27 - LES PRIX ET LES COÛTS DES SOURCES D’ÉNERGIE
581
stockage des déchets à vie longue et des risques de prolifération, soit un total de
2,3 cents selon le US Department of Energy (1990). Les auteurs d’ExternE contestent un tel résultat en s’appuyant sur l’extrême petitesse de l’espérance mathématique du coût actualisé (même à 0%) d’un accident nucléaire, et sur l’imprévisibilité
des impacts des déchets dont la gestion future est inconnue.
Les coûts de l’éolien et du solaire photovoltaïque proviennent des émissions polluantes au cours de la fabrication des équipements de conversion (production et
découpage du silicium, par exemple), ceux de la biomasse de la pollution provoquée
par l’exploitation mécanisée des forêts et non de la contribution au réchauffement
climatique estimé à zéro par définition. Ceux de l’hydraulique, enfin, varient considérablement selon les caractéristiques de l’aménagement qui peuvent détruire ou
valoriser un site au point de rendre négatif le coût externe.
Au total, la prise en compte des externalités modifie sensiblement la hiérarchie des
coûts marginaux à long terme des diverses filières électriques : thermique charbon
et fuel reculent sensiblement au profit de l’hydraulique, du nucléaire et des autres
sources renouvelables lorsqu’elles peuvent être exploitées sur de très bons sites.
Moins polluante, la turbine à gaz en cycles combinés résiste mieux à condition de
s’inscrire sur une trajectoire basse du prix du gaz.
27.7. CONCLUSION
En l’état actuel des ressources exploitables et des techniques, les filières fossiles
bénéficient généralement des coûts internes les plus bas, quels que soient les
usages : thermiques basse et haute température, mécaniques fixes (électricité) et
mécaniques mobiles (carburant). Rien d’étonnant donc à ce que, selon les scénarios énergétiques « business as usual », pétrole, gaz naturel et charbon minéral
apportent encore plus de 80% de l’approvisionnement énergétique mondial à horizon 2050. Plusieurs incertitudes affectent cependant l’évolution future de ces coûts.
Les unes sont d’origine géopolitiques : la production et le transport des hydrocarbures reposent sur des pays (Arabie Saoudite, Irak, Iran, Qatar…) dont la fragilité
politique justifie des primes de risques. Les autres ont trait aux conséquences
environnementales de leur évolution, notamment en termes d’émissions de CO 2 ,
dont les coûts devraient être internalisés. A plus long terme, enfin, l’épuisement
de certaines ressources gagnerait à être anticipé. Prises en compte dans les coûts
sociaux des diverses sources d’énergie, ces incertitudes renchériraient les sources
fossiles au profit des sources renouvelables et de l’énergie nucléaire dont la croissance conditionne, par apprentissage, la diminution des coûts d’usage.
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stockage des déchets à vie longue et des risques de prolifération, soit un total de
2,3 cents selon le US Department of Energy (1990). Les auteurs d’ExternE contestent un tel résultat en s’appuyant sur l’extrême petitesse de l’espérance mathématique du coût actualisé (même à 0%) d’un accident nucléaire, et sur l’imprévisibilité
des impacts des déchets dont la gestion future est inconnue.
Les coûts de l’éolien et du solaire photovoltaïque proviennent des émissions polluantes au cours de la fabrication des équipements de conversion (production et
découpage du silicium, par exemple), ceux de la biomasse de la pollution provoquée
par l’exploitation mécanisée des forêts et non de la contribution au réchauffement
climatique estimé à zéro par définition. Ceux de l’hydraulique, enfin, varient considérablement selon les caractéristiques de l’aménagement qui peuvent détruire ou
valoriser un site au point de rendre négatif le coût externe.
Au total, la prise en compte des externalités modifie sensiblement la hiérarchie des
coûts marginaux à long terme des diverses filières électriques : thermique charbon
et fuel reculent sensiblement au profit de l’hydraulique, du nucléaire et des autres
sources renouvelables lorsqu’elles peuvent être exploitées sur de très bons sites.
Moins polluante, la turbine à gaz en cycles combinés résiste mieux à condition de
s’inscrire sur une trajectoire basse du prix du gaz.
27.7. CONCLUSION
En l’état actuel des ressources exploitables et des techniques, les filières fossiles
bénéficient généralement des coûts internes les plus bas, quels que soient les
usages : thermiques basse et haute température, mécaniques fixes (électricité) et
mécaniques mobiles (carburant). Rien d’étonnant donc à ce que, selon les scénarios énergétiques « business as usual », pétrole, gaz naturel et charbon minéral
apportent encore plus de 80% de l’approvisionnement énergétique mondial à horizon 2050. Plusieurs incertitudes affectent cependant l’évolution future de ces coûts.
Les unes sont d’origine géopolitiques : la production et le transport des hydrocarbures reposent sur des pays (Arabie Saoudite, Irak, Iran, Qatar…) dont la fragilité
politique justifie des primes de risques. Les autres ont trait aux conséquences
environnementales de leur évolution, notamment en termes d’émissions de CO 2 ,
dont les coûts devraient être internalisés. A plus long terme, enfin, l’épuisement
de certaines ressources gagnerait à être anticipé. Prises en compte dans les coûts
sociaux des diverses sources d’énergie, ces incertitudes renchériraient les sources
fossiles au profit des sources renouvelables et de l’énergie nucléaire dont la croissance conditionne, par apprentissage, la diminution des coûts d’usage.
