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Ari RABL & Joseph SPADARO
zone rurale, loin d’une grande ville, est environ 0,5 ×15,4 = 8 €/kg. Si cette cheminée est à Paris, le dommage est environ 5 ×15,4 = 75 €/kg. Si les PS 10 sont émis au
niveau du sol à Paris, le dommage est environ 15 × 5 ×15,4 = 1200 €/kg. Les polluants secondaires étant créés de manière progressive loin de la source, la distribution des récepteurs près de la source influe peu sur le résultat. Pour les aérosols
de nitrates et de sulfates, la variation du dommage avec la hauteur de la cheminée
est négligeable, et la variation avec la localisation est faible. En première approximation, à 20% près, on peut prendre une seule valeur pour tous les emplacements
en France.
Les coûts par kg de polluant sont du même ordre de grandeur pour les particules,
les NO x et les SO 2 . Le coût des NO x via l'ozone est beaucoup moins important parce
qu’au moment de l’analyse par RABL & EYRE (1998), il n’existait pas d'observation de
mortalité long terme due à l'ozone, contrairement à la mortalité long terme due aux
particules. Cette situation doit être reconsidérée, compte tenu d’une étude récente
d’ABBEY et al. (1999) qui a trouvé une corrélation entre l'ozone et la mortalité long
terme.
Le coût des gaz à effet de serre par kg de CO 2éq a été calculé par ExternE, en prenant en compte les derniers résultats du groupe international IPCC (1995). L’utilisation du « global warming potential » permet d’appliquer le coût par kg de CO 2éq
à d’autres gaz à effet de serre, en particulier au CH 4 dont le GWP est environ 20
(ce qui signifie qu’1 kg de CH 4 a autant d’impact que 20 kg de CO 2 ). Les nouvelles
valeurs recommandées par ExternE (1998) sont présentées comme des fourchettes
de valeurs plutôt que comme un seul chiffre, afin d'exprimer la sensibilité aux différentes hypothèses sur la « valeur de la vie statistique », le taux d'actualisation… La
fourchette dite « restreinte » va de 0,018 à 0,046 €/kgCO 2éq . Ces valeurs sont plus
importantes que celles des études précédentes telles que CLINE (1992), FANKHAUSER
(1993) et TOL (1994) (des valeurs de 0,002 à 0,017 €/kgCO 2éq ). Puisque la distribution des estimations ExternE (1998) est à peu près lognormale, nous prenons ici la
moyenne géométrique de 0,018 et de 0,046 €/kgCO 2éq , soit 0,029 €/kgCO 2éq .
Une raison expliquant les valeurs plus importantes d’ExternE (1998) est la prise en
compte de la mortalité prématurée (malaria, inondations, vagues de chaleur...) dans
les pays en voie de développement (PVD), avec une « valeur de la vie statistique »
assez élevée. L'approche utilisée pour la détermination de la « valeur de la vie statistique » dans les PVD est un transfert selon une pondération dite « d’équité »
(equity weighting) plutôt que selon une pondération par le PIB par personne. Cette
approche est un choix éthique, hors des critères du marché. L'effet de ce choix sur
le coût par kg de CO 2éq souligne une fois de plus le rôle central de la « valeur de la
vie statistique » dans l'estimation des coûts des dommages de la pollution.
D’ailleurs, il est intéressant de comparer cette estimation du coût du réchauffement global avec le coût des mesures nécessaires, afin d’atteindre les objectifs du
protocole de Kyoto, un coût qui s’élève à 0,019 €/kgCO 2éq selon une estimation
allemande [FAHL et al., 1999].
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