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Jean-Marie MARTIN-AMOUROUX
faction des besoins en services énergétiques. Les chaînes peuvent être très courtes (paysanne africaine qui assure la cuisson de ses aliments à l’aide du bois de
feu qu’elle a collecté autour de son village) ou très longues (européen s’éclairant
avec une électricité issue de centrales nucléaires ou de turbines à gaz alimentées
par des ressources sahariennes ou sibériennes). Le tableau I décrit les principales
étapes d’une chaîne énergétique type dans les économies industrialisées.
3.1.1. DE LA CONSOMMATION PRIMAIRE À LA CONSOMMATION FINALE
La consommation primaire correspond à la somme des sources d’énergie à l’état
brut (bois, charbon, pétrole ou gaz à la tête du puit), avant transformation physique
(raffinage pétrolier ou liquéfaction du gaz) et éventuelle conversion en électricité
dans une centrale thermique conventionnelle. Une totale cohérence voudrait que
l’on inscrive ici l’uranium des centrales nucléaires, la chaleur géothermique captée,
la force des cours d’eau ou du vent convertie en électricité : les limites des méthodes de comptabilité énergétique ont conduit à remplacer ces sources d’énergie
par les kilowattheures qu’elles fournissent, mesurés aux bornes des centrales. On
parle à leur propos d’électricité primaire, par opposition à celle, secondaire, issue
de la combustion des énergies fossiles ou de la biomasse. Toutes ces sources
d’énergie primaire sont comptabilisées en unités spécifiques (tonnes, m
3
, stères,
kWh et ses multiples), avant d’être additionnées sur la base de leur pouvoir calorifique. Les conventions auxquelles l’on recourt pour la biomasse et les sources
fossiles sont discutables, mais relativement simples : l’énergie de chaque source
est mesurée par la chaleur de combustion qu’elle dégage à une température de
flamme conventionnelle de 2200° K : sur cette base, « une calorie vaut toujours
une calorie, quelle que soit sa température » [1]. Cette convention s’applique aussi
à l’électricité dite primaire lorsqu’on l’additionne aux autres sources sur la base de
la chaleur que dégage 1 kWh dans une résistance, soit 860 kcal. La recherche d’une
équivalence thermique de l’électricité se complique lorsqu’on préfère l’établir sur la
base de la chaleur nécessaire à produire ce même kilowattheure dans une installation thermique de référence (2150 kcal pci), peu utilisable dans la reconstitution de
séries statistiques longues, car les rendements chaleur-électricité ont beaucoup
augmenté au cours du temps, cette seconde équivalence exprime cependant mieux
que la première le poids effectif de l’électricité dans les bilans énergétiques actuels
et l’intérêt de la substituer aux sources fossiles dans un certain nombre d’usages.
Les ressources utilisées à l’état brut sont de plus en plus rares. La plupart sont au
minimum lavées et calibrées (charbons), désulfurées voire liquéfiées (gaz naturel),
carbonisées (bois), gazéifiées (biomasse humide), raffinées (pétrole brut). Une partie des volumes issus de ces transformations physiques, chimiques ou biochimiques, est en outre convertie en électricité dans des centrales thermiques conventionnelles. Les sources d’énergie qui en sortent sont dites secondaires. Leur pouvoir calorifique ne représente plus, en moyenne, que 75% de celui des sources
primaires, car transformations et conversions occasionnent des pertes. En contre-
Jean-Marie MARTIN-AMOUROUX
faction des besoins en services énergétiques. Les chaînes peuvent être très courtes (paysanne africaine qui assure la cuisson de ses aliments à l’aide du bois de
feu qu’elle a collecté autour de son village) ou très longues (européen s’éclairant
avec une électricité issue de centrales nucléaires ou de turbines à gaz alimentées
par des ressources sahariennes ou sibériennes). Le tableau I décrit les principales
étapes d’une chaîne énergétique type dans les économies industrialisées.
3.1.1. DE LA CONSOMMATION PRIMAIRE À LA CONSOMMATION FINALE
La consommation primaire correspond à la somme des sources d’énergie à l’état
brut (bois, charbon, pétrole ou gaz à la tête du puit), avant transformation physique
(raffinage pétrolier ou liquéfaction du gaz) et éventuelle conversion en électricité
dans une centrale thermique conventionnelle. Une totale cohérence voudrait que
l’on inscrive ici l’uranium des centrales nucléaires, la chaleur géothermique captée,
la force des cours d’eau ou du vent convertie en électricité : les limites des méthodes de comptabilité énergétique ont conduit à remplacer ces sources d’énergie
par les kilowattheures qu’elles fournissent, mesurés aux bornes des centrales. On
parle à leur propos d’électricité primaire, par opposition à celle, secondaire, issue
de la combustion des énergies fossiles ou de la biomasse. Toutes ces sources
d’énergie primaire sont comptabilisées en unités spécifiques (tonnes, m
3
, stères,
kWh et ses multiples), avant d’être additionnées sur la base de leur pouvoir calorifique. Les conventions auxquelles l’on recourt pour la biomasse et les sources
fossiles sont discutables, mais relativement simples : l’énergie de chaque source
est mesurée par la chaleur de combustion qu’elle dégage à une température de
flamme conventionnelle de 2200° K : sur cette base, « une calorie vaut toujours
une calorie, quelle que soit sa température » [1]. Cette convention s’applique aussi
à l’électricité dite primaire lorsqu’on l’additionne aux autres sources sur la base de
la chaleur que dégage 1 kWh dans une résistance, soit 860 kcal. La recherche d’une
équivalence thermique de l’électricité se complique lorsqu’on préfère l’établir sur la
base de la chaleur nécessaire à produire ce même kilowattheure dans une installation thermique de référence (2150 kcal pci), peu utilisable dans la reconstitution de
séries statistiques longues, car les rendements chaleur-électricité ont beaucoup
augmenté au cours du temps, cette seconde équivalence exprime cependant mieux
que la première le poids effectif de l’électricité dans les bilans énergétiques actuels
et l’intérêt de la substituer aux sources fossiles dans un certain nombre d’usages.
Les ressources utilisées à l’état brut sont de plus en plus rares. La plupart sont au
minimum lavées et calibrées (charbons), désulfurées voire liquéfiées (gaz naturel),
carbonisées (bois), gazéifiées (biomasse humide), raffinées (pétrole brut). Une partie des volumes issus de ces transformations physiques, chimiques ou biochimiques, est en outre convertie en électricité dans des centrales thermiques conventionnelles. Les sources d’énergie qui en sortent sont dites secondaires. Leur pouvoir calorifique ne représente plus, en moyenne, que 75% de celui des sources
primaires, car transformations et conversions occasionnent des pertes. En contre-
