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Roland MASSE
soit contaminé par l’iode radioactif. La distribution d’iode stable a été généralisée en
Pologne, voisine de la Biélorussie, contribuant efficacement à la protection de la thyroïde chez l’enfant. Les millions de doses délivrées n’ont pas eu de conséquences
iatrogènes regrettables.
Il n’a pas été observé d’augmentation des autres types de cancers dans aucun
des groupes exposés ; en particulier il n’a pas été observé actuellement d’augmentation statistiquement significative des leucémies, ni chez les enfants, ni chez les
liquidateurs. Une fréquence plus élevée de leucémies dans un groupe de liquidateurs laisse prévoir néanmoins une augmentation décelable dans le futur [2].
Compte tenu des doses reçues par l’ensemble de la population, aucune augmentation globale des cancers ne devrait être décelée, en dehors des cancers de la thyroïde dont l’excès continue de se manifester 15 ans après l’exposition, en particulier
dans les classes d’âge les plus jeunes au moment de l’accident.
L’existence d’un registre en Biélorussie a permis de suivre l’évolution des malformations après avortement légal. Ces malformations dans leur ensemble résultent
d’anomalies héréditaires et de troubles du développement de l’embryon. Il a été
observé une augmentation significative des polydactylies, des anomalies des extrémités et des anomalies congénitales multiples dans les régions contaminées à plus
de 15 Ci/km
2 (plus de 4 mSv/an) après 1986. Une augmentation d’autres anomalies
a été observée ailleurs, sans relation avec l’exposition aux rayonnements. La désorganisation de l'économie locale et du mode de vie, les carences alimentaires, l’exposition à d’autres toxiques dans l’environnement sont des facteurs à prendre en
considération pour établir une relation causale [2, annexe J]. Ce problème fait l’objet
d’une investigation particulière dans le cadre d’une coopération internationale [27].
Après examen critique de l’ensemble des données scientifiques acquises dans les
pays d’Europe touchés par le panache de Tchernobyl, le rapport 2000 de l’UNSCEAR
conclut qu’aucune augmentation des cancers et affections congénitales n’est perceptible en dehors des régions de Biélorussie, d’Ukraine et de Russie.
AUTRES CONSÉQUENCES SANITAIRES
Un très grand nombre de pathologies non-spécifiques – asthénie, anémie, infections diverses, troubles cardio-vasculaires, pathologies digestives, troubles de la
reproduction, troubles du comportement – ont été attribués à l’exposition aux rayonnements dans les pays de l’ex-URSS touchés par Tchernobyl. Dans leur très grande
majorité ces symptômes sont retrouvés dans les situations de détresse sociale
sans exposition aux rayonnements. Dans le cas des populations de la région, il
n’existe pas en particulier de relation entre le niveau d’exposition et la manifestation de ces symptômes, l’hypothèse largement prévalente est donc d’en attribuer
la cause au stress et la désorganisation économique et sanitaire et à la perturbation du mode de vie. La situation créée chez les évacués est en ce sens particulièrement démonstrative de la prudence avec laquelle il est nécessaire d’envisager
les mesures d’évacuation [27].
Roland MASSE
soit contaminé par l’iode radioactif. La distribution d’iode stable a été généralisée en
Pologne, voisine de la Biélorussie, contribuant efficacement à la protection de la thyroïde chez l’enfant. Les millions de doses délivrées n’ont pas eu de conséquences
iatrogènes regrettables.
Il n’a pas été observé d’augmentation des autres types de cancers dans aucun
des groupes exposés ; en particulier il n’a pas été observé actuellement d’augmentation statistiquement significative des leucémies, ni chez les enfants, ni chez les
liquidateurs. Une fréquence plus élevée de leucémies dans un groupe de liquidateurs laisse prévoir néanmoins une augmentation décelable dans le futur [2].
Compte tenu des doses reçues par l’ensemble de la population, aucune augmentation globale des cancers ne devrait être décelée, en dehors des cancers de la thyroïde dont l’excès continue de se manifester 15 ans après l’exposition, en particulier
dans les classes d’âge les plus jeunes au moment de l’accident.
L’existence d’un registre en Biélorussie a permis de suivre l’évolution des malformations après avortement légal. Ces malformations dans leur ensemble résultent
d’anomalies héréditaires et de troubles du développement de l’embryon. Il a été
observé une augmentation significative des polydactylies, des anomalies des extrémités et des anomalies congénitales multiples dans les régions contaminées à plus
de 15 Ci/km
2 (plus de 4 mSv/an) après 1986. Une augmentation d’autres anomalies
a été observée ailleurs, sans relation avec l’exposition aux rayonnements. La désorganisation de l'économie locale et du mode de vie, les carences alimentaires, l’exposition à d’autres toxiques dans l’environnement sont des facteurs à prendre en
considération pour établir une relation causale [2, annexe J]. Ce problème fait l’objet
d’une investigation particulière dans le cadre d’une coopération internationale [27].
Après examen critique de l’ensemble des données scientifiques acquises dans les
pays d’Europe touchés par le panache de Tchernobyl, le rapport 2000 de l’UNSCEAR
conclut qu’aucune augmentation des cancers et affections congénitales n’est perceptible en dehors des régions de Biélorussie, d’Ukraine et de Russie.
AUTRES CONSÉQUENCES SANITAIRES
Un très grand nombre de pathologies non-spécifiques – asthénie, anémie, infections diverses, troubles cardio-vasculaires, pathologies digestives, troubles de la
reproduction, troubles du comportement – ont été attribués à l’exposition aux rayonnements dans les pays de l’ex-URSS touchés par Tchernobyl. Dans leur très grande
majorité ces symptômes sont retrouvés dans les situations de détresse sociale
sans exposition aux rayonnements. Dans le cas des populations de la région, il
n’existe pas en particulier de relation entre le niveau d’exposition et la manifestation de ces symptômes, l’hypothèse largement prévalente est donc d’en attribuer
la cause au stress et la désorganisation économique et sanitaire et à la perturbation du mode de vie. La situation créée chez les évacués est en ce sens particulièrement démonstrative de la prudence avec laquelle il est nécessaire d’envisager
les mesures d’évacuation [27].
