27 - LES PRIX ET LES COÛTS DES SOURCES D’ÉNERGIE
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sent d’aller plus loin en ajoutant un « user cost » ou coût marginal de substitution
des sources d’énergie non-renouvelables (cms). Aux yeux de l’analyse économique,
en effet, les ressources naturelles incorporées dans une matière première, énergétique ou autre, n’ont pas de valeur. Lorsqu’elles sont appelées à disparaître, il faudrait donc les valoriser à hauteur des dépenses qui permettront de les remplacer
un jour par une source inépuisable (nucléaire ou renouvelable). Un coût social véritablement complet de l’énergie (cse) devrait être composé de trois éléments :
cse = cmp + cme + cms
L’argument ne manque pas de pertinence, mais l’évaluation d’un tel coût se heurte
à des obstacles théoriques et méthodologiques. Dans ce qui suit, nous nous limiterons à l’évaluation des CMP, puis dans la dernière partie consacrée aux comparaisons entre sources d’énergie, nous introduirons les CME.
27.3. LES COÛTS DE PRODUCTION DES SOURCES FOSSILES
Pétrole, gaz naturel et charbon minéral entrent pour plus de 80% dans le bilan énergétique mondial dont ils satisfont la totalité des usages carburants, la plus grande
partie des usages chaleur directe (haute et basse température) et plus de 60% des
usages électricité. On comprend donc l’influence déterminante de leurs coûts de
production sur la configuration du système énergétique.
Ces coûts sont principalement influencés par les caractéristiques de l’exploitation
des ressources fossiles qui peuvent être très aisées (mines de charbon à ciel ouvert
ou gisements d’hydrocarbures hypergéants à faible profondeur, les uns et les autres
localisés à proximité d’une côte se prêtant à une évacuation maritime) ou très difficiles (mines souterraines grisouteuses à grande profondeur ou gisements d’hydrocarbures offshore dans une mer très agitée). On pourrait imaginer que l’exploitation
de toutes ces sources ait commencé par les moins coûteuses puis se soit progressivement étendue aux autres au fur et à mesure de l’épuisement des premières.
Pour deux raisons au moins, les choses ne se sont pas déroulées ainsi. Historiquement, alors que toutes les sources d’énergie fossiles étaient connues depuis le
néolithique, les techniques d’extraction, de traitement et de transport ont été maîtrisées pour les solides bien avant les liquides puis les gazeux. Géographiquement,
l’inégale répartition des uns et des autres sur la surface terrestre et les limites de
tous types aux échanges commerciaux ont contraint certains pays à des exploitations plus coûteuses que d’autres.
Entre sources fossiles et entre techniques de production des unes et des autres, la
structure des coûts de production (coûts fixes et variables) est très variable, mais
leur contenu diffère peu. On y trouve :
des investissements d’exploration, plus importants pour les hydrocarbures que
pour le charbon, parce qu’il faut recourir à des recherches géologiques et géo-
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