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Jean-Marie MARTIN-AMOUROUX
Résultat - La baisse de l’intensité des PIB en acier ou en aluminium ou sa stagnation
en polymères, dans tous les pays industrialisés, y compris l’ex-URSS pour l’acier [25].
Evolution qui, à plus long terme, pourrait être infléchie de façon plus radicale par
des nanotechnologies capables de fournir, sans déchets, des matériaux d’une résistance et d’une légèreté inimaginables aujourd’hui.
La substitution de l’information à l’énergie est un autre effet de la révolution scientifique et technique qui peut contribuer à la dématérialisation du PIB. Des percées
nouvelles pourraient même avoir lieu dans plusieurs directions :
outre la périodisation désormais quinquennale de la sévérisation des normes de
construction des immeubles et l’imposition de performances minimales pour les
appareils ménagers, la diffusion de la domotique (smart building) devrait réduire
encore les pertes d’énergie ;
l’organisation de la production et des échanges fondée sur l’utilisation systématique des possibilités offertes par Internet est porteuse de changements susceptibles d’affecter les consommations d’énergie de diverses façons : déplacements
des personnes (travail ou achats) ; stockage, transport et commercialisation
des marchandises ; aux Etats-Unis, selon Joseph ROMM, tous ces changements
vont réduire l’intensité énergétique de 1,5, voire 2%, par an sur la période 19972005 [26] ; en France, Jean-Marc JANCOVICI estime que la conversion au télétravail
de 50% des actifs du tertiaire pourrait équivaloir à 5% de la consommation nationale d’énergie [27].
Les techniques agricoles, enfin, pourraient entrer dans une période de mutation
tournée davantage vers les biotechnologies que vers la chimisation intensive dont
les limites sont aujourd’hui évidentes 3 .
3.4. CONCLUSION
Aucune des évolutions mentionnées ci-dessus n’est certaine, mais aucune n’est
improbable. L’émergence des nanotechnologies dans la production des matériaux
n’est pas moins futuriste que celle de la fusion dans la production d’électricité. Dès
lors, la conjonction d’une croissance démographique vraisemblablement moins
forte que prévue (8 milliards d’habitants au lieu de 10 en 2050) et de la poursuite
de la décroissance de ENE/PIB sur une trajectoire peut-être pas très éloignée de
celle du scénario C du CME pourrait modifier sensiblement la problématique énergétique 2050. Les choix effectués entre les modes d’utilisation des sources d’énergie, on le constate, sont aussi déterminants que ceux relatifs à leur production.
3 De nombreux exemples de toutes ces évolutions en gestation sont donnés dans WEIZÄCKER E. [7].
Jean-Marie MARTIN-AMOUROUX
Résultat - La baisse de l’intensité des PIB en acier ou en aluminium ou sa stagnation
en polymères, dans tous les pays industrialisés, y compris l’ex-URSS pour l’acier [25].
Evolution qui, à plus long terme, pourrait être infléchie de façon plus radicale par
des nanotechnologies capables de fournir, sans déchets, des matériaux d’une résistance et d’une légèreté inimaginables aujourd’hui.
La substitution de l’information à l’énergie est un autre effet de la révolution scientifique et technique qui peut contribuer à la dématérialisation du PIB. Des percées
nouvelles pourraient même avoir lieu dans plusieurs directions :
outre la périodisation désormais quinquennale de la sévérisation des normes de
construction des immeubles et l’imposition de performances minimales pour les
appareils ménagers, la diffusion de la domotique (smart building) devrait réduire
encore les pertes d’énergie ;
l’organisation de la production et des échanges fondée sur l’utilisation systématique des possibilités offertes par Internet est porteuse de changements susceptibles d’affecter les consommations d’énergie de diverses façons : déplacements
des personnes (travail ou achats) ; stockage, transport et commercialisation
des marchandises ; aux Etats-Unis, selon Joseph ROMM, tous ces changements
vont réduire l’intensité énergétique de 1,5, voire 2%, par an sur la période 19972005 [26] ; en France, Jean-Marc JANCOVICI estime que la conversion au télétravail
de 50% des actifs du tertiaire pourrait équivaloir à 5% de la consommation nationale d’énergie [27].
Les techniques agricoles, enfin, pourraient entrer dans une période de mutation
tournée davantage vers les biotechnologies que vers la chimisation intensive dont
les limites sont aujourd’hui évidentes 3 .
3.4. CONCLUSION
Aucune des évolutions mentionnées ci-dessus n’est certaine, mais aucune n’est
improbable. L’émergence des nanotechnologies dans la production des matériaux
n’est pas moins futuriste que celle de la fusion dans la production d’électricité. Dès
lors, la conjonction d’une croissance démographique vraisemblablement moins
forte que prévue (8 milliards d’habitants au lieu de 10 en 2050) et de la poursuite
de la décroissance de ENE/PIB sur une trajectoire peut-être pas très éloignée de
celle du scénario C du CME pourrait modifier sensiblement la problématique énergétique 2050. Les choix effectués entre les modes d’utilisation des sources d’énergie, on le constate, sont aussi déterminants que ceux relatifs à leur production.
3 De nombreux exemples de toutes ces évolutions en gestation sont donnés dans WEIZÄCKER E. [7].
