22 - LES EFFETS SANITAIRES DES RADIATIONS
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il n’est pas démontré que la réparation des lésions soit différente à faible dose de
ce qu’elle est à forte dose et, même si c’est le cas, il reste toujours une fraction
de ces lésions qui sera mal réparée ;
il est possible de détecter des mutations radio-induites pour des doses de l’ordre
du millisievert ;
les masses tumorales sont des clones de cellules mutées, ce qui indique qu’une
seule cellule est à l’origine du cancer ;
la relation dose-effet chez les survivants de Hiroshima, pour l’ensemble des cancers, obéit à une loi linéaire et, dit l’UNSCEAR [2, annexe G] mais sans justification, c’est aussi le cas des tumeurs expérimentales.
Ces arguments ont une pertinence variable selon leur motivation.
Malgré les incertitudes dosimétriques qui mettent en question la linéarité de la relation dose-effet à Hiroshima [10], on peut très bien admettre le principe de linéarité 12 ,
par exemple si la motivation est la gestion des doses dans une gamme d’exposition où les effets sur la santé sont avérés. En première approximation c’est la
gamme où se situent potentiellement les expositions professionnelles et c’est là
où la réglementation a prouvé son efficacité.
Par contre, de très nombreuses relations non-linéaires pour l’induction des cancers
chez l’homme [9], et le fait que la majorité des études expérimentales montre qu’il y
a statistiquement moins de tumeurs à faible dose que chez les témoins [11], s’opposent à la généralisation du principe de linéarité, notamment lorsqu’il s’agit de prévoir
des effets dans une plage d’exposition où l’épidémiologie est muette et la prévention sans effet attendu 13 .
Le contrôle exercé par le tissu sur le développement des tumeurs est en effet l’un
des éléments essentiels du phénomène de cancérisation : on savait depuis BURNS
que les cellules non-irradiées d’un tissu exercent un contrôle sur les cellules irradiées
potentiellement tumorales [12] ; il vient également d’être établi par BARCELLOS-HOFF
que les tissus irradiés conduisent au cancer des cellules normales non-irradiées [13] 14 .
Le phénomène de cancérisation ne peut donc se réduire à un événement modélisable par une théorie balistique simple, c’est le résultat d’une succession d’événe12 L’intérêt évident est la facilité que donne cette hypothèse pour le cumul des doses.
13 On peut invoquer à ce stade le principe de précaution pour une gestion politique d’un risque incertain mais perçu comme sérieux. Ce choix prend le risque de contredire la logique du phénomène biologique et devrait être entièrement assumé au niveau politique, y compris dans ses conséquences
sanitaires néfastes pour la société, compte tenu de la limitation des ressources.
14 Les expériences sont les suivantes. 1 - Une peau de rat irradiée de manière homogène à forte dose
développe des foyers de cancer. Si on interpose entre le rayonnement et la peau une grille qui laisse
des zones de 1 mm de côté non-irradiées, les foyers n’apparaissent pas, quel que soit le nombre total
de cellules irradiées à la même dose. 2 - Si on introduit dans une mamelle de rat irradiée des cellules de tissu mammaire cultivées et non-irradiées, on observe que les cellules non-irradiées développent des foyers de cancer mammaire.
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il n’est pas démontré que la réparation des lésions soit différente à faible dose de
ce qu’elle est à forte dose et, même si c’est le cas, il reste toujours une fraction
de ces lésions qui sera mal réparée ;
il est possible de détecter des mutations radio-induites pour des doses de l’ordre
du millisievert ;
les masses tumorales sont des clones de cellules mutées, ce qui indique qu’une
seule cellule est à l’origine du cancer ;
la relation dose-effet chez les survivants de Hiroshima, pour l’ensemble des cancers, obéit à une loi linéaire et, dit l’UNSCEAR [2, annexe G] mais sans justification, c’est aussi le cas des tumeurs expérimentales.
Ces arguments ont une pertinence variable selon leur motivation.
Malgré les incertitudes dosimétriques qui mettent en question la linéarité de la relation dose-effet à Hiroshima [10], on peut très bien admettre le principe de linéarité 12 ,
par exemple si la motivation est la gestion des doses dans une gamme d’exposition où les effets sur la santé sont avérés. En première approximation c’est la
gamme où se situent potentiellement les expositions professionnelles et c’est là
où la réglementation a prouvé son efficacité.
Par contre, de très nombreuses relations non-linéaires pour l’induction des cancers
chez l’homme [9], et le fait que la majorité des études expérimentales montre qu’il y
a statistiquement moins de tumeurs à faible dose que chez les témoins [11], s’opposent à la généralisation du principe de linéarité, notamment lorsqu’il s’agit de prévoir
des effets dans une plage d’exposition où l’épidémiologie est muette et la prévention sans effet attendu 13 .
Le contrôle exercé par le tissu sur le développement des tumeurs est en effet l’un
des éléments essentiels du phénomène de cancérisation : on savait depuis BURNS
que les cellules non-irradiées d’un tissu exercent un contrôle sur les cellules irradiées
potentiellement tumorales [12] ; il vient également d’être établi par BARCELLOS-HOFF
que les tissus irradiés conduisent au cancer des cellules normales non-irradiées [13] 14 .
Le phénomène de cancérisation ne peut donc se réduire à un événement modélisable par une théorie balistique simple, c’est le résultat d’une succession d’événe12 L’intérêt évident est la facilité que donne cette hypothèse pour le cumul des doses.
13 On peut invoquer à ce stade le principe de précaution pour une gestion politique d’un risque incertain mais perçu comme sérieux. Ce choix prend le risque de contredire la logique du phénomène biologique et devrait être entièrement assumé au niveau politique, y compris dans ses conséquences
sanitaires néfastes pour la société, compte tenu de la limitation des ressources.
14 Les expériences sont les suivantes. 1 - Une peau de rat irradiée de manière homogène à forte dose
développe des foyers de cancer. Si on interpose entre le rayonnement et la peau une grille qui laisse
des zones de 1 mm de côté non-irradiées, les foyers n’apparaissent pas, quel que soit le nombre total
de cellules irradiées à la même dose. 2 - Si on introduit dans une mamelle de rat irradiée des cellules de tissu mammaire cultivées et non-irradiées, on observe que les cellules non-irradiées développent des foyers de cancer mammaire.
