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Hervé NIFENECKER & Gérald OUZOUNIAN
particulier la grande durée de vie de certains de ces déchets constituerait un défi
quasi insurmontable. Il est devenu courant de mettre sur un même pied de dangerosité les effets du réchauffement climatique entraîné par l’émission de gaz à effet
de serre et ceux associés à la dispersion des déchets nucléaires. En général, toutefois, ces raisonnements, pour péremptoires qu’ils soient, ne sont appuyés d’aucun
argument quantitatif. Nous avons l’ambition de donner ici un ordre de grandeur des
dangers associés à la gestion à long terme des déchets nucléaires.
On distingue traditionnellement trois types de gestion correspondant aux trois axes
de la loi de 1991 :
la transmutation-incinération,
le stockage en site profond,
l’entreposage en surface.
L’entreposage en surface, voire en subsurface, ne peut être, à l’évidence, une solution de long terme puisque, supposant une surveillance continue, elle reposerait
sur l’assurance de la stabilité de notre civilisation sur une échelle de temps en rapport avec la durée de vie des radionucléides contenus dans les déchets, et donc
largement plus grande que l’échelle historique. La transmutation-incinération est
théoriquement possible [1]. Elle demande toutefois à être démontrée à un coût raisonnable. Il n’est pas évident qu’elle traite tous les radionucléides avec une efficacité suffisante permettant de supprimer la nécessité d’un stockage en site profond,
même si les quantités en jeu devraient être considérablement réduites. Par ailleurs,
les opérations de séparation des radioéléments puis de transmutation seraient ellesmêmes génératrices de déchets dont il faudra aussi assurer l’élimination. Le stockage en site profond doit donc être considéré comme la stratégie de référence, et
c’est sur elle que porte le reste de cette contribution.
Nous décrirons schématiquement, tout d’abord, ce que pourrait être un site de stockage souterrain. Nous exposerons ensuite les principes sur lesquels reposent les
calculs de diffusion des éléments radioactifs au travers des couches géologiques,
et donnerons les résultats de tels calculs dans le cas particulier de l’argile. Bien
entendu, il reste nécessaire de valider les calculs théoriques de façon la plus réaliste possible. Les études expérimentales en laboratoire souterrain ont été décrites
par l’un d’entre nous dans le bulletin de la SFP de juillet 1999 [2].
20.1. MODÈLE DE SITE DE STOCKAGE SOUTERRAIN
Pour pouvoir quantifier les risques associés à une stockage souterrain, nous utiliserons les données géologiques correspondant aux conditions du futur laboratoire
d’études de l’Est de la France. Ceci ne présage en rien d’une décision sur l’emplacement d’un éventuel site définitif de stockage.
Hervé NIFENECKER & Gérald OUZOUNIAN
particulier la grande durée de vie de certains de ces déchets constituerait un défi
quasi insurmontable. Il est devenu courant de mettre sur un même pied de dangerosité les effets du réchauffement climatique entraîné par l’émission de gaz à effet
de serre et ceux associés à la dispersion des déchets nucléaires. En général, toutefois, ces raisonnements, pour péremptoires qu’ils soient, ne sont appuyés d’aucun
argument quantitatif. Nous avons l’ambition de donner ici un ordre de grandeur des
dangers associés à la gestion à long terme des déchets nucléaires.
On distingue traditionnellement trois types de gestion correspondant aux trois axes
de la loi de 1991 :
la transmutation-incinération,
le stockage en site profond,
l’entreposage en surface.
L’entreposage en surface, voire en subsurface, ne peut être, à l’évidence, une solution de long terme puisque, supposant une surveillance continue, elle reposerait
sur l’assurance de la stabilité de notre civilisation sur une échelle de temps en rapport avec la durée de vie des radionucléides contenus dans les déchets, et donc
largement plus grande que l’échelle historique. La transmutation-incinération est
théoriquement possible [1]. Elle demande toutefois à être démontrée à un coût raisonnable. Il n’est pas évident qu’elle traite tous les radionucléides avec une efficacité suffisante permettant de supprimer la nécessité d’un stockage en site profond,
même si les quantités en jeu devraient être considérablement réduites. Par ailleurs,
les opérations de séparation des radioéléments puis de transmutation seraient ellesmêmes génératrices de déchets dont il faudra aussi assurer l’élimination. Le stockage en site profond doit donc être considéré comme la stratégie de référence, et
c’est sur elle que porte le reste de cette contribution.
Nous décrirons schématiquement, tout d’abord, ce que pourrait être un site de stockage souterrain. Nous exposerons ensuite les principes sur lesquels reposent les
calculs de diffusion des éléments radioactifs au travers des couches géologiques,
et donnerons les résultats de tels calculs dans le cas particulier de l’argile. Bien
entendu, il reste nécessaire de valider les calculs théoriques de façon la plus réaliste possible. Les études expérimentales en laboratoire souterrain ont été décrites
par l’un d’entre nous dans le bulletin de la SFP de juillet 1999 [2].
20.1. MODÈLE DE SITE DE STOCKAGE SOUTERRAIN
Pour pouvoir quantifier les risques associés à une stockage souterrain, nous utiliserons les données géologiques correspondant aux conditions du futur laboratoire
d’études de l’Est de la France. Ceci ne présage en rien d’une décision sur l’emplacement d’un éventuel site définitif de stockage.
