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Jean-Marie MARTIN-AMOUROUX
Ces conditions peuvent-elles changer à l’avenir ? On a vu plus haut que la tendance
des prix des combustibles fossiles devrait plutôt s’orienter à la hausse. Si la libéralisation des marchés de l’électricité se poursuit, hypothèse la plus probable, les taux
d’actualisation élevés continueront sans doute à prévaloir. Restent deux facteurs
de changement possible : la prise en compte des impacts environnementaux qui
pèse très inégalement sur les coûts de chaque filière (voir plus loin) et des effets
différenciés du progrès technique sur les coûts d’investissement et d’exploitation.
27.5.2. LES COÛTS DES AUTRES FILIÈRES
Ils sont affectés d’une beaucoup plus grande incertitude que les coûts précédents
parce qu’à côté de techniques matures comme la géothermie conventionnelle ou
l’hydraulique, on traite de techniques nouvelles (éolien, solaire photovoltaïque ou
thermodynamique) dont la fonction d’apprentissage est mal connue, ou même
entièrement nouvelles (énergie des vagues, géothermie roches sèches, piles à
combustible, thermique biomasse gazéifiée) dont les performances industrielles
sont extrapolées d’installations pilotes. Comme dans le cas des grandes filières
thermiques, certains coûts sont très sensibles aux prix des combustibles (biomasse
ou hydrogène) alors que d’autres dépendent presque exclusivement des coûts
d’investissement, exprimés en euros par kilowatt installé, mais dans ce cas avec
une double particularité.
Les coûts d’investissements sont rarement standardisables parce que modelés par
les caractéristiques des sites d’installation. Le coût du kilowatt installé en grande
hydraulique ou en géothermie sur de bons sites pourra ne pas dépasser 1000 euros ;
ceux du même kilowatt en petite hydraulique, solaire thermodynamique, éolien onshore ou offshore, se situer entre 1500 et 3000 euros, pour des raisons géologiques,
climatiques ou hydrologiques.
S’agissant en outre de sources d’énergie qui peuvent être diffuses et intermittentes, le passage du coût du kilowatt à celui du kilowattheure dépendra de facteurs
de charge (load factor) extrêmement variables puisque compris entre :
45 et 90% pour la géothermie conventionnelle,
35 et 70% pour la petite hydraulique,
35 et 50% pour la grande hydraulique sans réservoir,
20 et 35% pour le solaire thermodynamique,
20 et 30% pour l’éolien et la marémotrice,
8 et 20% pour le solaire photovoltaïque,
sauf investissements additionnels de stockage ou de couplage avec une source
complémentaire.
Jean-Marie MARTIN-AMOUROUX
Ces conditions peuvent-elles changer à l’avenir ? On a vu plus haut que la tendance
des prix des combustibles fossiles devrait plutôt s’orienter à la hausse. Si la libéralisation des marchés de l’électricité se poursuit, hypothèse la plus probable, les taux
d’actualisation élevés continueront sans doute à prévaloir. Restent deux facteurs
de changement possible : la prise en compte des impacts environnementaux qui
pèse très inégalement sur les coûts de chaque filière (voir plus loin) et des effets
différenciés du progrès technique sur les coûts d’investissement et d’exploitation.
27.5.2. LES COÛTS DES AUTRES FILIÈRES
Ils sont affectés d’une beaucoup plus grande incertitude que les coûts précédents
parce qu’à côté de techniques matures comme la géothermie conventionnelle ou
l’hydraulique, on traite de techniques nouvelles (éolien, solaire photovoltaïque ou
thermodynamique) dont la fonction d’apprentissage est mal connue, ou même
entièrement nouvelles (énergie des vagues, géothermie roches sèches, piles à
combustible, thermique biomasse gazéifiée) dont les performances industrielles
sont extrapolées d’installations pilotes. Comme dans le cas des grandes filières
thermiques, certains coûts sont très sensibles aux prix des combustibles (biomasse
ou hydrogène) alors que d’autres dépendent presque exclusivement des coûts
d’investissement, exprimés en euros par kilowatt installé, mais dans ce cas avec
une double particularité.
Les coûts d’investissements sont rarement standardisables parce que modelés par
les caractéristiques des sites d’installation. Le coût du kilowatt installé en grande
hydraulique ou en géothermie sur de bons sites pourra ne pas dépasser 1000 euros ;
ceux du même kilowatt en petite hydraulique, solaire thermodynamique, éolien onshore ou offshore, se situer entre 1500 et 3000 euros, pour des raisons géologiques,
climatiques ou hydrologiques.
S’agissant en outre de sources d’énergie qui peuvent être diffuses et intermittentes, le passage du coût du kilowatt à celui du kilowattheure dépendra de facteurs
de charge (load factor) extrêmement variables puisque compris entre :
45 et 90% pour la géothermie conventionnelle,
35 et 70% pour la petite hydraulique,
35 et 50% pour la grande hydraulique sans réservoir,
20 et 35% pour le solaire thermodynamique,
20 et 30% pour l’éolien et la marémotrice,
8 et 20% pour le solaire photovoltaïque,
sauf investissements additionnels de stockage ou de couplage avec une source
complémentaire.
