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Jean-Louis BOBIN
tale soit de plus en plus court. De nos jours, passer des dizaines d’années à un tel
transfert étonne. Or, pour s’en tenir à un exemple appartenant au domaine de l’énergie, il a fallu environ un siècle pour aller des mises en évidence du courant électrique par GALVANI (1791), puis des effets magnétiques des courants par OERSTED
(1820), à l’utilisation généralisée de l’électricité (début du XX
e siècle). Qu’une activité scientifique finalisée exige un étalement sur une période aussi longue n’a donc
a priori rien de scandaleux. Cela tout au plus, dérange nos habitudes.
Or il faut bien prendre conscience de la lenteur des évolutions. L’Histoire nous
enseigne que la conquête d’une large part du marché de l’énergie n’est jamais instantanée mais s’étale sur des décennies. Telle est la norme dans les sociétés
humaines. Une technique n’est jamais du premier coup ni parfaitement au point ni
sans risque. Les partisans de l’ordre ancien ont des arguments et convaincre est
un art difficile.
L’histoire de l’énergie est d’abord celle des combustibles. Nous disposons pour le
siècle et demie écoulé de données à cet égard très significatives. Il est ainsi possible de reconstituer fidèlement l’évolution des parts de marché dévolues aux différentes sources d’énergie : tandis que la part du bois diminuait, celle du charbon,
sur une lancée datant de la seconde moitié du XVIII
e siècle, devenait prépondérante
vers 1880, situation qui devait perdurer jusqu’en 1970. Nous sommes maintenant
en plein dans l’ère des hydrocarbures. La part du pétrole atteint la saturation après
un siècle de croissance. Celle du gaz, le plus écologique des combustibles chimiques, apparaît destinée à grandir encore.
En raison de politiques volontaristes induites par la « crise » consécutive au premier
choc pétrolier de 1973, l’énergie nucléaire de fission a connu une croissance exceptionnellement rapide, suivie depuis 15 ans d'une stagnation à un niveau significatif
mais encore faible : environ 7% du marché global, 25% de celui de l'électricité. Son
extension se heurte à de vives oppositions : l’irrationnel millénariste s’y mêle à la
guerre des « lobbies ».
Du point de vue de l’économiste, le XX
e siècle de l’énergie n’est définitivement pas
l’ère nucléaire. Cependant, cette forme d'énergie dispose d'un atout de taille : les
actuelles centrales nucléaires à fission ne rejettent aucun gaz à effet de serre et ne
contribuent donc pas au réchauffement avéré de la planète. Mais la radioactivité
associée au processus même de fission, ainsi qu'aux déchets, fait peur. La fusion
évite en partie cet inconvénient.
21.2. FUSION DES NOYAUX LÉGERS
Les processus de fusion des noyaux légers sont extrêmement nombreux. Ils tendent tous, de façon plus ou moins complexe, à transformer les noyaux d'hydrogène
en un noyau d'hélium. Il existe deux chaînes importantes de telles réactions dont
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