116 Les biomarqueurs moléculaires en oncologie
expérience peu anodine, le radiologue en tirera une conclusion importante :
pour un même protocole d’irradiation, chaque individu réagit différemment
à l’exposition aux rayonnements. L’observation va plus loin et L. Bouchacourt démontre également que chaque organe a une réponse spécifique
aux radiations et qu’une réponse peut même être visible sur des parties du
corps qui n’ont pourtant pas été irradiées. Dès lors, les premières bases de
la susceptibilité individuelle aux rayonnements ionisants sont posées et la
notion de radiosensibilité intrinsèque entre dans le vocabulaire courant de
la radiobiologie.
Si l’expérience acquise depuis le début du xx e siècle en radiothérapie oncologique nous a permis de mieux comprendre les mécanismes de la radiotoxicité
des tissus sains, les processus cellulaires et moléculaires qui régissent la radiosensibilité individuelle nous échappent encore.
Même actuellement, dans la prise en charge par radiothérapie, ce paramètre n’est pas pleinement pris en compte. Les protocoles d’irradiation
sont des protocoles généraux basés sur un calcul qui limite la dose afin de
réduire au maximum le nombre de patients développant des effets secondaires indésirables. Un nombre significatif de patients ayant pourtant un
seuil de tolérance aux rayonnements élevé reçoit donc une dose sous-évaluée
entraînant une diminution de l’efficacité de la radiothérapie. Si les traitements individualisés ne sont pas encore généralisés, c’est que l’on ne peut
pas à ce jour prédire la toxicité individuelle. Un des challenges majeurs de
la radiobiologie actuelle est donc d’identifier des biomarqueurs prédictifs
permettant de discriminer les personnes hypersensibles aux rayonnements
des autres qui possèdent au contraire une bonne tolérance à l’irradiation.
Ainsi, chacun pourrait recevoir une dose personnalisée et un traitement à
l’efficacité individuelle maximale.
De l’étude des premières cellules aux dernières techniques avancées de
criblage haut débit, ce chapitre présente une mise au point de tels tests.
Il met en exergue le fait que ce domaine implique un travail fastidieux et
pas toujours évident, tant les contraintes sont nombreuses et les mécanismes complexes. Et même si le marqueur idéal n’a toujours pas été trouvé,
l’avancée des connaissances et des techniques laisse entrevoir un futur proche
très prometteur.
Fibroblastes et lymphocytes :
premières cellules-témoins
Dès la fin des années 1980, les premières études qui ont initié le développement d’un test prédictif de radiotoxicité se sont basées sur l’étude du fibroblaste
[2-5]. Plus précisément, une corrélation a été suspectée entre la radiosensibilité
in vitro de fibroblastes dérivés de biopsies cutanées avec la réponse du tissu
expérience peu anodine, le radiologue en tirera une conclusion importante :
pour un même protocole d’irradiation, chaque individu réagit différemment
à l’exposition aux rayonnements. L’observation va plus loin et L. Bouchacourt démontre également que chaque organe a une réponse spécifique
aux radiations et qu’une réponse peut même être visible sur des parties du
corps qui n’ont pourtant pas été irradiées. Dès lors, les premières bases de
la susceptibilité individuelle aux rayonnements ionisants sont posées et la
notion de radiosensibilité intrinsèque entre dans le vocabulaire courant de
la radiobiologie.
Si l’expérience acquise depuis le début du xx e siècle en radiothérapie oncologique nous a permis de mieux comprendre les mécanismes de la radiotoxicité
des tissus sains, les processus cellulaires et moléculaires qui régissent la radiosensibilité individuelle nous échappent encore.
Même actuellement, dans la prise en charge par radiothérapie, ce paramètre n’est pas pleinement pris en compte. Les protocoles d’irradiation
sont des protocoles généraux basés sur un calcul qui limite la dose afin de
réduire au maximum le nombre de patients développant des effets secondaires indésirables. Un nombre significatif de patients ayant pourtant un
seuil de tolérance aux rayonnements élevé reçoit donc une dose sous-évaluée
entraînant une diminution de l’efficacité de la radiothérapie. Si les traitements individualisés ne sont pas encore généralisés, c’est que l’on ne peut
pas à ce jour prédire la toxicité individuelle. Un des challenges majeurs de
la radiobiologie actuelle est donc d’identifier des biomarqueurs prédictifs
permettant de discriminer les personnes hypersensibles aux rayonnements
des autres qui possèdent au contraire une bonne tolérance à l’irradiation.
Ainsi, chacun pourrait recevoir une dose personnalisée et un traitement à
l’efficacité individuelle maximale.
De l’étude des premières cellules aux dernières techniques avancées de
criblage haut débit, ce chapitre présente une mise au point de tels tests.
Il met en exergue le fait que ce domaine implique un travail fastidieux et
pas toujours évident, tant les contraintes sont nombreuses et les mécanismes complexes. Et même si le marqueur idéal n’a toujours pas été trouvé,
l’avancée des connaissances et des techniques laisse entrevoir un futur proche
très prometteur.
Fibroblastes et lymphocytes :
premières cellules-témoins
Dès la fin des années 1980, les premières études qui ont initié le développement d’un test prédictif de radiotoxicité se sont basées sur l’étude du fibroblaste
[2-5]. Plus précisément, une corrélation a été suspectée entre la radiosensibilité
in vitro de fibroblastes dérivés de biopsies cutanées avec la réponse du tissu
