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Roland MASSE
à l’exposition médicale diagnostique. La somme des doses individuelles, dite dose
collective, dépasse donc 200 000 homme . Sv. Cette exposition est variable en fonction des régions, influencée par la richesse du sol en radioéléments naturels, par
l’altitude exposant aux rayons cosmiques et surtout par l’exposition au radon, puisque environ 1,5% de l’habitat est soumis à des expositions plus de dix fois supérieures à la valeur moyenne. Les variations naturelles sont encore plus fortes à
l’échelle mondiale : des millions de personnes sont exposées à une dizaine de mSv
par an et, dans une ville comme Ramsar en Iran, l’exposition au rayonnement
gamma ambiant atteint 100 mSv/an [1], sans que cette situation séculaire ne justifie
d’intervention sanitaire fondée sur la mise en évidence d’atteinte à la santé.
A l’exposition diagnostique médicale, il faut ajouter l’exposition thérapeutique. Elle
concerne plus de 100 000 patients par an, principalement pour le traitement des cancers. Les doses délivrées localement sont très élevées, de l’ordre de 50 000 mSv ;
elles sont focalisées de manière à protéger au mieux, mais pas intégralement, les
tissus sains. Les améliorations constantes de la radiothérapie des cancers conduisent à une survie très prolongée des patients, qui deviennent la source la plus importante de renseignements épidémiologiques sur les conséquences tardives des irradiations, y compris à faible dose.
L’exposition ajoutée par les activités humaines 3 , y compris les retombées de l’accident de Tchernobyl, n’ajoute que quelques % à l’irradiation naturelle alors que les
expositions professionnelles, en diminution constante, ne représentent qu’un millième de la dose collective [2-UNSCEAR, annexe C]. Les conséquences sanitaires du
césium 137 contaminant les Vosges ou les conséquences des rejets de La Hague
s’évaluent en centièmes de millisievert en termes de dose individuelle, et conduiSv : (mSv, μSv…) ou sievert, l’unité de dose équivalente obtenue en faisant le produit de la dose
absorbée par le coefficient de pondération propre aux rayonnements (1 pour les rayonnements X,
bêta et gamma… 20 pour les alpha). La dose efficace est l’unité par laquelle on caractérise le risque. Elle est le produit de la dose équivalente par le coefficient de pondération propre aux tissus
(0,05 pour la thyroïde… 1 pour le corps entier) ; elle est donc le résultat d’une double pondération.
Le rapport dose par unité de temps constitue le débit de dose.
Bq : (kBq, MBq, GBq…) ou becquerel, l’unité de radioactivité caractérisée par une désintégration
par seconde. La transformation des becquerels en sieverts nécessite de connaître le comportement
biologique des radioéléments et l’énergie dépensée à chaque désintégration. Pour obtenir une même
dose efficace après inhalation, il faut par exemple 50 000 fois plus de becquerels de tritium que de
thorium naturel. Dans le corps humain les 10 000 Bq de radioéléments naturels délivrent une dose
équivalente de 0,2 mSv que, par convention (G. CHARPAK), on désigne sous le nom de DARI (dose
annuelle de radioéléments incorporés).
homme . Sv : le produit de la dose efficace moyenne dans une population par le nombre de ses
membres est une approximation destinée à donner, pour cette population, une enveloppe du risque
attribuable aux sources d’exposition considérées.
3 Différentes composantes participent à cette exposition ; en terme de dose collective mondiale le
terme dominant est imputable au carbone 14. Dans les situations accidentelles impliquant les centrales, tous les produits du cœur du réacteur peuvent intervenir mais les iodes radioactifs, dans une
première phase, puis les césium 134 et 137 sont les contaminants majeurs.
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