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Bruno RIVOIRE
18.3. GISEMENT ET IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Toutes ces techniques devraient permettre d’accéder à un gisement solaire réputé
immense et surtout inépuisable. La deuxième assertion est indiscutable. Que fautil penser de la première ?
On peut calculer (en se basant sur les performances attendues, en moyenne, des
techniques qui viennent d’être passées en revue) que la production française d’électricité pourrait largement être assurée par l’équipement en centrales solaires de
5000 km
2 de zones arides. Cela ne représente guère qu’un carré de 70 km de côté
mis à disposition en zone inhabitée. Si l’humanité entière devait être approvisionnée en électricité avec le même niveau de confort, il en faudrait 100 fois plus. Ces
surfaces sont certes importantes, mais nullement démesurées par rapport aux terres arides et inhabitées, disponibles sur la planète, qui sont bien plus vastes. Il
s’agit là d’une remarque particulièrement simpliste, mais qui a l’avantage de situer
le problème.
En pratique il n’y a pas de raison pour que seules les zones arides soient concernées. Elles reçoivent de l’ordre de 2700 kWh/m
2 /an de rayonnement solaire et sont
à cet égard les meilleures de la planète. Mais les expérimentations dont nous parlons ici se sont aussi déroulées sous des climats moins favorables, et on considère
généralement qu’un développement du solaire thermodynamique concernerait des
régions plus variées, jusqu’à inclure le climat méditerranéen du Sud de la France
par exemple qui ne reçoit que 1700 kWh/m
2 /an.
On peut présenter autrement, et d’une manière plus opérationnelle, le problème. Les
centrales solaires à concentration dont nous parlons ne peuvent valoriser que le
rayonnement issu du disque solaire lui-même (soit le « direct » et non le « diffus »).
C’est dire qu’elles ne sont productives que durant les heures de beau temps. On
peut en déduire sans trop d’erreur que leur productibilité est proportionnelle au
nombre d’heures annuel de présence du Soleil. Ce paramètre est classiquement
mesuré dans la quasi-totalité des stations météorologiques. Il est donc disponible
partout et peut être un bon point de départ pour une réflexion sur l’étendue du
gisement, ou plus simplement sur l’implantation d’un projet de centrale thermodynamique solaire. Vis-à-vis de ce critère, la limite inférieure des zones utilisables se
situe vers 2500 heures annuelles de présence du Soleil.
Le gisement est donc pour le moins confortable. Qu’en est-il des conséquences
environnementales qu’aurait sa mise en valeur ?
Par définition, les centrales à mettre en œuvre ne sont pas polluantes. Elles ne présentent pas non plus de danger particulier. La ponction qu’elles opèrent localement sur le rayonnement est transformée en chaleur (ce qui est le sort normal du
rayonnement solaire), en partie localement (pertes du cycle) et en partie sur une
zone plus vaste (qui pourrait être éloignée, c’est la zone de consommation de l’élec-
Bruno RIVOIRE
18.3. GISEMENT ET IMPACT ENVIRONNEMENTAL
Toutes ces techniques devraient permettre d’accéder à un gisement solaire réputé
immense et surtout inépuisable. La deuxième assertion est indiscutable. Que fautil penser de la première ?
On peut calculer (en se basant sur les performances attendues, en moyenne, des
techniques qui viennent d’être passées en revue) que la production française d’électricité pourrait largement être assurée par l’équipement en centrales solaires de
5000 km
2 de zones arides. Cela ne représente guère qu’un carré de 70 km de côté
mis à disposition en zone inhabitée. Si l’humanité entière devait être approvisionnée en électricité avec le même niveau de confort, il en faudrait 100 fois plus. Ces
surfaces sont certes importantes, mais nullement démesurées par rapport aux terres arides et inhabitées, disponibles sur la planète, qui sont bien plus vastes. Il
s’agit là d’une remarque particulièrement simpliste, mais qui a l’avantage de situer
le problème.
En pratique il n’y a pas de raison pour que seules les zones arides soient concernées. Elles reçoivent de l’ordre de 2700 kWh/m
2 /an de rayonnement solaire et sont
à cet égard les meilleures de la planète. Mais les expérimentations dont nous parlons ici se sont aussi déroulées sous des climats moins favorables, et on considère
généralement qu’un développement du solaire thermodynamique concernerait des
régions plus variées, jusqu’à inclure le climat méditerranéen du Sud de la France
par exemple qui ne reçoit que 1700 kWh/m
2 /an.
On peut présenter autrement, et d’une manière plus opérationnelle, le problème. Les
centrales solaires à concentration dont nous parlons ne peuvent valoriser que le
rayonnement issu du disque solaire lui-même (soit le « direct » et non le « diffus »).
C’est dire qu’elles ne sont productives que durant les heures de beau temps. On
peut en déduire sans trop d’erreur que leur productibilité est proportionnelle au
nombre d’heures annuel de présence du Soleil. Ce paramètre est classiquement
mesuré dans la quasi-totalité des stations météorologiques. Il est donc disponible
partout et peut être un bon point de départ pour une réflexion sur l’étendue du
gisement, ou plus simplement sur l’implantation d’un projet de centrale thermodynamique solaire. Vis-à-vis de ce critère, la limite inférieure des zones utilisables se
situe vers 2500 heures annuelles de présence du Soleil.
Le gisement est donc pour le moins confortable. Qu’en est-il des conséquences
environnementales qu’aurait sa mise en valeur ?
Par définition, les centrales à mettre en œuvre ne sont pas polluantes. Elles ne présentent pas non plus de danger particulier. La ponction qu’elles opèrent localement sur le rayonnement est transformée en chaleur (ce qui est le sort normal du
rayonnement solaire), en partie localement (pertes du cycle) et en partie sur une
zone plus vaste (qui pourrait être éloignée, c’est la zone de consommation de l’élec-
