Introduction
En 1901, six ans après la découverte des rayons X par Wilhelm Röntgen,
Henri Becquerel et Pierre Curie publient une note officielle à l’Académie des
sciences sur l’action physiologique des rayons du radium [1]. En reproduisant l’expérience de Friedrich Giesel, Pierre Curie décrit les diverses rougeurs,
brûlures et plaies qu’a provoquées l’exposition, durant une dizaine d’heures, de
chlorure de baryum radifère sur son avant-bras. Les symptômes décrits sont
les mêmes que ceux de Marie Curie et d’Henri Becquerel, lorsque ces derniers
transportent dans une poche de leur gilet un petit tube métallique scellé avec
quelques centigrammes de cette même matière active. Ces diverses observations conduisent rapidement à la conclusion de l’existence d’un effet biologique des rayonnements ionisants sur les tissus.
Un nouveau traitement contre les tumeurs se met alors progressivement en
place : puisque les rayonnements ionisants ont un effet sur les tissus normaux
pourquoi n’en auraient-ils pas sur les tumeurs ? Malgré quelques aléas dus aux
premiers balbutiements de cette technique, l’expérience s’avère concluante : la
radiothérapie est née. Elle deviendra dans les années qui suivent un des modes
essentiels de traitement contre le cancer avec pour principal but de délivrer
la dose la plus importante afin d’assurer une efficacité maximale du contrôle
tumoral tout en minimisant les dommages aux tissus sains environnants.
Dès 1911, le radiologue français Louis Bouchacourt fait une étrange observation sur deux de ses patients. Ces derniers sont pris en charge par le
médecin pour une épilation par rayons  X. À la suite de leur traitement,
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L. Bouchacourt publiera une note intitulée : « Sur la différence de sensibilité
aux rayons de Röntgen de la peau des différents sujets ». En effet, de cette
J. Lacombe, O. Riou, J. Solassol, A. Mangé, M. Ozsahin, D. Azria (
) Pôle de radiothérapie oncologique,
Institut du cancer de Montpellier, Inserm U896, Institut de recherche en cancérologie de Montpellier
– E-mail : David.Azria@icm.unicancer.fr
Sous la direction de Jean-Louis Merlin, Les biomarqueurs moléculaires en oncologie
ISBN : 978-2-8178-0444-6, © Springer-Verlag Paris, 2014
Susceptibilité individuelle et toxicité
de la radiothérapie
J. Lacombe, O. Riou, J. Solassol, A. Mangé, M. Ozsahin, D. Azria
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