124 Les biomarqueurs moléculaires en oncologie
Conclusion
Grâce à l’existence de modèle cellulaire et animal et par l’obtention de
nombreuses biopsies, beaucoup d’études travaillent déjà sur la prédiction de
la réponse tumorale à la radiothérapie. Cependant, la véritable limitation de
la radiothérapie reste la toxicité des tissus sains et la recherche de marqueurs
de la radiosensibilité individuelle est devenue un des challenges majeurs de la
radiobiologie actuelle.
La diversité et la complexité des effets indésirables de l’irradiation thérapeutique rendent difficile la mise au point d’un test qui puisse prévenir
de l’ensemble des réactions secondaires. Par exemple, les mécanismes qui
gouvernent une toxicité cutanée (par exemple fibrose cutanée) ne sont pas
les mêmes que ceux qui entrent en jeu dans une toxicité pulmonaire (par
exemple pneumonite radique). Il n’existe donc pas à ce jour de modèle
in vitro et in vivo satisfaisants pour l’étude globale de cette radiotoxicité.
De plus, la faible prévalence des cas de toxicité radio-induite sévère limite
également le nombre d’échantillons disponibles pour les analyses. Dans
de nombreuses études, la longueur du suivi des effets tardifs est également
critiquable  : certains effets tardifs ne peuvent en effet apparaître que des
dizaines d’années après la fin du traitement et un suivi de quelques mois
n’est pas suffisant pour tirer des conclusions significatives sur la prédiction
de tels effets. Néanmoins, en ciblant correctement le type de toxicité que l’on
souhaite prédire, les approches de type gène (protéine)-candidat(e) peuvent
apporter de nombreux éléments de réponse. En étudiant le niveau d’expression d’une protéine ou les variations possibles d’un gène impliqué dans un
mécanisme de toxicité radio-induite, elles peuvent conduire à l’identification de nouveaux marqueurs prédictifs de cette toxicité. Inversement, les
études de criblage haut débit permettent d’identifier de nouveaux éléments
jusqu’alors inconnus dans la réponse cellulaire à l’irradiation. Ces découvertes
sont importantes car elles permettent, d’une part de découvrir de nouveaux
partenaires moléculaires et donc de nouvelles voies ou de nouveaux mécanismes de radiotoxicité cellulaire et d’autre part d’identifier des marqueurs
d’intérêt dans la prédiction des effets indésirables.
Toutefois, pour valider d’éventuels marqueurs, et cela malgré n’importe
quel type d’approche, une validation à grande échelle est nécessaire. Avec
le coût croissant des méthodes de criblage très haut débit et la faible prévalence de telles complications, la solution pourrait venir de la création de
consortiums internationaux. Sous l’impulsion des dernières avancées techniques, la recherche de marqueurs génétiques ou protéiques, prédictifs de la
radiosensibilité des tissus sains, va profondément s’accélérer ces prochaines
années.
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