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Gérard CLAUDET
Là encore, le succès de la filière dépendra de sa compétitivité économique, largement conditionnée par la capacité des producteurs à collecter, conditionner et
distribuer la matière première, en quantité suffisante et à des prix acceptables.
A titre indicatif, c'est en dessous de 50 euros par tonne de matière sèche que se
situe l'objectif à atteindre pour des quantités, toutes ressources confondues, de
l'ordre de 100 000 t par an et par unité de traitement.
Il faudra 5 à 10 ans pour la mise au point des techniques de transformation adaptées, mais l'organisation et la mise en place progressive des filières de production
de la ressource demanderont des délais du même ordre.
Il est donc temps pour les professionnels de la forêt et de l'agriculture, désireux de
préparer et d'organiser une nouvelle ère dont ils seront les acteurs essentiels, de
prendre les initiatives qui s'imposent.
13.4. CONCLUSION
La biomasse, qui réalise le captage et le stockage de l'énergie solaire, est abondante sur le globe, et la France est particulièrement bien pourvue, relativement aux
autres pays développés.
Pour une consommation nationale d'énergie primaire de plus de 260 Mtep, la biomasse contribue actuellement, pour environ 10 Mtep, principalement sous forme
de bois de feu.
Avec un potentiel encore disponible de près de 40 Mtep, essentiellement de nature
ligno-cellulosique, la biomasse est appelée à devenir la première source d'énergie
renouvelable en France.
C'est aussi la seule forme d'énergie renouvelable qui ne conduise pas, en premier
lieu, à la production d'électricité.
Sa valorisation énergétique se heurte cependant à de nombreuses difficultés.
Sa dispersion dans l'espace induit de nombreux emplois pour le collectage mais se
traduit par des coûts pénalisants.
Le large éventail de ses caractéristiques induit des filières de transformation très
diverses, et souvent trop ponctuelles, donc peu efficaces et difficilement rentables.
Sa contribution à la lutte contre l'effet de serre peut varier, dans de larges proportions, en fonction des utilisations qui en sont faites.
La production de biocarburants par voie de gazéification thermochimique semble la
plus prometteuse car elle est ouverte à un large éventail de ressources, tant agricoles que forestières, qui pourraient permettre de subvenir à environ la moitié de
notre actuelle consommation de carburants routiers, d'origine pétrolière.
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