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Hervé NIFENECKER
4.2.1. ENERGIE FINALE
L’énergie finale est celle utilisée par l’utilisateur final, peu importe l’usage qu’il en
fait. Par exemple l’usage final de l’électricité se mesure en kWh, qu’il s’agisse du
chauffage des locaux ou des aliments ou du fonctionnement d’un ordinateur. Le
rendement de cet utilisation n’intervient donc pas explicitement : le kWh utilisé
avec des ampoules électriques standard est le même que celui utilisé avec des
lampes à faible consommation même si, dans ce dernier cas, la quantité de lumière émise est cinq fois plus importante. On peut, bien entendu, traduire les kWh
en tep. Ainsi, une installation de chauffage électrique de 1 kW fonctionnant continûment pendant un an conduit à une énergie finale de 8,76 MWh, soit, en utilisant
le tableau I, à 0,75 tep. Il est sous-entendu que l’utilisation d’un chauffage électrique consommant 8,76 MWh donnerait le même niveau de confort que celui d’un
chauffage au fuel brûlant 0,75 tep, alors que, bien évidemment, il faudrait tenir
compte de l’efficacité du chauffage au fuel, en particulier du rendement de la chaudière, alors que pratiquement toute l’énergie du chauffage électrique sert à chauffer l’air ambiant. On voit que cette pratique défavorise, en général, l’utilisation de
l’électricité pour ses utilisations non-captives, telles que le chauffage des locaux et
les transports. Cette remarque est encore plus pertinente si l’on considère l’énergie primaire.
4.2.2. ENERGIE PRIMAIRE
L’énergie primaire est, en principe, l’énergie nécessaire pour produire l’énergie
finale. A titre d’exemple considérons la production d’électricité à l’aide d’une centrale au fuel. Reprenons le cas ci-dessus d’une installation de chauffage électrique
consommant une énergie finale E F = 8,76 MWh, soit 0,75 tep par an. Le courant est
produit par une centrale qui a un rendement R. Des pertes P sont inévitables pendant le transport depuis la centrale jusqu’au lieu d’utilisation. Il s’ensuit que l’énergie primaire qu’il faut dépenser pour fournir E F est : E
E
R
P
R
F
=
−
( )
1
. Par exemple, l’AIE
choisit R(1 – P) = 0,33. Il s’ensuit que dans le cas de notre exemple l’énergie primaire consommée sera 2,25 tep par an. Au contraire, dans le cas de l’utilisation
d’une chaudière au fuel, on fait l’hypothèse qu’énergie finale et primaire sont identiques, en tenant compte toutefois des consommations liées au transport et au raffinage. On voit donc que, pour toutes les applications non-captives, l’évaluation, à
service équivalent, des performances énergétiques est systématiquement défavorable à l’électricité, en ce sens que l’utilisation de l’électricité apparaît comme la
plus gaspilleuse d’énergie primaire.
Pour l’AIE, toutefois, ceci n’est pas toujours vrai et dépend de la technique utilisée
pour produire l’électricité. Si le facteur R(1 – P) est pris égal à 0,33 pour les combustibles fossiles et nucléaire, il est pris égal à l’unité pour l’hydroélectricité, l’éolien
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