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Jean-Marie MARTIN-AMOUROUX
désulfuration des fumées des centrales thermiques conventionnelles ou coûts de
démantèlement des centrales nucléaires, par exemple). Bien d’autres coûts, restés externes, sont cependant associés à toutes les filières énergétiques mais avec
des incidences très différentes sur leurs coûts sociaux (définition plus haut). Parmi
les diverses tentatives d’estimations de ces coûts, la plus systématique résulte
du projet ExternE (External Costs of Energy) de la Commission européenne qui a
reconstitué pour chaque filière de production d’électricité la chaîne émission, dispersion, fonction dose-réponse, évaluation monétaire. Deux grandes familles d’impacts
ont été considérées :
ceux sur la santé des populations touchées par des émissions polluantes : troubles cardio-pulmonaires imputables au SO 2 , NO x ou particules, cancers et effets
génétiques des radionuclides, notamment ;
ceux imputables aux émissions de gaz à effet de serre par l’intermédiaire du
« global warming potential » tel qu’estimé par le Groupe Intergouvernemental
sur l’Evolution du Climat (GIEC).
En dépit des difficultés inhérentes à ce type d’approche et aux incertitudes restantes, des coûts externes peuvent être proposés pour chaque filière de production électrique.
Tableau V - Coûts externes des filières électriques (en c€/kWh)[7]
Filières électriques
Coûts [c€/kWh]
Thermique charbon, après 2000
4,0
Thermique fuel, après 2000
3,2
Thermique gaz avec cycles combinés
1,6
Thermique biomasse
0,8
Nucléaire
0,3
Solaire photovoltaïque
0,28
Eolien
0,13
Hydraulique
0,04-0,74
Sont exclues de cette évaluation les centrales thermiques conventionnelles en fonction avant l’an 2000 dont les coûts externes, supérieurs à 10 cents par kilowattheure, dépassent les coûts marginaux de production. A partir de cette date, les nouvelles normes d’émission européennes et le recourt à des techniques de combustion performantes (lits fluidisés et gazéification) ont considérablement réduit les
émissions polluantes et légèrement abaissé celles de CO 2 .
Le coût de la filière nucléaire vient des risques de cancers pour les générations
futures, ce qui le rend extrêmement sensible au taux d’actualisation retenu : à 10%,
le 0,5 cent du tableau tomberait à 0,005 cent. En revanche, le coût serait sensiblement plus élevé si y était incluse l’évaluation monétaire des risques d’accidents, du
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