28 - LES COÛTS EXTERNES DE L’ÉLECTRICITÉ
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leurs intercorrélations. Il existe donc des incertitudes considérables s'agissant des
causes réelles de ces effets sur la santé, en particulier le rôle des particules. Quelles
caractéristiques sont importantes : composition chimique, acidité, solubilité, nombre de particules… ? On sait que les particules plus fines sont plus nocives car elles
rentrent plus profondément dans les voies respiratoires. En dehors de la France, la
plupart des stations de surveillance de la qualité de l’air ont mesuré les PS 10 . Dans
le passé, les stations en France ont mesuré soit les fumées noires, soit les PS 13 .
Plus récemment, on a commencé à mesurer les PS 10 et aussi les PS 2,5 car ces derniers pénètrent jusqu’au fond des poumons. ExternE suppose que la masse des
PS 2,5 dans l’air ambiant est 60% celle des PS 10 ; c’est une valeur typique qui peut
pourtant varier selon les conditions locales.
Une fraction importante des particules (variable selon les conditions locales, mais
typiquement comprise dans une fourchette d’un tiers à deux tiers) est composée
d'aérosols de nitrates et de sulfates, polluants secondaires formés par réaction chimique des NO x et SO 2 dans l'atmosphère. Les connaissances sur la nocivité de ces
aérosols sont très limitées, surtout s'agissant des nitrates. En fait, des études épidémiologiques des nitrates n’ont pas été possibles parce que les stations qui mesurent la qualité de l’air n’ont pas mesuré la concentration des nitrates. Les experts
d’ExternE supposent que c'est la masse des particules qui détermine les impacts
sur la santé et préconisent de calculer les effets des aérosols de nitrates et de sulfates en appliquant les fonctions CR des PS 10 . Plus précisément, ExternE suppose
que les pentes f CR pour les impacts des nitrates sont les mêmes que celles pour les
impacts correspondants des PS 10 ,
f CR,nitrates = f CR,PS 10
{1}
mais que les sulfates sont comme les PS 2,5 , avec une pente plus importante de
f CR,sulfates = f CR,PS 2,5 = 1,67 f CR,PS 10
{2}
Avec cette hypothèse, les impacts des aérosols s’avèrent beaucoup plus importants que les impacts directs de leurs précurseurs NO x et SO 2 .
28.2.3.L'ÉVALUATION MONÉTAIRE
L’objectif de l’évaluation monétaire est de prendre en compte tous les coûts, qu’il
passent par le marché ou non. Par exemple, le coût d’une hospitalisation devrait
inclure non seulement les dépenses médicales, mais également ce qu’un individu
serait prêt à payer pour éviter la souffrance. Si le consentement à payer pour un
bien non-marchand a été déterminé correctement, il est comme un prix, cohérent
avec le marché. Les économistes ont développé plusieurs outils pour mesurer les
coûts non-marchands ; parmi ces outils, l’évaluation contingente a connu un succès de plus en plus important au cours des dernières années [MITCHELL & CARSON,
1989 ; BONNIEUX & DESAIGUES, 1998]. Si les études sont correctement menées, les
résultats sont considérés suffisamment fiables.
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