22 - LES EFFETS SANITAIRES DES RADIATIONS
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considérable. La nature des dommages créés dans l’ADN influence leur réparabilité.
Une distinction simple peut être proposée selon que les enzymes de réparation
peuvent ou non bénéficier de la complémentarité offerte par le brin d’ADN nonlésé 16 . Dans le cas des lésions par rupture double brin et dans le cas des lésions
complexes cette possibilité n’existe pas, conduisant au travers de plusieurs étapes
enzymatiques à des erreurs ou à la perte d’information génétique.
Certaines erreurs sont directement visibles par la coloration des chromosomes.
Les aberrations chromosomiques dicentriques sont l’un des témoins précoces des
lésions de l’ADN dues à l’irradiation. Il existe une relation quantifiée bien connue
entre le niveau d’exposition et la fréquence des aberrations chromosomiques des
lymphocytes circulants. En pratique, cette relation peut être utilisée pour la reconstruction dosimétrique des patients exposés dans la plage de doses supérieures à
100 mGy, mais pas pour les faibles doses où le résultat dépend en priorité de l’équilibre RedOx, propre au donneur [14]. Enfin, bien que le spectre moléculaire des
mutations radio-induites soit quelque peu différent de celui des mutations spontanées, il n’y a pas de signature permettant de reconnaître l’origine radio-induite des
mutations. On constate cependant que certaines mutations ne sont que très rarement directement induites par irradiation. Leur présence signale un mécanisme
d’acquisition particulier.
LES LÉSIONS MAL RÉPARÉES PROVOQUENT DES MUTATIONS
Les lésions mal réparées provoquent des mutations, certains gènes ont une importance particulière : oncogènes et gènes suppresseurs. Les modifications atteignant
les gènes directement impliqués dans la cancérisation des tissus sont considérées
comme particulièrement significatives. Ces gènes sont soit des oncogènes dont
l’activation dérègle le contrôle de la prolifération cellulaire, soit des gènes dits suppresseurs dont la perte conduit à la déstabilisation du génome et à l’activation des
oncogènes.
Bien que les oncogènes soient très fréquemment l’objet de mutations dans les cancers humains, leur activation directe par irradiation est un phénomène très peu fréquent. Un seul de ces gènes activé (la majorité des gènes est en double exemplaire) suffit pour démarrer le processus de prolifération, le caractère est dominant,
les tumeurs qui en résultent ont un temps de latence court et il est vraisemblable
que la faible latence des leucémies radio-induites et des cancers de la thyroïde de
l’enfant est le résultat d’activation précoce d’oncogènes.
La majorité des cancers radio-induits a cependant un temps de latence long et ceci
s’accorde mieux avec un rôle potentiel majeur imputable aux lésions affectant les
gènes suppresseurs de tumeurs, car la perte fonctionnelle de ces gènes requiert
l’inactivation des deux copies génétiques, le caractère est récessif. Une autre raison
16 Voir note 15.
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