27 - LES PRIX ET LES COÛTS DES SOURCES D’ÉNERGIE
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de 10 aux Etats-Unis (stripper wells). Dans tous ces coûts, les charges fixes (investissement) sont dominantes et peuvent atteindre 75% du total, avec comme principale conséquence d’inciter à une exploitation aussi proche que possible de la capacité maximum de production et à vendre à un prix qui pourra être inférieur au coût
moyen mais qui sera toujours supérieur au coût marginal de court terme, constamment décroissant (sauf recourt à des techniques de récupération secondaire et
tertiaire).
Au cours des dernières décennies, les coûts de production moyens du brut dans
le monde auraient dû s’élever au fur et à mesure qu’étaient mis en exploitation
des gisements de plus petite taille ou situés dans des régions plus difficiles, en
offshore notamment. Il n’en a rien été parce que les progrès techniques ont été
spectaculaires dans l’amont pétrolier. Les avancées des géosciences (utilisation
systématique de la sismique 3D), la maîtrise du forage très dévié, la simplification
des réseaux de collecte et bien d’autres ont abouti à une division par deux des coûts
moyens des gisements marginaux. De $13,9 par baril en 1990, ils sont tombés à
10,1 en 1994, puis 7,5 en 1998 et à peine plus de 6,0 en 2000 [4]. S’agissant des
pétroles non-conventionnels (offshore très profonds, huiles lourdes, sables asphaltiques), ces mêmes coûts sont passés de $24 en 1985 à $16 en 1995.
Pour être disponible sur les lieux de consommation, le brut doit être transporté et
raffiné. Le coût du transport dépend d’abord de la distance parcourue et du moyen
utilisé (navire pétrolier ou oléoduc). Dans les deux cas, cependant, les économies
d’échelle sont telles que les coûts réels n’ont cessé de diminuer dans le temps
avec la croissance de la taille des tankers (de 75 000 tonnes de port en lourd (tpl)
en moyenne à la fin des années 1950 à 350 000 et plus, 20 ans plus tard), et celle
du débit et du diamètre des pipes (de moins de 12’’ à plus de 36’’ 1 ). Résultat, sur
une distance type comme celle qui sépare le Moyen-Orient des ports de mer du
Nord, le coût du transport d’un baril de brut se situe entre $1 et 2 selon la taille du
navire et le prix du carburant. L’économie du raffinage est aussi très sensible aux
économies d’échelle mais elle est plus compliquée que celle du transport car elle
doit résoudre le difficile problème de l’imputation des coûts aux multiples produits
que l’on tire du pétrole brut. Son évolution a, en outre, été marquée par une complexification continue imposée, entre autres, par la sévérisation des normes techniques des carburants. Dans le temps, les coûts moyens de raffinage ont néanmoins
décrû pour se situer aujourd’hui entre $2 et 5 par tonne de brut.
Compte non tenu des coûts de raffinage qui ne l’affectent pas, la hiérarchie mondiale des coûts du brut, qui est fonction des volumes de production attendus à l’horizon 2015, pourrait avoir l’allure de la courbe d’offre représentée sur la figure 27.1.
A condition d’exploiter au maximum le brut du Moyen-Orient dont la production
annuelle s’approcherait des 3 Gt, la production mondiale pourrait satisfaire une
1 ’’ est le symbole pour inch ; 1 inch vaut 2,54 cm.
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