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Jean-Marie MARTIN-AMOUROUX
Tableau II - Energie et exergie utiles (Suisse, 1975)
Forme de l'énergie
Energie utile
Coef. (e)
Exergie utile
PJ
%
PJ
%
Chaleur
- dont 353 K (80°C)
- dont 573 K (300°C)
Travail
Chimie
Lumière
Total
273,6
191,5
82,1
64,1
12,6
0,7
351,0
77,9
18,3
3,6
0,2
100,0
0,115
0,318
1
1
1
48,1
22,0
26,1
64,1
12,6
0,7
125,5
38,3
51,1
10,0
0,6
100,0
Dans quelles proportions ? Nombre de débats sur la question souffrent d’une insuffisante définition du potentiel d’efficacité énergétique, c'est-à-dire de l’écart entre
la consommation finale actuelle et celle qui permettrait de rendre le même service
par la mise en œuvre de techniques d’utilisation différentes. Cet écart est en effet
très variable selon l’horizon temporel et les conditions économiques de changement des techniques que l’on adopte. En allant des plus aux moins contraignantes,
on distinguera [4] :
le potentiel théorique qui inclut tous les progrès d’efficacité de conversion en
énergie utile autorisés par les lois de la thermodynamique, la récupération de
toutes les pertes et la réutilisation de tous les déchets, la mise en œuvre des
conditions d’utilisation les plus performantes sous l’angle de la consommation
d’énergie ;
le potentiel technique qui ne retient dans le potentiel théorique que les solutions
relevant de technologies d’ores et déjà capables de remplacer celles qui sont en
place, sans limitation tenant à des coûts éventuellement plus élevés ;
le potentiel économique qui sélectionne parmi ces dernières celles jugées compétitives sur la base des coûts sociaux des sources d’énergie finales, c'est-à-dire
après internalisation des coûts externes qui peuvent leur être imputés (dommages provoqués par les pollutions, effets climatiques possibles) ;
le potentiel commercial, enfin, qui est inférieur au potentiel économique, non seulement parce que les prix du marché ne reflètent pas les coûts sociaux, mais
aussi parce que des imperfections (information imparfaite, aversion au risque,
dissociation propriétaire/utilisateur) font que nombre d’utilisateurs ne choisissent
pas les techniques d’utilisation économiquement les plus efficaces.
Dans ce qui suit, les évaluations se réfèreront toujours au potentiel commercial sur
la base des prix de l’énergie prévalant au milieu de la décennie 1990. Elles représentent donc des minima que pourraient relever des politiques de vérité des prix
de l’énergie (surtout dans les pays qui en sont les plus éloignés) et d’aide à l’utilisation rationnelle de l’énergie.
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