence de mutation) et très faible
(del13(q14)) avec une survie à 10 ans respectivement de 29, 37, 57 et 69 %
[30].
