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Roland MASSE
tions et des conséquences immédiates de doses massives. Certaines lésions sont
néanmoins d’apparition tardive comme les cataractes (au-delà de 2000 mSv) ou les
atrophies de muqueuses (au-delà de 50 000 mSv). Ce phénomène traduit l’épuisement progressif des cellules de réserve, en nombre restreint, qui régénèrent certains tissus particulièrement soumis au vieillissement (les cellules épithéliales du
cristallin, en particulier, sont soumises en permanence aux rayons solaires).
Bien que les lésions létales cellulaires soient une conséquence aléatoire de l’irradiation, les effets pathologiques n’en résultent que lorsqu’une quantité importante de
cellules est détruite. Ces effets, que l’on qualifie de déterministes, n’existent donc
pas pour des doses faibles, inférieures à 100 mSv. Parmi les tissus les plus sensibles, ceux de l’embryon se distinguent, en particulier le tissu nerveux, des troubles
du développement ayant été notés chez l’homme à partir de 200 mSv délivrés à
fort débit, au cours de la vie fœtale, entre la 8
e et la 15
e semaine 7 .
En résumé, les conséquences médicales d’une irradiation du corps entier résultent
de la destruction de cellules et des réactions inflammatoires qu’elle provoque. Les
organes les plus sensibles sont les tissus qui se divisent activement. L’embryon
est particulièrement sensible, dès 200 mSv pour les effets sur le développement
du cerveau. Les fonctions de reproduction sont atteintes de manière durable chez
l’homme dès 2000 mSv ; la sensibilité de l’ovaire est moindre, les ovocytes ne se
divisant pas après la vie fœtale. Chez l’adulte l’atteinte de la moelle osseuse aboutit à la disparition des cellules du sang, d’abord des cellules blanches qui assurent
la coagulation et l’immunité – des doses de moins de 4000 mSv à fort débit sont
susceptibles de conduire à la mort en l’absence de traitement approprié –, puis des
globules rouges dont la durée de vie est de l’ordre du mois. Les doses de 6000 à
10 000 mSv entraînent en outre la défaillance du système digestif et du poumon ;
pour les doses supérieures tous les tissus sont atteints, en particulier par les effets
sur les cellules des vaisseaux sanguins. Des troubles majeurs du fonctionnement
du cerveau apparaissent au-delà de 10 000 mSv.
22.2.2. EFFETS RETARDÉS :
CONSÉQUENCES SANITAIRES DES SUREXPOSITIONS
En dehors des lésions dégénératives tardives (cataracte, fibrose, nécrose…), les
effets tardifs sont la conséquence de lésions initiales qui n’ont pas causé la mort
des cellules mais qui ont conduit à des mutations cellulaires après réparation défectueuse des lésions induites. Les mutations interviennent au hasard, en proportion
croissante avec la dose reçue. La gravité de ces effets ne dépend pas de la dose. On
décrit ces effets comme des effets stochastiques : génétiques lorsqu’ils affectent
7 Il se peut d’ailleurs que, dans ce cas, plus que la mort cellulaire, ce soit l’aptitude des futurs neurones à migrer vers le cortex qui soit temporairement inhibée [4-UNSCEAR, annexe H].
Roland MASSE
tions et des conséquences immédiates de doses massives. Certaines lésions sont
néanmoins d’apparition tardive comme les cataractes (au-delà de 2000 mSv) ou les
atrophies de muqueuses (au-delà de 50 000 mSv). Ce phénomène traduit l’épuisement progressif des cellules de réserve, en nombre restreint, qui régénèrent certains tissus particulièrement soumis au vieillissement (les cellules épithéliales du
cristallin, en particulier, sont soumises en permanence aux rayons solaires).
Bien que les lésions létales cellulaires soient une conséquence aléatoire de l’irradiation, les effets pathologiques n’en résultent que lorsqu’une quantité importante de
cellules est détruite. Ces effets, que l’on qualifie de déterministes, n’existent donc
pas pour des doses faibles, inférieures à 100 mSv. Parmi les tissus les plus sensibles, ceux de l’embryon se distinguent, en particulier le tissu nerveux, des troubles
du développement ayant été notés chez l’homme à partir de 200 mSv délivrés à
fort débit, au cours de la vie fœtale, entre la 8
e et la 15
e semaine 7 .
En résumé, les conséquences médicales d’une irradiation du corps entier résultent
de la destruction de cellules et des réactions inflammatoires qu’elle provoque. Les
organes les plus sensibles sont les tissus qui se divisent activement. L’embryon
est particulièrement sensible, dès 200 mSv pour les effets sur le développement
du cerveau. Les fonctions de reproduction sont atteintes de manière durable chez
l’homme dès 2000 mSv ; la sensibilité de l’ovaire est moindre, les ovocytes ne se
divisant pas après la vie fœtale. Chez l’adulte l’atteinte de la moelle osseuse aboutit à la disparition des cellules du sang, d’abord des cellules blanches qui assurent
la coagulation et l’immunité – des doses de moins de 4000 mSv à fort débit sont
susceptibles de conduire à la mort en l’absence de traitement approprié –, puis des
globules rouges dont la durée de vie est de l’ordre du mois. Les doses de 6000 à
10 000 mSv entraînent en outre la défaillance du système digestif et du poumon ;
pour les doses supérieures tous les tissus sont atteints, en particulier par les effets
sur les cellules des vaisseaux sanguins. Des troubles majeurs du fonctionnement
du cerveau apparaissent au-delà de 10 000 mSv.
22.2.2. EFFETS RETARDÉS :
CONSÉQUENCES SANITAIRES DES SUREXPOSITIONS
En dehors des lésions dégénératives tardives (cataracte, fibrose, nécrose…), les
effets tardifs sont la conséquence de lésions initiales qui n’ont pas causé la mort
des cellules mais qui ont conduit à des mutations cellulaires après réparation défectueuse des lésions induites. Les mutations interviennent au hasard, en proportion
croissante avec la dose reçue. La gravité de ces effets ne dépend pas de la dose. On
décrit ces effets comme des effets stochastiques : génétiques lorsqu’ils affectent
7 Il se peut d’ailleurs que, dans ce cas, plus que la mort cellulaire, ce soit l’aptitude des futurs neurones à migrer vers le cortex qui soit temporairement inhibée [4-UNSCEAR, annexe H].
