26 - L'ÉCONOMIE DE L'ÉNERGIE
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26.2. L'OFFRE ET SES DÉTERMINANTS
A rythme d'exploitation inchangé et dans les conditions techniques et économiques
d’aujourd’hui, les réserves prouvées de pétrole (environ 1000 milliards de barils ou
140 milliards de tonnes) correspondent à une quarantaine d'années de production,
à plus d'une soixantaine pour le gaz naturel, à plus de deux siècles pour le charbon,
et de 60 à 120 ans (suivant les hypothèses de prix) pour l’uranium.
26.2.1. L’ESTIMATION DES RÉSERVES DE PÉTROLE
La question des réserves restant à découvrir, très controversée, revêt une importance particulière pour le pétrole, compte tenu du niveau (relativement bas) des
réserves prouvées, et de la dépendance des économies contemporaines à la disponibilité et, dans une moindre mesure, aux prix des produits pétroliers.
Les « pessimistes » observent que le renouvellement des réserves des dernières
décennies est dû essentiellement à des réévaluations de découvertes anciennes,
effectuées dans certains cas de façon arbitraire pour des raisons politiques, parce
qu'utilisées au sein de l'OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) pour
définir des quotas de production. Le nombre et le volume des nouvelles découvertes est par contre en forte diminution. Par extrapolation, ils estiment que la pointe
de production de pétrole conventionnel (celui qui peut être produit avec des techniques classiques) se situera entre les années 2005 et 2010.
Les organismes officiels (l'United States Geological Survey, l'Agence Internationale de l'Energie) estiment que les réserves restant à découvrir sont du même
ordre de grandeur que les réserves prouvées.
Les « optimistes », de leur côté, constatent que dans le passé les craintes d'épuisement comme celles concernant le charbon au XIX
e siècle n'ont jamais été justifiées,
que le ratio réserves/production au niveau mondial a toujours oscillé entre une
vingtaine et une quarantaine d'années. Enfin et surtout, l’évolution des techniques
(sismique 3D, forage horizontal...) permet de trouver des gisements plus difficiles
à découvrir et conduit à des améliorations sensibles des taux de récupération. Le
maximum de production de pétrole conventionnel pourrait alors être repoussé audelà des années 2030 (il se situerait vers 2020 avec les valeurs de l'USGS, en supposant inchangés les taux de récupération).
Quoi qu'il en soit, pour pouvoir répondre à la demande, il faudra vraisemblablement
faire appel aux sources de pétrole « non-conventionnel » dès les premières
décennies du XXI
e siècle. Remarquons que la frontière entre « conventionnel » et
« non-conventionnel » devient, grâce au progrès technique, moins marquée. Le
problème de la tranche d’eau en offshore profond est résolu au moyen de techniques en constante amélioration. La différence entre coûts de production en mer et
à terre diminue. Les huiles extra-lourdes de l'Orénoque au Venezuela étaient jus-
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26.2. L'OFFRE ET SES DÉTERMINANTS
A rythme d'exploitation inchangé et dans les conditions techniques et économiques
d’aujourd’hui, les réserves prouvées de pétrole (environ 1000 milliards de barils ou
140 milliards de tonnes) correspondent à une quarantaine d'années de production,
à plus d'une soixantaine pour le gaz naturel, à plus de deux siècles pour le charbon,
et de 60 à 120 ans (suivant les hypothèses de prix) pour l’uranium.
26.2.1. L’ESTIMATION DES RÉSERVES DE PÉTROLE
La question des réserves restant à découvrir, très controversée, revêt une importance particulière pour le pétrole, compte tenu du niveau (relativement bas) des
réserves prouvées, et de la dépendance des économies contemporaines à la disponibilité et, dans une moindre mesure, aux prix des produits pétroliers.
Les « pessimistes » observent que le renouvellement des réserves des dernières
décennies est dû essentiellement à des réévaluations de découvertes anciennes,
effectuées dans certains cas de façon arbitraire pour des raisons politiques, parce
qu'utilisées au sein de l'OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) pour
définir des quotas de production. Le nombre et le volume des nouvelles découvertes est par contre en forte diminution. Par extrapolation, ils estiment que la pointe
de production de pétrole conventionnel (celui qui peut être produit avec des techniques classiques) se situera entre les années 2005 et 2010.
Les organismes officiels (l'United States Geological Survey, l'Agence Internationale de l'Energie) estiment que les réserves restant à découvrir sont du même
ordre de grandeur que les réserves prouvées.
Les « optimistes », de leur côté, constatent que dans le passé les craintes d'épuisement comme celles concernant le charbon au XIX
e siècle n'ont jamais été justifiées,
que le ratio réserves/production au niveau mondial a toujours oscillé entre une
vingtaine et une quarantaine d'années. Enfin et surtout, l’évolution des techniques
(sismique 3D, forage horizontal...) permet de trouver des gisements plus difficiles
à découvrir et conduit à des améliorations sensibles des taux de récupération. Le
maximum de production de pétrole conventionnel pourrait alors être repoussé audelà des années 2030 (il se situerait vers 2020 avec les valeurs de l'USGS, en supposant inchangés les taux de récupération).
Quoi qu'il en soit, pour pouvoir répondre à la demande, il faudra vraisemblablement
faire appel aux sources de pétrole « non-conventionnel » dès les premières
décennies du XXI
e siècle. Remarquons que la frontière entre « conventionnel » et
« non-conventionnel » devient, grâce au progrès technique, moins marquée. Le
problème de la tranche d’eau en offshore profond est résolu au moyen de techniques en constante amélioration. La différence entre coûts de production en mer et
à terre diminue. Les huiles extra-lourdes de l'Orénoque au Venezuela étaient jus-
