22 - LES EFFETS SANITAIRES DES RADIATIONS
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Les accidents en dehors de la sphère nucléaire ne sont pas rares et quelquefois
difficiles à diagnostiquer. Dans le cas de l’accident en Estonie, la mort du patient
avait été attribuée à une complication de traumatisme jusqu’à ce qu’un jeune de
14 ans qui l’accompagnait développe le syndrome d’irradiation qui permit de faire
le diagnostic a posteriori.
Certains de ces accidents n’ont pas eu de conséquences dramatiques et n’ont été
révélés que tardivement. Ce fut le cas de l’accident de Juarez, au Mexique, où la
perte d’une source de
60 Co de 15,6 TBq en 1983 et son recyclage dans une fonderie
a contribué à exposer près de 8000 personnes, dont 8 à des doses comprises entre
1000 et 8000 mSv. Un scénario voisin fut mis en évidence à Taiwan où près de
10 000 résidents sont exposés dans leurs appartements, depuis 1983, aux rayonnements du
60 Co, près de 1000 d’entre eux à une dose moyenne de 525 mSv/an. Il ne
semble pas exister de problèmes médicaux et sanitaires dans cette population [24].
D’autres situations d’exposition chronique font l’objet d’investigations spécifiques,
et en particulier les populations exposées dans l’Oural aux déchets du programme
militaire de l’URSS déversés librement dans la rivière Techa de 1949 à 1956 (voir
note 9). L’ensemble des sites contaminés par l’industrie ou par les essais nucléaires
est présenté dans l’annexe C du rapport UNSCEAR 2000 [2].
22.4.2. ACCIDENTS ET MALADIES PROFESSIONNELLES
Les accidents du secteur nucléaire proprement dits comportent des accidents du
travail et des accidents impliquant l’environnement.
Parmi les accidents du travail dans le secteur nucléaire, les plus graves sont les
accidents de criticité qui témoignent de la réalisation imprévue d’une masse de
matière fissile, apte à déclencher une réaction en chaîne au cours de la préparation
des combustibles ou des armes. La réaction en chaîne est violente, les expositions
sont aiguës, elles comportent une exposition aux neutrons de fission particulièrement dangereux et le niveau d’exposition est en général élevé, de l’ordre de plusieurs milliers de milligrays. Les accidents les plus fréquents sont des accidents de
contamination, notamment par blessure, ils nécessitent un traitement approprié
mais n’ont pas eu en général de conséquences graves.
Dans le secteur non-nucléaire les accidents graves les plus fréquents sont en général dus à l’intrusion dans les chambres d’irradiation, alors que les sources sont sorties, ou à l’expulsion accidentelle de sources médicales 21 ou industrielles. Quelques
accidents dits de cathode froide avec émission de flux d’électrons peu pénétrants
21 En France, l’accident de Saintes en 1981 a conduit à l’amputation de la main chez deux techniciens
de radiothérapie, suite à la chute d’une source de
60
Co au moment de son chargement.
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