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Jean-Marie MARTIN-AMOUROUX
ou ceux de l’énergie en général par rapport aux biens d’équipement) sur les choix
énergétiques et le rôle que peut jouer le signal prix dans une politique de l’énergie.
Peut-on faire confiance à ces prix pour orienter les systèmes d’approvisionnement
sur le chemin de la stabilité (éviter les crises), de la qualité (limiter les pollutions) et
du moindre coût pour l’économie nationale ? On pourrait répondre par l’affirmative
si le système de prix était transparent pour tous les utilisateurs et reflétait parfaitement les coûts à long terme pour la collectivité. La réalité est malheureusement
différente, soit que le consommateur ne connaisse pas les prix de ses fournitures,
soit que ces derniers le renseignent mal, parce que flous ou brouillés par la construction des barèmes, l’arbitraire de la fiscalité ou l’imperfection des marchés. En
outre, sauf cas récent de tarification verte, l’achat d’un kilowattheure n’exprime
aucune préférence en faveur de sa génération par le nucléaire, l’hydraulique, le thermique charbon ou la turbine à gaz. Entre toutes ces filières, ce sont donc les producteurs qui vont faire des choix, sur la base des coûts de production qui ne sont
pas des prix, mais qui ne sont pas sans lien avec les prix.
Pour bien comprendre comment les prix et les coûts interviennent dans les choix
des sources d’énergie, et à travers eux sur l’évolution des techniques énergétiques,
il faut commencer par définir les deux notions et préciser les relations qui les lient.
On pourra ensuite étudier les coûts de l’énergie en quatre étapes :
les trois grandes sources fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon minéral) entrant
pour plus de 80% dans le bilan primaire du monde, bois de feu compris,
les carburants qui sont tirés des sources primaires par raffinage, distillation ou
gazéification,
les diverses filières électriques couvrant un large spectre, du thermique conventionnel au nucléaire et aux sources renouvelables,
l’introduction des coûts externes et les possibilités de comparaison.
27.2. D’INDISPENSABLES DÉFINITIONS
Dans le langage courant, prix et coûts sont souvent employés indifféremment
l’un pour l’autre, soit parce que les comptables ont pris l’habitude de parler de prix
de revient pour désigner des coûts constatés a posteriori, soit parce que le prix
demandé par un producteur est considéré comme un coût par un consommateur.
Les deux notions renvoient pourtant à des réalités bien différentes.
27.2.1. LES PRIX
La notion la plus évidente, parce que faisant normalement l’objet d’un affichage
ponctuel (spot), de tarifs ou de barèmes, est celle des prix. Ces derniers expriment
un rapport entre deux quantités de marchandises (bien ou service) proposées à
Jean-Marie MARTIN-AMOUROUX
ou ceux de l’énergie en général par rapport aux biens d’équipement) sur les choix
énergétiques et le rôle que peut jouer le signal prix dans une politique de l’énergie.
Peut-on faire confiance à ces prix pour orienter les systèmes d’approvisionnement
sur le chemin de la stabilité (éviter les crises), de la qualité (limiter les pollutions) et
du moindre coût pour l’économie nationale ? On pourrait répondre par l’affirmative
si le système de prix était transparent pour tous les utilisateurs et reflétait parfaitement les coûts à long terme pour la collectivité. La réalité est malheureusement
différente, soit que le consommateur ne connaisse pas les prix de ses fournitures,
soit que ces derniers le renseignent mal, parce que flous ou brouillés par la construction des barèmes, l’arbitraire de la fiscalité ou l’imperfection des marchés. En
outre, sauf cas récent de tarification verte, l’achat d’un kilowattheure n’exprime
aucune préférence en faveur de sa génération par le nucléaire, l’hydraulique, le thermique charbon ou la turbine à gaz. Entre toutes ces filières, ce sont donc les producteurs qui vont faire des choix, sur la base des coûts de production qui ne sont
pas des prix, mais qui ne sont pas sans lien avec les prix.
Pour bien comprendre comment les prix et les coûts interviennent dans les choix
des sources d’énergie, et à travers eux sur l’évolution des techniques énergétiques,
il faut commencer par définir les deux notions et préciser les relations qui les lient.
On pourra ensuite étudier les coûts de l’énergie en quatre étapes :
les trois grandes sources fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon minéral) entrant
pour plus de 80% dans le bilan primaire du monde, bois de feu compris,
les carburants qui sont tirés des sources primaires par raffinage, distillation ou
gazéification,
les diverses filières électriques couvrant un large spectre, du thermique conventionnel au nucléaire et aux sources renouvelables,
l’introduction des coûts externes et les possibilités de comparaison.
27.2. D’INDISPENSABLES DÉFINITIONS
Dans le langage courant, prix et coûts sont souvent employés indifféremment
l’un pour l’autre, soit parce que les comptables ont pris l’habitude de parler de prix
de revient pour désigner des coûts constatés a posteriori, soit parce que le prix
demandé par un producteur est considéré comme un coût par un consommateur.
Les deux notions renvoient pourtant à des réalités bien différentes.
27.2.1. LES PRIX
La notion la plus évidente, parce que faisant normalement l’objet d’un affichage
ponctuel (spot), de tarifs ou de barèmes, est celle des prix. Ces derniers expriment
un rapport entre deux quantités de marchandises (bien ou service) proposées à
