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Ari RABL & Joseph SPADARO
La plupart des fonctions CR, par exemple celles de l'étude ERPURS, ont été élaborées à partir d’une analyse statistique des corrélations à court terme entre les
concentrations ambiantes d'un polluant et certains effets de santé publique qui surviennent dans les jours suivants (on arrive à prendre en compte un décalage maximal de 5 jours entre concentration et effet). C'est la méthodologie la plus utilisée,
parce qu'elle est suffisamment sensible pour détecter les effets au-dessus du bruit
de fond et sa mise en œuvre n’est ni trop difficile, ni trop coûteuse. Pourtant, elle ne
permet de déterminer que les fonctions CR dites aiguës, correspondant aux effets
à court terme.
La totalité des impacts de la pollution est beaucoup plus importante à cause des
effets chroniques ou long terme. Pour illustrer ce point, il suffit d'imaginer une campagne de mesures de la mortalité du tabagisme par observation des fluctuations
de mortalité journalière si l'on interdisait de fumer le dimanche. On verrait l'effet
aigu sur quelques individus hypersensibles, mais on passerait totalement à côté des
effets à long terme, tels que l'emphysème et le cancer.
La terminologie des fonctions CR aiguës et chroniques est également utilisée pour
la mortalité, bien que ces attributs puissent paraître étonnants (une meilleure terminologie serait peut-être « court terme » et « long terme »). La détermination des
fonctions CR long terme est extrêmement difficile, nécessitant des procédures
lourdes afin d'éliminer les facteurs de confusion, tels que le tabagisme. Jusqu'à
présent, les seules études sur la mortalité long terme ont été effectuées aux USA
[ABBEY et al., 1999 ; DOCKERY et al., 1993 ; POPE et al., 1995]. Ces trois études indiquent que la mortalité long terme augmente avec la concentration des particules.
Ici nous utilisons l’étude de POPE et al. car elle se distingue par la collecte de données la plus importante : une cohorte de 550 000 individus a été suivie pendant
environ 7 ans.
D’ailleurs nous avons vérifié que cette étude est plausible au vu des études sur
le tabagisme passif [WELLS, 1994 ; Académie nationale de médecine, 1997], car
les concentrations de particules [DOCKERY & SPENGLER, 1981] et les effets sont
comparables.
Les épidémiologistes du projet ExternE ont effectué un recensement bibliographique afin de déterminer les fonctions CR à utiliser pour les calculs. Les publications
ERPURS font partie de la base bibliographique prise en compte dans ces recommandations. La plupart des fonctions CR sélectionnées concernent les effets des
particules dans l’air. Pourtant, les études européennes [ERPURS, 1997 ; APHEA,
1998] suggèrent que les rôles du SO 2 et du O 3 seraient peut-être plus importants
que ne le laissent penser les études américaines. Contrairement à la grande synthèse de BASCOM et al. [1996] pour laquelle les effets directs du NO 2 ne sont pas
évidents, les études européennes indiquent plusieurs corrélations avec le NO 2 .
En fait, même en effectuant une régression multiple par rapport à plusieurs polluants, on a du mal à distinguer les contributions de chacun d'entre eux à cause de
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