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Bruno RIVOIRE
En effet, la centrale à tour à sel fondu semble cumuler beaucoup d’avantages. Son
récepteur travaille à des températures proches de celles de la vapeur produite pour
son cycle, ce qui limite ses pertes thermiques au strict nécessaire (ce qui n’est pas
le cas de Phoebus équipée du seul cycle à vapeur). Dans le cas où c’est le Drawsalt qui est utilisé, les conditions de vapeur peuvent être du meilleur niveau (cas de
Solar Two). Dans le cas où une porte isolante équipe le récepteur, la technique de
« l’arrêt à chaud » peut être utilisée : elle consiste à laisser à l’arrêt les boucles
(récepteur compris) pleines de sel, quitte à combattre leur refroidissement par de
courtes séances de pompage cycliques qui renouvellent leur contenu depuis le
stockage froid. Dans ces conditions, la centrale est toujours prête à démarrer si le
Soleil apparaît, et ce sans la moindre préparation (cas de Thémis). C’est là un avantage particulièrement important qui autorise une exploitation à la fois performante
et automatisée, même en climat difficile (c’est-à-dire partout où les centrales solaires pourraient être implantées à l’exception des zones arides qui bénéficient, elles,
d’un climat idéalement régulier).
On a dit que le stockage du sel chaud pouvait être assuré dans de bonnes conditions. On peut ajouter que, bien que limité en capacité dans les expériences passées
(une journée de Soleil à Thémis, quelques heures à Solar Two), rien n’interdirait
d’augmenter sa taille, surtout si on utilisait un stockage à stratification. La géométrie de la tour permettrait d’y implanter sans problème un stockage de l’ordre de la
semaine de Soleil.
A toutes ces qualités, il faut ajouter qu’elles sont acquises sans que se posent de
difficiles problèmes de matériaux qui sont le lot quasi obligatoire des filières à plus
haute température. Ici, il faut porter son attention sur la corrosion des aciers par le
sel, mais les expériences tant française qu’américaine montrent que ce problème,
bien traité, permet d’obtenir une excellente longévité des matériels sans surcoût
important.
Il faut toutefois remarquer que toutes ces qualités n’ont pas permis que les deux
centrales construites et exploitées le soient avec un faible coût et une haute productivité. Leur fonctionnement a en particulier été perclus de pannes et d’erreurs
d’exploitation qui sont le lot des réalisations expérimentales. Il n’a pas dépassé les
3 ans dans les deux cas et n’a pas entraîné de travaux de modifications qui auraient
permis de s’approcher d’une exploitation satisfaisante. Les expérimentateurs n’ont
pas été en mesure de faire état de résultats, mais seulement de propositions de
modifications et de projections des performances possibles. Il est évidemment
dommage qu’il ne leur ait pas été donné la possibilité de parfaire leur outil et de
pousser plus loin leur expertise. Mais cela n’empêche pas de prêter attention à leurs
recommandations et de prendre au sérieux leurs projections.
Bruno RIVOIRE
En effet, la centrale à tour à sel fondu semble cumuler beaucoup d’avantages. Son
récepteur travaille à des températures proches de celles de la vapeur produite pour
son cycle, ce qui limite ses pertes thermiques au strict nécessaire (ce qui n’est pas
le cas de Phoebus équipée du seul cycle à vapeur). Dans le cas où c’est le Drawsalt qui est utilisé, les conditions de vapeur peuvent être du meilleur niveau (cas de
Solar Two). Dans le cas où une porte isolante équipe le récepteur, la technique de
« l’arrêt à chaud » peut être utilisée : elle consiste à laisser à l’arrêt les boucles
(récepteur compris) pleines de sel, quitte à combattre leur refroidissement par de
courtes séances de pompage cycliques qui renouvellent leur contenu depuis le
stockage froid. Dans ces conditions, la centrale est toujours prête à démarrer si le
Soleil apparaît, et ce sans la moindre préparation (cas de Thémis). C’est là un avantage particulièrement important qui autorise une exploitation à la fois performante
et automatisée, même en climat difficile (c’est-à-dire partout où les centrales solaires pourraient être implantées à l’exception des zones arides qui bénéficient, elles,
d’un climat idéalement régulier).
On a dit que le stockage du sel chaud pouvait être assuré dans de bonnes conditions. On peut ajouter que, bien que limité en capacité dans les expériences passées
(une journée de Soleil à Thémis, quelques heures à Solar Two), rien n’interdirait
d’augmenter sa taille, surtout si on utilisait un stockage à stratification. La géométrie de la tour permettrait d’y implanter sans problème un stockage de l’ordre de la
semaine de Soleil.
A toutes ces qualités, il faut ajouter qu’elles sont acquises sans que se posent de
difficiles problèmes de matériaux qui sont le lot quasi obligatoire des filières à plus
haute température. Ici, il faut porter son attention sur la corrosion des aciers par le
sel, mais les expériences tant française qu’américaine montrent que ce problème,
bien traité, permet d’obtenir une excellente longévité des matériels sans surcoût
important.
Il faut toutefois remarquer que toutes ces qualités n’ont pas permis que les deux
centrales construites et exploitées le soient avec un faible coût et une haute productivité. Leur fonctionnement a en particulier été perclus de pannes et d’erreurs
d’exploitation qui sont le lot des réalisations expérimentales. Il n’a pas dépassé les
3 ans dans les deux cas et n’a pas entraîné de travaux de modifications qui auraient
permis de s’approcher d’une exploitation satisfaisante. Les expérimentateurs n’ont
pas été en mesure de faire état de résultats, mais seulement de propositions de
modifications et de projections des performances possibles. Il est évidemment
dommage qu’il ne leur ait pas été donné la possibilité de parfaire leur outil et de
pousser plus loin leur expertise. Mais cela n’empêche pas de prêter attention à leurs
recommandations et de prendre au sérieux leurs projections.
