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Denis BABUSIAUX
9,2 Gtep (milliards de tonnes équivalent pétrole) contre 4,4 en 1970 et de l'ordre
de 3 en 1960, la part du pétrole étant de 39%, du gaz 23%, du charbon 26%, de
l'électricité nucléaire 7%, hydraulique 3%. A ceci il convient d'ajouter l'énergie noncommercialisée (bois de feu essentiellement) estimée à 1 Gtep environ.
Les principaux déterminants de la demande d'énergie sont l'évolution démographique et le développement économique. C'est ainsi que la consommation par
habitant varie de 0,3 tep en Afrique à 6,3 en Amérique du Nord, elle est de 3,1 en
Europe, la moyenne mondiale se situant à 1,4.
Dans les pays en phase de développement industriel, l’élasticité 2 des consommations d'énergie au PIB est voisine de 1, parfois supérieure. Dans les pays industrialisés, l'élasticité (globale) est par contre inférieure à 1 (de l'ordre de 0,85 à 0,9)
pour différentes raisons, dont la part croissance dans le PIB des activités tertiaires
faiblement consommatrices et le progrès technique permettant de meilleurs rendements. Quant à l'élasticité aux prix, elle est très faible à court terme (de l'ordre de
– 0,1), les consommations étant fortement dépendantes des équipements. Ce n'est
pas le cas à long terme : les hausses de prix liées aux deux chocs pétroliers, associées à des politiques de maîtrise de l'énergie, ont entraîné des investissements
en équipements permettant des économies d'énergie. L'intensité énergétique
(ratio de la consommation d'énergie au PIB) a ainsi diminué entre 1973 et 1995 de
30% environ.
Une analyse plus détaillée des évolutions des consommations énergétiques passe
nécessairement par des études usage par usage ou par type de services (l’AIE en
distingue quatre), et/ou des études sectorielles. Ces dernières prennent en compte
à la fois les modifications de la part de chaque secteur dans le PIB (baisse de la part
de l’industrie) et celles de leur contenu en énergie. Les principales variables exogènes des modèles économétriques utilisés en prévision, plus ou moins détaillés,
sont généralement relatives à la croissance économique et aux prix. Pour le long
terme, une approche complémentaire peut être donnée par les modèles technicoéconomiques du type MEDEE, reposant sur une description analytique détaillée de
l’évolution des besoins en énergie utile et donc des consommations spécifiques
par usage et par type d’équipement.
La part des consommations du secteur transport est en forte croissance et la poursuite de cette augmentation paraît inéluctable pour les deux premières décennies
du XXI
e siècle, à moins que ne soient menées des politiques très volontaristes pour
réduire les émissions de gaz à effet de serre.
2 Cette élasticité est définie, pour de petites variations, comme le rapport de la variation relative des
consommations C à la variation relative du Produit Intérieur Brut B :
Δ
Δ
C
C
B
B
×
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